Le ministère de l’Agriculture s’apprête à mettre en action sa nouvelle vision portant développement des filières stratégiques dans le Sud. Il s’agit de mettre en place de grands pôles intégrés. Qu’elle et l’importance de cette option ? Comment œuvrer à sa réussite ?
Experts en économie, Tigharsi El Houari a estimé que la création de grands pôles agricoles répond au souci de la sécurité alimentaire qui devient de plus en plus cruciale dans le monde, en raison des prix en augmentation constante, touchant notamment les produits stratégiques sans oublier le changement climatique qui fait peser une lourde menace sur la sécurité alimentaire et le développement durable. «Il est, donc, nécessaire pour pouvoir y faire face de créer une nouvelle dynamique plus résiliente et exploiter tous les atouts possibles, notamment le foncier agricole au Sud avec un rendement attendu de 86 quintaux par hectare. Maintenant, il reste à identifier les meilleures pistes pour pouvoir exploiter cet atout à travers une stratégie d’investissement performante et diversifiée d’autant que certaines expériences sont une totale réussite à Adrar, El Meniaa, Ghardaïa, Ouargla, Bordj Omar Driss», a-t-il affirmé.
Selon lui, ces wilayas ont le potentiel de porter plus haut le volume de la production agricole nationale d’autant qu’aujourd’hui il y a une collaboration intersectorielle pour développer cette agriculture sur laquelle sont fondés de grands espoirs pour faire face, avec moins de désagréments, aux changements climatiques. Notre interlocuteur se réjouit de l’existence d’une prise de conscience dans plusieurs secteurs, convaincus désormais que la sécurité alimentaire est un enjeu de souveraineté. Il a rappelé l’existence d’entreprises nationales privées et publiques capables de mener le projet vers le succès.
Selon lui, il faut procéder, entre autres, à la mise en œuvre d’un système de gestion numérique, au lancement de grands projets structurants avec de larges superficies agricoles, au lancement de l’industrie de transformation, à l’adoption de la transparence dans l’attribution et l’utilisation du foncier sur la base d’un cahier des charges et au recours à la carte d’investissement dans le domaine agricole. Notre interlocuteur a, également, insisté sur le soutien de l’Etat à la production nationale, garante de la sécurité alimentaire. L’économiste estime que la promotion de l’Agriculture dans le Sud est un bon choix et s’est dit très optimiste quant à la réussite de la stratégie de l’Etat.
Associer la recherche scientifique
Le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Abdellatif Dilmi, a indiqué que la création de mégapoles agricoles dans le Sud vise l’élargissement des superficies pour promouvoir le développement des produits de grande consommation, tels que le blé tendre, le blé dur et l’orge. Et de rappeler que la région dispose de: larges superficies, des eaux souterraines et une bonne qualité de sol. «On doit continuer à développer le Sud en attendant la réalisation de barrages dans le Nord et la préparation de grands transferts vers les Hauts plateaux. Nous sommes obligés de réaliser notre autosuffisance conformément aux orientations du président de la République», a-t-il souligné. Le responsable a fait savoir que de nombreux opérateurs se disent déjà aptes à devenir investisseurs dans la Sud et que la région est prête à répondre à toutes les sollicitations. Pour lui, il faut impérativement faire associer la recherche scientifique pour améliorer les rendements.
Ahmed Hamzaoui, chef de service à la Direction des services agricoles de Khenchela, a surtout évoqué le rôle des pôles agricoles, à savoir la mise en place de services aux agriculteurs, le renforcement des capacités des organisations de producteurs à développer des services et le conseil économique et de gestion des exploitations. Il a affirmé que l’orientation de l’Etat vers le Sud n’est pas fortuite, mais justifiée par la disponibilité des terres agricoles, des eaux souterraines, surtout d’un environnement propice au développement des filières stratégiques et la réduction des importations. Il a ajouté que la nouvelle loi sur l’investissement accorde de nombreuses facilitations aux investisseurs.
«Nous sommes en train d’identifier les voies et moyens permettant l’application effective d’une manière efficace des différentes mesures de ladite loi», a-t-il précisé. Selon lui, les investisseurs sont animés d’une grande volonté pour venir investir dans la région à fort potentiel capable d’abriter de grands projets. Enfin, il a estimé que la création de pôles agricoles est l’une des meilleures stratégies à mettre en place pour réussir la stratégie de l’Etat dans ce sens.
Amokrane H.