16e sommet extraordinaire de l’UA : Le terrorisme et les changements inconstitutionnels au menu

L’Union africaine (UA) tient, ce samedi à  Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, son 16e sommet extraordinaire sur le «terrorisme et les changements inconstitutionnels de gouvernement» en Afrique.

Une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA participent à ce rendez-vous. Les discussions tournent autour du thème  «le terrorisme, une gangrène qui infecte progressivement toutes les régions du continent, de la Libye au Mozambique,  du Mali à la Somalie, en passant par le Sahel, le bassin du lac Tchad et  l’est de la République démocratique du Congo», cité par le président  de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, lors de son discours  mercredi dernier à la réunion préparatoire du Conseil exécutif à Malabo. Et de poursuivre: «Le terrorisme ne cesse d’étendre sa loi macabre avec  des conséquences considérables sur les finances, les économies et la  sécurité des populations».
«Quant aux changements inconstitutionnels de gouvernement, fléaux récents  mais heureusement encore très localisés sur le continent, il vient marquer  un recul des processus démocratiques engagés dans de nombreux pays depuis  une vingtaine d’années», avait déploré Faki Mahamat.
Selon l’UA, les principales questions à l’ordre du jour du sommet sont: Prévenir et combattre le terrorisme et  l’extrémisme violent en Afrique, alerte précoce, action-réponse rapide,  discuter de la relation tripartite entre paix, sécurité et développement,  et examiner le rôle du secteur privé, de la société civile et des  institutions religieuses, dans la lutte antiterroriste notamment.
Le sommet devra aborder également la gestion efficace des élections et des  transitions politiques complexes, la participation des femmes et des  jeunes, le financement des initiatives de lutte contre le terrorisme, le  renforcement des capacités du personnel de soutien à la paix par un financement durable, l’approche de la sécurité humaine pour lutter contre  l’insécurité et la sécurité maritime, et l’échange d’expériences entre les  membres de l’UA sur les mesures pour faire taire les armes en Afrique.
Sall appelle à s’attaquer aux causes profondes des situations humanitaires
Les discussions portaient, vendredi, sur la situation humanitaire qui s’aggrave ces dernières années dans le continent notamment dans les régions du Sahel et de la Corne de l’Afrique. Dans son discours d’ouverture, le président en exercice de l’UA Macky Sall, a appelé les Etats membres de l’organisation continentale à «assumer la responsabilité de prendre le mal par la racine (…) en nous attaquant aux causes profondes des situations humanitaires, parce qu’il vaut mieux prévenir qu’essayer de guérir», a-t-il dit appelant à «interpeller les consciences et notre humanité».
Le président de l’UA a aussi évoqué le «péril environnemental», en particulier le réchauffement climatique, la sécheresse et la désertification et les catastrophes naturelles découlant des intempéries. «Je propose que notre sommet, tirant avantage de cette expérience positive, lance un appel en soutien à la campagne de mobilisation pour le renforcement des ressources afin qu’elle puisse encore mieux répondre aux urgences engendrées par les catastrophes naturelles», a dit Macky Sall.
Il s’agit d’un premier «Sommet humanitaire extraordinaire», qui réunit des donateurs pour tenter de mobiliser des fonds, afin de venir en aide «urgente» aux 15 pays africains les plus touchés par les crises, avait précisé l’UA dans un communiqué. «Environ 113 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire en Afrique dont 48 millions sont des réfugiés, des demandeurs d’asile et des déplacés internes», a détaillé le président de sa Commission, Moussa Faki Mahamat.
Selon l’UA, «les besoins humanitaires augmentent rapidement en Afrique», notamment «à cause des chocs climatiques et des conflits (…) qui ont augmenté de manière exponentielle les besoins humanitaires». Plus de 30 millions de personnes sont des déplacées internes sur le  continent, dont plus de 10 millions d’enfants de moins de quinze ans, selon l’UA. En cause : les conflits intercommunautaires dans certaines régions et l’insécurité alimentaire. Environ 282 millions sont sous-alimentés, en augmentation de 49 millions par rapport à 2019, selon l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).