E-paiement : Sidi Abdallah, ville modèle

La généralisation du e-paiement s’inscrit au centre des préoccupations du gouvernement. La volonté d’aller de l’avant et de donner un coup accélérateur à ce processus a été mise ne avant, hier, par le ministre des Finances, Laâziz Faïd, lors du lancement du projet de la ville modèle pour le paiement électronique à Sidi Abdallah à Alger en présence du ministre du Commerce et celui de la Poste et des Télécommunications et du Numérique.

Laaziz Faïd a souligné, à l’Ecole supérieure des mathématique de Sidi Abdallah, que ce projet, dont le délai de réalisation est de sis mois,  marque  le début d’une phase importante pour la modernisation du pays dans la numérisation et le paiement électronique. C’est une étape qui reflète la volonté des pouvoirs publics de généraliser le paiement électronique à l’échelle nationale au service des citoyens». L’objectif étant de promouvoir le paiement électronique avec une vision claire et prospective vers un avenir numérique avancé. Ceci reflète, a-t-il insisté, l’engagement des pouvoirs publics à réaliser le projet de transformation numérique. Il a ainsi mis l’accent sur les progrès qu’il qualifie de «grands et remarquables» réalisés en matière de développement des moyens et équipements technologiques et numériques à l’échelle nationale.

Le ministre a réitéré l’engagement du gouvernement «à poursuivre la voie de la modernisation. Le paiement électronique est l’un des moyens importants de cette transformation numérique et technologique moderne, qui apporte de nombreux avantages à l’économie et à la société en général, en raison des opportunités exceptionnelles qu’il présente. Il favorise la croissance économique et une efficacité accrue dans les transactions financières et vise également à renforcer l’inclusion financière». Aussi, la numérisation contribuera, fortement, à l’amélioration du climat des affaires et à renforcer la transparence lors des transactions financières numériques, a-t-il dit. Par rapport au choix porté sur Sidi Abdellah pour piloter ce projet qui vise à atteindre un objectif de 70% en termes de taux de pénétration du e-paiement (selon les explications des responsables du projet), le ministre a indiqué que cette localité «constitue un pôle de développement et bénéficie d’infrastructures et d’un environnement modernes et propices à l’innovation. L’objectif est de créer un écosystème approprié au paiement électronique, où les banques, les entreprises et les institutions financières peuvent coopérer pour tirer pleinement parti des avantages de la technologie numérique au service des citoyens».

Cette initiative pionnière contribuera, a-t-il fait remarquer, «à réduire les coûts associés au traitement et à la protection du transfert de liquidités, et à offrir la possibilité de suivre les transactions et à augmenter la sécurité financière, en plus de sa contribution au développement des services financiers innovants au niveau bancaire». Convaincu du fait que la mise en œuvre de ce projet, qui devra être généralisé progressivement pour toucher d’autres régions, ne se fera pas sans défis, dont certains sont dus au degré d’acceptation par les citoyens de ces nouveaux moyens de paiement, Faïd a appelé à redoubler d’efforts en matière de sensibilisation «dans le but d’inculquer la culture et l’éducation financières» mais aussi de vulgariser les avancées enregistrées par le secteur bancaires, notamment durant les deux dernières années, lui permettant d’être résilient aux crises». C’est dans cette optique d’ailleurs qu’une semaine d’information et de sensibilisation a été dédiée à l’éducation financière. Organisées par l’association nationale des banques et établissements financiers (Abef), ces journées s’étaleront jusqu’au 26 octobre au niveau de toutes les écoles supérieures à travers  le territoire national.

14 milliards de dinars transactions via le e-paiement

Le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni, a indiqué que le lancement du projet de Sidi Abdellah constitue une « étape importante», d’autant qu’il représente «le début d’une nouvelle ère vers le renforcement et le développement du paiement électronique et l’élargissement de son champ d’utilisation». Il a fait observer que le recours à ce mode de paiement reste timide, soulignant que le secteur du commerce ne compte que 3.514 registres du commerce numériques à travers 53 wilayas, sur un nombre global de 2,2 millions registres du commerce. En termes de transactions commerciales électroniques, le ministre a fait savoir que la valeur enregistrée, le premier semestre de l’année en cours, est de 14 milliards DA. «Ces chiffres restent faibles d’où la nécessité de fédérer nos efforts en adoptant une approche participative. La généralisation du paiement électronique et l’inclusion financière est l’affaire de tous», a-t-il indiqué, citant entre autres, les associations financières et la société civile.

Les commerçants sont aussi exhortés à adhérer à ce processus. Zitouni a souligné qu’il est recommandé de mettre en place une plateforme à travers laquelle ces derniers peuvent s’inscrire et s’informer des modalités. «Au fil des années, nous avons assisté à un changement important dans les habitudes d’achat et de commerce, la technologie et Internet étant devenus partie intégrante de notre vie quotidienne. Le commerce électronique est devenu l’un des domaines d’affaires et de commerce les plus importants au monde et représente la future méthode d’échange commercial. Il vise également à élargir le cercle du marché local à de nouveaux marchés», a-t-il dit.

Le ministre de la Poste et des Télécommunications et du Numérique, Karim Bibi Triki, a indiqué que le paiement électronique n’est pas dans un état embryonnaire soulignant que le nombre de transactions réalisées est passé de 5 à 60 millions de 2020 à ce jour. Il ne manquera pas de rappeler que le secteur a délivré 15 millions de cartes monétiques électroniques (CIB et Dahabia». Ce chiffre devrait être augmenté de trois millions d’ici la fin de 2024. Il a fait savoir que les efforts vont se poursuivre pour réaliser les infrastructures de base ainsi que pour le déploiement des terminaux de paiement électronique (TPE), notamment dans les régions enclavées. Dans ce même contexte, le président de l’Abef, Lazhar Latreche, a fait savoir que le nombre de TPE opérationnels est de 49.916 contre 46.000 à fin 2022. En se référant aux chiffres de la GIO monétique, Latreche a indiqué que 5,5 millions opérations de paiement, d’une valeur de 12,3 milliards de DA, ont été réalisées via Internet durant le premier semestre de 2023. Selon lui, les résultats du second semestre seront «nettement meilleurs»

Wassila Ould Hamouda

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