L’intelligence artificielle dans le domaine de la santé: Un outil d’aide au diagnostic

L’intelligence artificielle  (IA) avance à grands  pas dans le domaine de la santé et l’Algérie doit se  préparer  à ce qui s’apparente   à une  révolution.

Lors de son intervention, au cours  d’une journée de formation au profit des médias, organisée,  à Alger par les Laboratoires Roche Algérie  le Pr Sid Ahmed   Feraoun spécialiste en radiologie installé dans le privé n’ a pas manqué de lancer un appel   .  Pour lui, les  pouvoirs publics doivent s’atteler  à   l’élaboration d’un cadre législatif relatif à l’introduction de l’IA dans le domaine de la santé. « L’IA est n’est plus une fiction, mais réalité et notre pays ne doit pas rester à l’écart de ce bouleversement  », a-t-il insisté.  Le spécialiste a rappelé que dans le domaine de l’imagerie l’IA est utilisée, depuis une vingtaine d’années,  mais elle était très basique  se  limitant à la détection  des lésions cancéreuses.  Or, fait –il remarquer  « le domaine d’imagerie a connu un développement extrêmement important avec l’introduction de l’IA ».

Les moyens de détection sont précis avec un taux qui dépasse  98 %. L’IA, selon lui, ne détecte pas uniquement les micros calcifications, mais également   des lésions qui peuvent être des états cancéreux. Pour lui ,  L’introduction de l’IA dans notre  système de santé  doit se faire par un groupe d’experts qui   doivent choisir des modèles de l’IA certifiés par plusieurs sociétés savantes. Il a abordé ensuite le monde de la radiologie bouleversé, depuis cinq ou six ans, par l’intrusion  de l’IA. Des logiciels sont développés pour rédiger des comptes-rendus de la radio et de nommer des lésions avec un lexique classique, une conclusion et elle propose  même la démarche à suivre. « Cette intelligence arrive à grande vitesse et le monde la médecine doit se préparer et notre système de santé doit prendre en considération cette avancée », a-t-il proclamé.

Dans le cas du cancer du sein, le dépistage se fait par une échographie et une  mammographie, à partir de l’âge de 40 ans . L’IA permet de détecter des lésions microscopiques ou des petites masses que le radiologue ne peut pas voir. « Non seulement, elle circonscrit les lésions, mais   donner le  nom et le pourcentage de développement d’un cancer.  En fonction de ce taux, le médecin va choisir la démarche à suivre et augmenter par conséquent les chances de survie », a –il expliqué. A l’en croire, avec introduction de l’IA, le modèle de dépistage changera. Il ne sera plus  individuel et cessera d’être  de  masse. «  Les  modèles de système de santé seront bouleversés et le   dépistage du cancer du sein sera adapté à chaque individu ». Les scientifiques sont en train d’intégrer dans ces logiciels même les facteurs de risque », assure t-il.  Le diagnostic précoce des maladies  réduit aussi, d’après lui, le coût de la prise en charge  pour le malade ou la caisse d’assurance.

Pr Feraoun a évoqué, enfin, les limites de l’IA puisque le dépistage ne peut pas se faire sans  examen clinique. L’échographie mammaire demeure  nécessaire pour détecter les carcinomes. « Dans le cas des seins denses, l’IA est incapable de trouver des anomalies. Dans l’attente des solutions, l’échographie reste le meilleur moyen», souligne le spécialiste.

L’IA ne remplacera jamais le travail d’un radiologue et l’examen clinique. Elle se révèle  mais se révèle   un outil d’aide à la prise en charge précoce des maladies. « Nous avons remarqué une certaine réticence, mais l’IA même avec des algorithmes complexes ne remplacera jamais le médecin en général ou le diagnostic clinique », a-t-il précisé en conclusion.

De son coté,  le Dr Amina Abdelouahab,  spécialiste en sénologie soutient que  l’IA aide au dépistage ciblé surtout chez les femmes qui risquent  de faire un cancer du sein. L’enjeu est de proposer la solution individuelle la plus adaptée à chaque sujet.

L’IA permet explique t elle  d’accélérer le diagnostic et d’adopter une démarche thérapeutique individualisée qui permet   de réduire considérablement le temps d’interprétation des données radiologiques.  « Surtout lorsque nous sommes obligés de demander une deuxième lecture », lance t-elle. « Nous ne sommes plus dans le dépistage de masse qui détecte des cancers sporadiques, mais dans un dépistage ciblé notamment chez personnes ayant  des antécédents familiaux », a-t-elle fait savoir.

Samira Belabed

 

 

Bouton retour en haut de la page