GHAZA: Veto américain à un cessez-le-feu

L’entité sioniste maintenait son agression contre Ghaza, hier, après le véto américain à une résolution sans précédent du Conseil de sécurité de l’ONU appelant  à un «cessez-le-feu humanitaire immédiat».

Sur la ville de Khan Younes, dans le sud de la bande palestinienne, une frappe sioniste a fait six martyrs, tandis que cinq autres sont tombés en martyrs dans une attaque distincte à Rafah, a affirmé le ministère de la Santé qui avait, auparavant, fait état de 40 morts près de la ville de Ghaza, au Nord, et de dizaines d’autres à Jabaliya et à Khan Younes. Selon l’ONU, plus de la moitié des habitations ont été détruites ou endommagées par l’agression dans le territoire, où 1,9 million de personnes, soit 85% de la population, ont fui leurs foyers. Une grande partie des déplacés par l’agression se sont dirigés vers le Sud, transformant Rafah, le long de la frontière fermée avec l’Egypte, en un vaste camp de réfugiés, pendant que le nombre de décès de personnels médical et humanitaire dans le conflit s’alourdit.

Depuis le début de l’agression, le 7 octobre dernier, plus de 17.000 palestiniens ont péri,pour plus des deux tiers des femmes et des moins de 18 ans. Le bilan s’est également alourdi en Cisjordanie occupée, où les forces de l’occupant sioniste et des colons agressent quotidiennement des Palestiniens, saccagent leurs biens et profanent leurs lieux sacrés dont les Mosquées Al Aqsa et Al Ibrahimi. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré, vendredi dernier, que «la population de Ghaza regarde vers l’abîme».

«Les gens sont désespérés, effrayés et en colère», a-t-il déploré, soulignant que «tout cela se déroule dans un contexte humanitaire cauchemardesque». Pour la première fois depuis qu’il est à ce poste, le chef de l’ONU avait activé, mercredi dernier, l’article 99 de la charte des Nations unies pour alerter les membres du Conseil de sécurité sur «un risque grave d’effondrement du système humanitaire» dans la bande de Ghaza. L’article, l’un des quatre qui définissent les fonctions du secrétaire général, lui donne le pouvoir de «porter à l’attention du Conseil de sécurité toute question qui, à son avis, peut menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales». Antonio Guterres, dans une lettre, a appelé les membres du Conseil de sécurité à faire pression pour éviter une catastrophe humanitaire et réitère son appel à la déclaration d’un cessez-le-feu humanitaire.

«C’est urgent», a insisté le chef de l’ONU. Mais un véto américain a entravé son initiative de demander, devant le conseil de sécurité de l’ONU, un «cessez-le-feu humanitaire immédiat» dans l’enclave palestinienne. La résolution préparée par les Emirats arabes unis et soutenue par près de 100 pays, a recueilli 13 voix en faveur, une voix contre (Etats-Unis) et une abstention.

Antonio Guterres craint des conséquences dévastatrices

Le vote américain a été rapidement condamné par l’ONU et les organisations humanitaires. Le secrétaire général des Nations unies a souligné la nécessité pour la communauté internationale de faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à l’agression contre la population de Ghaza, appelant les grandes puissances à ne ménager aucun effort pour obtenir un cessez-le-feu immédiat pour les besoins humanitaires, la protection des civils et l’acheminement urgent de secours vitaux, malgré l’échec du Conseil de sécurité à adopter une décision dans ce sens, en raison de l’usage par Washington de son droit de veto.

Dans des déclarations de presse, Antonio Guterres a exprimé ses grandes craintes quant à l’effondrement complet du système de soutien humanitaire à Ghaza, expliquant que cela aurait des conséquences dévastatrices, conduirait à un effondrement complet de l’ordre public et augmenterait la pression en faveur de déplacements massifs. Il a souligné que le risque d’effondrement du système humanitaire est principalement lié à l’incapacité à assurer la protection du personnel des Nations unies à Ghaza et à l’intensité des opérations militaires qui limitent considérablement l’accès à ceux qui ont besoin d’aide. Le Secrétaire général de l’ONU a également affirmé le ferme engagement des Nations unies à rester et à travailler pour la population de la bande, félicitant les travailleurs humanitaires qui restent déterminés à faire leur travail malgré les risques énormes pour leur vie et leur santé. Dans ce sillage, Médecins sans frontières (MSF) déclare que l’inaction du Conseil de sécurité des Nations unies le rend «complice du massacre» dans la bande de Ghaza.

«À ce jour, l’inaction du Conseil de sécurité des Nations unies et les vetos des Etats membres, notamment des Etats-Unis, les rendent complices du massacre en cours», écrit l’ONG. «Aujourd’hui, le Conseil de sécurité des Nations unies doit exiger un cessez-le-feu immédiat et durable et lever le siège. Cette responsabilité incombe à chaque membre, l’histoire jugera tout retard pour mettre fin à ce massacre», interpelle MSF.En continuant à fournir des armes et une protection diplomatique à l’entité sioniste qui commet des atrocités, «les Etats-Unis risquent de se rendre complices de crimes de guerre», a réagi dans un communiqué Louis Charbonneau, de HumanRights Watch.

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