Conférence africaine des start-up : Ces entrepreneurs qui montrent l’exemple

Plus de 250 exposants venant de différents pays africains ont participé à la 2e édition de l’African Startup Conference,  dont les travaux se sont poursuivis, mercredi à Alger pour la deuxième journée consécutive.

Pour tenter de créer un écosystème dynamique de coopération, la Conférence se veut une opportunité pour les porteurs de projets d’échanger leurs connaissances et d’explorer les solutions aux défis critiques auxquels sont confrontées les start-up africaines. Il s’agit aussi de forger des partenariats, de promouvoir l’innovation, la collaboration et l’accès aux sources de financement régionales. Cela témoigne du potentiel entrepreneurial africain, très prometteur qui est à même de renforcer la coopération continentale dans le domaine de l’économie de la connaissance et d’accélérer le rythme du développement économique du continent.

Settlo Technologie est une start-up tanzanienne qui a développé un logiciel de point de vente performant.  Mohammed Awami, chef exécutif du projet, a tenu, dit-il, «à participer à cet événement pour faire connaître sa start-up et trouver de nouveaux marchés dans la région». Il affirme que «le plus dur pour les porteurs de projets en Afrique est l’accès au crédit dont souffre les petites entreprises du continent qui peinent à développer leur activité, faute de financement et la persistance de la bureaucratie administrative». Awami qui explique que son invention repose sur «la conception et le développement d’un logiciel de point de vente puissant qui aide à garder une trace des dépenses et de toutes les transactions des petites entreprises pour leur procurer de la crédibilité, contribuer à leur meilleure notation et faciliter ainsi leur accès au crédit». Il ambitionne à travers sa participation de «nouer des partenariats pour promouvoir cette conception, y compris avec les banques et les institutions financières des différents pays africains».

Ariane Akeret, associée et gérante de la start-up Capay du Gabon, compte, elle aussi, sur sa participation à ce rendez-vous continental pour accroître son activité. Capay, dit-elle, «est une entreprise émergente spécialisée dans le paiement de masse des salaires. Elle met à la disposition de toute organisation une plateforme de paiement de salaires, pensions ou bourses au travers de la finance mobile pour les personnes exclues du système bancaire classique». Il s’agit, ajoute-t-elle, «de bancariser les personnes qui n’ont pas de compte bancaire dans une solution que nous mettons à la disposition des entreprises pour faciliter le versement des salaires dans les zones dépourvues de structures bancaires». Pour elle, «la présence de Capay ici à Alger est une aubaine pour rentrer en contact avec d’autres start-up africaines qui sont passées par les mêmes expériences et les mêmes difficultés».

«Notre collaboration est de nature à améliorer notre activité, de lier des contacts et de trouver des partenaires stratégiques», a-t-elle indiqué, soulignant que «les start-up africaines ont tout à gagner en travaillant entre elles, d’autant plus que nous vivons la même réalité lorsqu’on parle du taux de bancarisation en Afrique, notamment subsaharienne». L’objectif d’Akeret est de révolutionner le circuit traditionnel de paiement des salaires en Afrique. Capay a, pour rappel, reçu le prix de la meilleure invention féminine 2023 de la 7e édition du concours de l’invention et de l’innovation technologique au Gabon.

Promouvoir le partenariat interafricain

«Nous sommes pour un partenariat interafricain pour que nous puissions aller plus loin et développer ce secteur dans la région», a-t-elle conclu. Même ambition chez Cheikh Ahmed Tidiane, entrepreneur et fondateur de Prodem Sénégal. «Ma présence à cette conférence a pour but de montrer l’invention que nous avons développée depuis le Sénégal qui est une solution de filtre industriel à charbon actif connecté par une application pour la dépollution et la décontamination des eaux usées industrielles.»

Dans le détail, il explique que «Prodem est une start-up qui a pour mission de recycler toutes les matières organiques issues des entreprises agroalimentaires et agro-industrielles, des hôtels, des restaurants et des ménages pour les transformer en biochar». Cheikh Ahmed Tidiane dit espérer, à la fin de cette Conférence, «nouer des partenariats, renforcer notre carnet de réseau pour les différents types d’accompagnement qu’ils soient financier ou de recherche pour développer le projet et se lancer dans son exploitation à l’échelle industrielle». D’ailleurs, révèle-t-il, «il y a déjà un incubateur algérien qui semble intéressé par le projet,  puisqu’il m’a proposé d’accélérer le développement de ce projet ici même en Algérie, d’autant plus que nos recherches ont montré que le charbon actif saturé sera régénéré et valorisé en charbon écologique». Il s’agit, poursuit-il, «d’un produit propre qui permet d’économiser nos ressources forestières, dure plus longtemps et ne dégageant pas de monoxyde de carbone».

Du côté des start-up algériennes, nous avons rencontré Abdelmounaam Benhouria, cofondateur et gérant de l’entreprise Fatoura qui a développé, un logiciel de gestion des terminaux de paiement électronique (TPE) pour les PME. Une solution complète,  capable de gérer tout type d’opération commerciale. «L’objectif principal de cette participation est de s’imprégner des expériences des différentes start-up africaines présentes et éventuellement signer un accord de partenariat avec la start-up Swiver Tunisie», souligne-t-il. Celle-ci a, fait-il savoir, «une longue expérience dans la gestion des données financières les plus importantes et permet d’avoir toutes les opérations commerciales centralisées en une seule plateforme que le client peut consulter partout et à tout moment et en toute sécurité». Et d’ajouter : «Notre partenariat se fera sous forme d’une joint-venture pour pouvoir se placer ensemble sur le marché du Moyen-Orient, car nous sommes déjà présents sur le continent africain.»

Fayçal Bammoune, manager de FBS, une start-up spécialisée dans la fabrication des machines industrielles, évoque l’importance de ce type d’événement. «Notre présence a pour but de mettre en avant les capacités de nos équipes d’ingénieurs qui offrent à nos clients industriels des solutions innovantes qui répondent à leurs besoins», confie-t-il. «Nous sommes ici pour mettre notre expertise à la disposition d’autres clients pour un accompagnement sûr et efficace lors du choix de leurs machines, installation, démarrage, formation et maintenance parce que nous intervenons sur tous types de machines industrielles qu’elles soient automatiques, semi-automatiques, conventionnelles ou à commande numérique», assure-t-il, avant de souligner l’intérêt des partenariats africains et du déploiement à l’international.

Assia Boucetta

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