Festival international du théâtre de Bejaïa : Le 4e art sous toutes ses coutures

Des master-classes d’écriture de scénario et jeu d’acteur sont dispensées aux comédiens amateurs et amoureux du théâtre depuis le début de la onzième édition du festival international du théâtre de Bejaïa.

Chamboulée en raison des défections de dernière minute causées par la recrudescence de la pandémie de Coronavirus dans le monde, la programmation du festival est mise à rude épreuve.  Néanmoins, du côté de la formation destinée au grand public, les promesses sont tenues. Slimane Benaïssa, en sa qualité de comédien et dramaturge en plus de sa casquette de commissaire du festival, s’est chargé d’enseigner les techniques d’écriture dramaturgique aux participants des master-classes. Hakim Traidia, humoriste et comédien a dispensé aux apprenants des conseils et techniques afin d’affiner et perfectionner leur jeu d’acteur. C’est, en tout, une cinquantaine de participants qui ont profité de l’expertise et professionnalisme des deux formateurs.
Du côté de l’écriture scénique, Chorfi Boudjemaâ, la trentaine, habitant Bejaïa, assiste et note religieusement les précieuses informations que distille l’homme de théâtre, Benaïssa.
Il écrit une scène où une mère affronte son fils quant à son choix de faire de l’art son métier et gagne-pain. Le but de l’exercice est, selon le dramaturge, « de cerner le drame de la situation » et de le raconter sans tomber dans le caricatural.
Un tremplin pour la carrière
Le jeune vétérinaire, à travers cette formation diplômante, s’exerce à écrire des scénarios en vue de « commencer une carrière dramaturgique ». Faisant partie de l’association culturelle Sport jeunesse Bejaïa, il espère à travers ces master-classes « mettre en place une troupe de théâtre amateur ».
Benaïssa, ravi de l’investissement et de la participation des jeunes, estime qu’il y a « une bonne évolution dans la construction de scène de théâtre avec plusieurs étapes de complexité ». Le problème étant pour lui, de discerner « ce qui est théâtral ou non dans une écriture ».
Du côté de l’expression corporelle et scénique, les nombreux participants pratiquent et apprennent des exercices afin de maîtriser leur corps, le débit de parole et d’affirmer leur présence scénique.
Ils s’attellent à jouer une même scène en la rendant tour à tour comique, dramatique ou grave. Mimes et improvisations sont également au menu de cette master-class, l’important étant selon Traidia, « non pas tant dans ce que l’on dit que dans la manière de l’exprimer ». Melha Fatma Djermoun joue le rôle d’une princesse transformée en grenouille. Elle interprète son rôle, sous la direction du formateur qui suit attentivement tant ses gestes que les pauses dans son jeu.
Cette jeune de 26 ans, passionnée de théâtre depuis déjà toute petite confie éprouver « un énorme plaisir à participer à ces formations car chaque formateur dispose de sa propre méthode et conseils ». Pour sa carrière de comédienne, elle estime que cette formation lui sera « d’une grande aide ».
Afin d’exercer leur sens critique et mettre en application leurs connaissances nouvelles, les participants ont également commenté la pièce théâtrale de la troupe sénégalaise intitulée « vers l’espoir ». Jouée deux soirées de suite lors du festival, la pièce a été regardée avec un regard nouveau, plus aiguisé par les spectateurs. Ils ont, par la même occasion, partagé leurs impressions et expérience avec les comédiens après leur deuxième représentation.
De notre envoyée spéciale à Akbou : Sarra Chaoui