Daoud Sahbi, Président du Club Energy  : «Le sommet du GECF revêt une importance significative pour les pays producteurs»

 Dans cet entretien, le  président du Club Energy ,  Daoud Sahbi, souligne les enjeux qui entourent le marché du gaz , indiquant que la principale question, sur laquelle les pays producteurs du gaz s’attendent le plus lors du prochain sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement du forum des pays exportateurs qui aura lieu en Algérie  serait la meilleure stratégie à mettre en place pour faire face au contexte géopolitique actuel.

L’Algérie abritera le 7e sommet des chefs d’Etats et de gouvernement du forum des pays exportateurs de gaz dans un contexte géopolitique particulier.  Comment l’Algérie pourrait tirer profit de cet événement? 

Il faut d’abord souligner que ce sommet revêt une importance significative pour les pays producteurs de gaz.  Nul ne peut disconvenir aujourd’hui que le gaz est l’énergie de transition énergétique.  Toute la transition énergétique en Europe et dans le monde  sera accompagnée par le gaz.  D’où son importance, contrairement au pétrole.  Pour l’Algérie,  nous avons des contrats  et notre gaz est sur le marché. Nous avons un programme en exploration qui est assez conséquent. Et les découvertes en gaz dont nous disposons  pourraient  donc constituer des quantités de réserve à exporter.  Aussi, l’Algérie a la volonté de développer les énergies renouvelables, c’est ce qui lui permettra de réaliser des économies de gaz  qu’elle pourra exporter. Il est donc extrêmement  important pour nous de conclure de nouveaux contrats.

C’est la  première fois que cet événement sera organisé en Algérie. Est-ce que cela va renforcer le rôle du pays ainsi que sa position sur le marché énergétique ?   

Bien évidemment. Cela va renforcer, en effet, sa place dans  ce marché, n’oublions pas que ce dernier est en phase de construction. C’est un marché qui tend à se développer. Par conséquent, l’Algérie qui est un acteur important pour le gaz, a devant lui de nombreuses opportunités.  Elle fait partie des  producteurs important de gaz au côté de la Russie, l’Iran  le Qatar, pour ne citer que ces pays. En Afrique, il y a de nouveaux producteurs  comme la Namibie, la  Tanzanie et d’autres qui œuvrent à développer leur gisement. Avec une stratégie africaine dans ce domaine, on pourrait participer à l’exploitation de ce gaz et développer la commercialisation  dans le continent.  Il faut savoir que le marché  du gaz tend de plus en plus à être un marché spot.  Nous avons des contrats à long terme, même pour le GNL. Le spot gagne du terrain  mais néanmoins l’Algérie pourrait toujours placer des quantités dans des contrats à long terme et même sur  le marché spot. Nous avons  des méthaniers, des unités de liquéfaction … donc nous pouvons toujours placer notre GNL quelque part et renforcer ainsi notre position.

Qu’est-ce qui est attendue de ce forum ? La question du prix  y sera-t-elle abordée?

Pour ce qui est attendu de ce sommet, je pourrais dire que c’est en quelque sorte l’opep du Gaz, mais sans une entente sur les prix ou autre. Il s’agit plutôt d’évoquer la stratégie de développement. Le sommet du gaz, d’une manière générale,  ne s’occupe pas des prix comparativement à l’OPEP pour le pétrole. Il n’y a pas un marché comme c’est le cas du  pétrole ou les prix sont fixés. Pour le gaz, il y a plusieurs marchés. Il y a le marché atlantique, le marché asiatique et  vous avez le reste. Et chaque marché a ses caractéristiques et  ses processus de prix. Il n’y a pas de relation entre les différents marchés. Le marché du gaz n’est pas encore mis au point. Pour ce qui est des prix, il faut dire qu’ils sont confortables.  Je pense que lors de ce sommet, il sera question de parler beaucoup plus de stratégie. Il y a plusieurs enjeux qui se dégagent. D’abord, le renforcement de la place de l’Algérie dans le secteur énergétique,   la mise en place de stratégie à développer dans le domaine gazier,  surtout qu’il faut tenir compte que du fait que l’Europe  veut se passer  de cette énergie. Ce qui est irréaliste.

Entretien réalisé par  Wassila Ould Hamouda

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