Les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont adopté, ce mardi, à la majorité le projet de loi de finances pour 2024 (PLF 2024), lors d’une séance plénière présidée par Brahim Boughali, président de l’Assemblée, en présence du ministre des Finances, Laaziz Faid.
Dans une allocution prononcée à l’issue du vote, le ministre des finances a indiqué que ce texte devrait permettre « une stabilité de la situation économique du pays », d’autant plus que l’on enregistre depuis quelque temps une « amélioration significative dans tous les indicateurs macroéconomiques, grâce aux mesures prises par les pouvoirs publics sur les plans économique et social ». Le ministre a affirmé que les augmentations des dépenses budgétaires décidées au profit de certaines entreprises et autres départements ministériels s’expliquent par « la nécessité de prendre en charge ce qui reste comme dépenses en matière de hausse des salaires, d’investissement publics à l’échelle nationale, de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement du pouvoir d’achat des citoyens et la généralisation de la numérisation».
Boughali : «Préserver le pouvoir d’achat des citoyens»
Pour sa part, le président de l’APN, Brahim Boughali, a rappelé que l’économie nationale continue à subir les conséquences de l’instabilité économique qui prévaut à l’échelle internationale, précisant à titre indicatif qu’il n’est plus possible de maitriser la hausse des prix des produits sur le marché mondial. D’où l’intervention des pouvoirs publics qui s’est avérée nécessaire, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, à travers la revalorisation des salaires, des retraites et des diverses allocations. Boughali n’a pas manqué de souligner l’importance accordée à ce texte de loi par le Président Tebboune qui a insisté personnellement sur « la nécessité de rationnaliser la gestion des ressources et leur adaptation à la situation économique au plan international et régional ».
Il à noter que le PLF 2024 prévoit des recettes de 9 105,3 milliards de DA, dont 3 512,3 milliards de DA de recettes pour la fiscalité pétrolière. Les dépenses en 2024 s’élèveront à 15 292,47 milliards de DA pour les autorisations d’engagement et 15 275,28 milliards de DA pour les crédits de paiement. Le budget de l’Etat sera réparti, selon la nature des dépenses, sur les dépenses dédiées aux personnels, avec un montant de l’ordre de 5 155,67 milliards de DA, de 632,87 milliards de DA pour les dépenses de gestion des services, de 2894,58 milliards de DA pour les dépenses d’investissement et 2 809,36 milliards de DA de crédits de paiement.
L’enveloppe budgétaire pour le nouveau programme d’investissement public pour l’année 2024, dédiée aux nouvelles opérations est estimée à 2 405,33 milliards de DA d’autorisation d’engagement et 1 356,57 milliards de DA de crédits de paiement. Les affectations prévues pour l’année 2024 à la réévaluation des opérations en cours de réalisation devraient atteindre 489,25 milliards de DA d’autorisation d’engagement et 396,82 milliards de DA de crédits de paiement. Au plan macroéconomique, le PLF 2024 prévoit une croissance de 4,2%. Le texte de loi est élaboré sur la base d’un prix référentiel du prix du baril du pétrole de 60 dollars durant la période 2024-2026, et 70 dollars pour le prix estimatif du baril de pétrole brut. Les exportations de biens devraient s’élever à 49,8 milliards de dollars en 2024, tandis que les importations devraient augmenter de 7,1% par rapport aux prévisions de clôture de 2023 et atteindront 43,5 milliards de dollars.
La balance commerciale enregistrera ainsi un excédant entre 2024 et 2026 pour atteindre 6,3 milliards de dollars en 2024, pas moins de 2,9 milliards de dollars et 4,2 milliards USD en 2025 et 2026. Au plan social, le PLF pour l’exercice 2024 a prévu plusieurs mesures législatives visant principalement la préservation du pouvoir d’achat du citoyen, le soutien à l’investissement, et la facilitation et la numérisation des procédures fiscales. Concernant les mesures prises pour soutenir l’investissement et l’économie nationale, le PLF 2024 a prévu la suppression de la Taxe sur l’activité professionnelle (TAP) conformément aux instructions du président Tebboune, en plus d’une série d’incitations fiscales proposées pour certaines activités.
Lyes Mechti