Nouvelle baisse de production de pétrole pour 2024 : Faire face à l’incertitude sur la croissance mondiale

Après de longues négociations, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) sont finalement parvenus à un accord commun visant à maintenir la réduction de la production pétrolière jusqu’à décembre 2024 conformément aux niveaux convenus en juin dernier, afin de soutenir les prix sur le marché.

Selon les experts nationaux et internationaux, eu égard à la situation géopolitique mondiale déstabilisée, le marché pétrolier ne peut connaître dans le contexte actuel un équilibre de manière constante. Force est de constater que le marché est de plus en plus vulnérable aux bouleversements qui agitent le monde. D’où l’anticipation à tout éventuel imprévu. Selon un analyste international expert dans le domaine pétrolier, la décision annoncée jeudi dernier à l’issue de la rencontre de L’Opep+ «met fin aux spéculations sur l’évolution future de l’offre, et les perspectives de la demande devraient à nouveau retenir l’attention».

Pour l’expert algérien Ali Kefaïfi, l’année 2024 sera également marquée par l’incertitude. Il a fait savoir que pour cette nouvelle année, le monde aura besoin d’une variation de 2,25 millions de barils/jour. Cela étant, le marché sera déséquilibré du fait qu’il y aura, selon lui, un excédent de demande par rapport à l’offre. Avec les coupes de production, une grande partie, soit 1,5 million de barils/jour, sera produite par les pays non Opep. Toutefois, l’autre élément qui n’est pas des moindres à tenir en compte et qui peut avoir un impact considérable sur le marché de l’or noir est, selon le même expert, le recul de la croissance mondiale. L’expert a observé que la Chine qui représente plus de 40% de la croissance mondiale prévoit une baisse de sa croissance durant le prochain exercice, et, par conséquent, sa demande en pétrole sera amoindrie.

«C’est ce qui nourrit cette incertitude pour l’an prochain. Mais aussi par rapport aux différents acteurs qui interviennent au niveau de l’Opep», a-t-il insisté, soulignant le désaccord entre les pays du cartel, notamment entre l’Arabie saoudite et certains pays africains par rapport aux quotas. «C’est pour la première fois qu’il n’ y a pas eu d’entente dès le début vu que les intérêts diffèrent», a-t-il ajouté, soulignant que pour Ryad, le plus important est de maintenir le prix entre 80 et 85 dollars pour pouvoir réaliser ses investissements.

De son côté, l’expert Mohamed Baghdadi a indiqué que la réduction volontaire des pays de l’Opep+ de plus de 2 millions de barils/jour constitue un «revirement». Il a expliqué que «la pression géopolitique, ce qui se passe essentiellement au Moyen-Orient et la demande de la Chine en pétrole qui n’est pas au niveau attendu influent de manière remarquable sur le marché pétrolier», a-t-il ajouté. «Il ne faut pas perdre de vue également la production des pays hors Opep comme les Etats-Unis qui sera en augmentation. A la lumière de tout cela, le comité technique de l’Opep propose différents scénarios pour stabiliser les prix. Il ne faut surtout pas que les prix augmentent car cela touche l’économie mondiale donc à la demande, et non plus être trop bas pour permettre aux pays de maintenir leur potentiel financier», a-t-il expliqué, indiquant que «le prix entre 80 à 85 dollars est satisfaisant pour la majorité des pays sachant que personne ne peut savoir dans quel sens le marché va évoluer. Mais le plus important pour l’Opep est de maintenir au moins le niveau actuel». Pour ce faire, tous les pays membres du cartel doivent contribuer à cet effort, a-t-il dit, soulignant que l’Algérie quia pris la décision de couper sa production de 50.000 barils/jour s’inscrit dans cette optique.

Wassila Ould Hamouda

 

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