Développement local : Un levier pour la stabilité

Les politiques économiques mises en place par les pouvoirs publics pour le développement local  notamment à travers d’importants programmes complémentaires, sont d’une importance capital pour les économistes et experts.

Mohamed Achir, professeur d’économie, fait remarquer qu’il y a eu une vision du développement local plus axé sur les moyens de l’Etat durant des décennies. «Mais ces dernières années nous constatons plusieurs actions de développement local et une volonté des pouvoirs publics de considérer ce développement comme un levier de création de richesse et d’emplois», explique-t-il. Selon lui, la création des nouvelles wilayas au Sud et dans les Hauts-Plateaux et le programme de rattrapage du développement dans les zones d’ombre sont des actions qui peuvent contribuer au développement local. Et d’insister sur une réforme des collectivités locales et la mise en place de mécanismes opérationnels qui encourageront les acteurs locaux à participer au développement local.

«Le développement local est l’œuvre de différents acteurs locaux et de l’administration déconcentrée de l’Etat. Son approche est basée sur la participation inclusive et effective de ces acteurs en termes de définition des besoins, mobilisation des ressources et des moyens et de réalisation des projets de développement intégrés dans l’écosystème territorial et socioculturel. «Le développement local est intégré et durable,  d’où son importance et l’intérêt que lui accordent les pouvoirs publics», assène-t-il. Il signale au passage l’existence de plusieurs enjeux sur le plan économique, social, culturel et environnemental.

«Le développement local est un levier de valorisation des ressources territoriales et de création de richesse. Il se base sur un diagnostic territorial et des instruments d’aménagement permanent pour identifier les potentialités et valoriser les ressources», ajoute l’universitaire. D’après lui, il prend en considération les spécificités territoriales de chaque localité en vue de créer des équilibres dans le développement socioéconomique. Qu’en est-il de son émergence ? «Il faut encourager la politique de l’Etat consistant à décentraliser les moyens et la décision en les transférant vers les collectivités locales et les acteurs locaux de la société civile», propose-t-il. Et d’ajouter : «Même la politique de déconcentration, il faut continuer à l’encourager pour améliorer le service public et débureaucratiser l’administration.» Les collectivités locales doivent aussi sortir de la logique d’assistanat budgétaire et envisager la création des richesses en agissant surtout sur la valorisation de leurs ressources territoriales et en ayant une attractivité susceptible de favoriser des projets d’investissement productif et faciliter l’implantation des entreprises. «Chaque territoire de la commune doit être en mesure d’offrir un environnement attractif et des opportunités d’investissement et les projets de développement local et d’infrastructures de base doivent être orientés pour construire des territoires attractifs», lance-t-il à l’adresse des concernés.

Impliquer les APC et APW

Pour sa part, l’économiste Mourad Goumiri, relève  que la tendance actuelle se traduit par un renforcement des pouvoirs des autorités locales désignées (wali et chef de daïra). «Ce qui est une inversion de la problématique», assène-t-il. Selon lui, il y a lieu d’inverser la démarche et redonner aux élus plus de prérogatives. Pour lui, le développement local répond à un objectif d’aménagement du territoire et d’enracinement des populations dans leur territoire afin d’éviter l’exode rural et les problèmes liés à l’urbanisation. «Il est primordial de mener une politique volontariste dans le cadre du développement local», proclame-t-il. Goumiri estime que les enjeux sont extrêmement importants et «gommer les déséquilibres» de développement entre régions peut «consolider la paix sociale par la solidarité entre régions riches et pauvres». «Le développement local répond aux préoccupations des citoyens dans leur environnement propre et conforte l’équilibre régional, pierre angulaire d’une politique de rassemblement des populations et de la solidarité interrégionale», renchérit-il.

A la question de savoir comment favoriser un développement local pérenne et homogène, l’économiste souligne l’importance de «renforcer» les prérogatives et les pouvoirs locaux (APC et APW). «Sans une implication directe et forte des autorités locales élues, rien ne peut se réaliser, même si le pouvoir central alloue des enveloppes budgétaires importantes (le taux de consommation des crédits avoisine en moyenne moins de 40%). «Il faut revenir à la politique de développement par l’instrument des plans communaux de développement qui répond aux besoins urgents des populations », préconise-t-il.

Amokrane H.

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