Les entreprises algériennes du secteur de l’électronique et de l’électroménager ont franchi des pas importants en matière d’intégration nationale. Les taux que révèlent les fabricants privés et publics dénotent de l’effort industriel consenti pour une maitrise totale des techniques de fabrication, mais surtout l’émergence d’une industrie 100% made in Bladi.
Rencontrés à l’occasion de leur participation à la 31e édition de la Foire de la production nationale, beaucoup parmi ces entreprises affirment aujourd’hui qu’ils font de l’augmentation du taux d’intégration nationale dans la fabrication de leurs produits une priorité absolue. Soucieux de promouvoir la production locale, les pouvoirs publics ont tenu à exiger aux industriels, désirant bénéficier de régimes fiscaux préférentiel, des taux d’intégration en fonction du produit fabriqué. Ils sont tenus de respecter un taux qui varie entre 10% au démarrage de l’activité et 80% après 48 moins d’activité. A titre d’exemple, pour la production des réfrigérateurs, congélateurs, conservateurs et autres matériel, tels que les machines et appareils pour la production du froid à équipement électrique ou autre, un taux d’intégration de 60% est exigé au démarrage de l’activité et 70% au bout de deux d’activité.
Chez Condor Electronics, spécialisée dans l’industrie électronique et électroménagère, ces taux exigés sont dépassés de très loin, puisque l’entreprise affiche aujourd’hui des chiffres beaucoup plus importants. « Les taux d’intégration pratiqués chez nous varient entre 60 et 80%, selon le produit. Nous avons massivement investi dans les processus de fabrication pour faire augmenter ces taux à l’exemple des téléviseurs pour lesquels nous avons investi dans l’acquisition de salles blanches dédiées à la fabrication localement de la Dalle de l’écran », nous dit Mohamed Salah Daas, directeur général adjoint (DGA) de Condor. Selon lui, le taux d’intégration dans la fabrication de ce produit est passé de 22% à 60%. Aussi, l’entreprise a pu réaliser « un taux d’intégration de 80% dans la fabrication des réfrigérateurs », assure le même responsable. Et d’affirmer que cet exploit est réalisé « grâce aux compétences algériennes, à la Recherche et le développement (R&D) et les différents formations dispensée au sein de son académie ». Il ne manquera pas de relever également l’apport des partenaires étrangers qui contribuent aussi à l’effort national, en procédant au transfert technologique au profit des équipes locales. Le DGA de Condor a fait savoir par ailleurs que l’entreprise, devenue aujourd’hui une multimarque, s’apprête à « lancer un gigantesque projet d’une usine de fabrication en Algérie de compresseurs pour réfrigérateurs d’une capacité de 4 millions d’unités par an, dont 3 millions destinées à l’exportation ».
Pour sa part, l’entreprise Brandt, rachetée en 2014 par le groupe Cevital, réalise aussi des taux d’intégration honorables. « Certains de nos produits ont atteint un taux de 70%, voire 85%, notamment pour ce qui est des réfrigérateurs, lave-linges et lave-vaisselles », nous dit Fatima Souaci responsable de communication chez Brandt Algérie. Selon elle, le complexe industriel de l’entreprise, à Sétif, assure actuellement la fabrication locale des composants plastiques, du métal et des joints entrant dans la composition des divers équipements électroménagers. Les cartes-mères sont fabriquées en Algérie et les moteurs de lave-linge sont fournis par l’entreprise algérienne Weg-Algérie, souligne la responsable. Elle affirme que Brandt Algérie s’est fixée comme objectif d’atteindre, à moyen terme, un taux d’intégration de 90% pour l’ensemble des familles de produits. « Depuis le lancement du complexe de production en 2016, pas moins de 1,5 million d’unités de machines à laver ont été exportées », a-t-elle expliqué, mettant en avant les efforts de son entreprise pour augmenter ses exportations, d’autant qu’elle a une capacité de production de 5 millions d’unités/an de divers équipements électroménagers.
Des taux d’intégration de plus en plus élevés
De son côté, Mourad Kherroubi, Directeur d’usine chez Sacomi a fait savoir que l’entreprise s’est associée à la marque mondialement connue Schneider pour justement augmenter la capacité de production et accroître l’intégration locale. « Nous disposons de 4 unités de fabrication où l’on produit notamment les téléviseurs, mais aussi d’autres équipements électroménagers de marque Thomson et Schneider. Nous avons commencé avec du CKD importé et monté localement. Mais depuis quelques temps, nous sommes passés à la production et nous fabriquons même les cartes électroniques des téléviseurs et de plusieurs équipements électroménagers », souligne Kheroubi.
Les lignes de production de Sacomi peuvent servir aujourd’hui à la fabrication d’une gamme variée d’électroménagers Schneider et Thomson, avec un taux d’intégration de 30 à 60%. « Nous comptons poursuivre nos investissements afin de réaliser les objectifs tracés, à savoir développer nos capacités de production et rehausser le taux d’intégration », assure le responsable. Même constat pour la marque « Stream » spécialisée notamment dans la fabrication des téléviseurs. Selon son chargé de communication, le taux d’intégration réalisé par l’entreprise oscille entre 30 et 40%. « La présence des produits Stream dans les marchés européens, notamment l’Espagne, le Portugal et l’Italie montre bien que le produit algérien jouit d’un grand potentiel et d’une qualité appréciable », nous dit-on. Notons que l’industrie de l’électroménager en Algérie couvre 83% des besoins du marché local et dégage des quantités importantes à l’export.
Lyes Mechti