La 7ᵉ édition du Salon international de la revalorisation et de la récupération des déchets «REVADE»2023, qui se tiendra à partir de lundi jusqu’à jeudi prochain au Palais des expositions de la Safex, à Alger, aura comme ambition principale la transformation de la gestion des déchets en opportunités d’affaires.
Les organisateurs espèrent que cet événement, destiné aux professionnels et au grand public et qui abritera près de 70 exposants, boostera les investissements dans ce domaine et encouragera les startups notamment à proposer des solutions et des services. «Un grand concours sera lancé au cours de cette édition en direction des startups et des porteurs de projets pour récompenser les meilleurs projets et les meilleures solutions», indiquent les organisateurs de ce Salon, précisant qu’il verra la participation du Centre national de gestion des déchets de la Tanzanie.
Pour l’expert en environnement, Mohamed-Sadek Bounedab, cet événement sera une belle opportunité pour débattre des problématiques de l’heure dans ce domaine, dans un contexte marqué par de profonds changements climatiques. «En raison du réchauffement climatique qui perturbe l’alimentation en eau potable et l’agriculture d’une façon particulière, il sera important d’exploiter tous les déchets, les rejets liquides domestiques et industriels particulièrement, pour leur exploitation dans l’irrigation agricole surtout. Mais cela, c’est du ressort des opérateurs publics. Les opérateurs privés, quant à eux, peuvent investir dans le recyclage et la valorisation des déchets solides, comme le plastique, le papier, l’emballage…», estime-t-il. L’économie circulaire est primordiale dans ce contexte, poursuit-il.
«Il faudra repenser au devenir des déchets que nous sommes appelés à valoriser à travers la création d’une véritable industrie permettant non seulement le recyclage et la transformation mais aussi l’émergence de produits nouveaux. Il s’agira donc de diversifier notre économie, de créer de nouveaux produits et postes d’emploi, tout en préservant notre environnement », note l’expert, soulignant que ce domaine pourrait contribuer à réduire nos importations et être une mine d’or dans le secteur agricole, en matière d’engrais et d’aliments de bétail. Les déchets issus de l’élevage avicole, entre autres, selon lui, peuvent être valorisés et utilisés comme engrais.
Toujours dans ce contexte, l’expert en environnement et en agronomie, Amar Foufou assure que l’agriculture est une activité économique qui pourrait à la fois résoudre les problèmes environnementaux à travers le recyclage des déchets ménagers, industriels et ses propres déchets, et favoriser ainsi l’émergence d’un système de production durable. «Dans notre pays, ce secteur pourrait aisément intégrer les principes du recyclage des différents déchets produits par d’autres activités économiques, industrielles ou urbaines, les eaux usées notamment et les boues, et introduire ainsi la fertilisation organique. Un créneau qui pourrait se développer avec le concours des startups», signale-t-il. Et d’expliquer que la production du gaz par la biomasse, l’ensilage et la fabrication des additifs fixateurs de carbone actif contribuent à augmenter la fertilité du sol et à améliorer sa texture, dans la région saharienne surtout.
Des études dans ce sens, fait-il savoir, sont menées par le laboratoire de recherche en agronomie à l’Université de Skikda sur les modalités à explorer dans l’exploitation du carbone actif dans la fertilisation. «Par ailleurs, des milliers de tonnes de déchets produits chaque année par les huileries sont jetés dans la nature. Ces déchets font l’objet actuellement de recherche qui pourraient déboucher sur la création d’entreprise capables de les valoriser», conclut-il.
Farida Belkhiri