Redémarrage des stations d’épuration à l’arrêt : L’Etat débloque 40 milliards DA

LE MINISTRE DE L’HYDRAULIQUE A INDIQUÉ, samedi à Alger, que son secteur a déployé des efforts considérables ces dernières années pour accroître la mobilisation des ressources en eau non conventionnelles, particulièrement les eaux usées épurées, comme axe principal de la stratégie nationale visant à améliorer le niveau de vie des citoyens, accompagner l’économie nationale pour le développement et contribuer à la réalisation de la sécurité hydrique et alimentaire du pays.

S’exprimant lors d’une journée d’étude portant revalorisation des eaux usées épurées et dédiée à l’agriculture et à l’industrie, Taha Derbal a expliqué que la stratégie repose principalement sur le recensement et le diagnostic de tous les systèmes d’épuration, de leur efficacité et de leurs capacités d’épuration afin de dresser un tableau clair et précis de tous ces systèmes permettant de produire une eau traitée de haute qualité pour sa réutilisation dans divers domaines, notamment dans l’irrigation des  périmètres agricoles, dans l’activité industrielle, l’arrosage des espaces verts ou le lavage des routes.

Il s’agit aussi d’accompagner la volonté de l’Etat de faire ressusciter le Barrage vert en faisant en sorte que certaines stations situées à proximité des zones forestières puissent fournir des quantités importantes d’eau d’irrigation. Pour atteindre cet objectif, un important programme d’investissement a été élaboré, a indiqué le ministre. Celui-ci s’articule autour de la remise en marche des stations d’épuration (Step) à l’arrêt, au nombre de 37, l’augmentation des capacités de production, la réhabilitation et la mise à niveau des stations d’épuration, l’intégration et la généralisation du traitement tertiaire (méthode de dépollution des eaux usées qui consiste à éliminer les polluants non biodégradables), pour la réutilisation des

eaux épurées et la réalisation de nouvelles Step.

40 MILLIARDS DE DA POUR RÉHABILITER LES STEP

Dans un point de presse en marge de la rencontre, le ministre a révélé l’élaboration des fiches techniques nécessaires et l’attribution d’une enveloppe financière d’un montant de 40 milliards de dinars pour le redémarrage des systèmes d’épuration qui ne fonctionnent pas ou l’extension des systèmes qui ont atteint leur capacité maximale, ainsi que des projets de réhabilitation de certains systèmes ayant connu certaines lacunes.

Concernant les délais d’achèvement, Derbal a indiqué que les mesures nécessaires ont été prises pour soumettre ces projets dans les délais impartis. Pour sa part, le directeur de l’assainissement et de la prévention des risques d’inondations au ministère de l’Hydraulique, Chérif Assiou, a expliqué que ces opérations permettront de rehausser la capacité de production d’eau épurée de 152 millions de mètres cubes par an, actuellement à 403 millions, dont 80% seront réutilisées pour les grands périmètres d’irrigation (GPI) et en industrie, soit 322 millions de mètres cubes/an à l’horizon fin 2025.

EXPLOITER 60% DE LA QUANTITÉ  DES EAUX REJETÉES

Le responsable a ajouté, enfin, que la stratégie du secteur vise à assurer à l’horizon 2030 un service public d’assainissement des eaux usées performant, durable et économiquement viable. Derbal a fait savoir que les énormes investissements lancés par l’Etat dans le domaine de l’épuration ont permis de réaliser 213 systèmes d’épuration, d’une capacité de traitement théorique équivalente à un milliard de mètres cubes par an et une capacité d’épuration de 442 millions de mètres cubes par an, soit 44%. Le ministre a rappelé que plusieurs projets de réutilisation de l’eau épurée ont été réalisés dans plusieurs GPI, tels Hennaya à Tlemcen sur une superficie de 912 hectares et Melita à Oran sur une superficie de 6.000 hectares. «Malgré ces mesures, l’utilisation de l’eau épurée est encore loin du niveau des énormes investissements réalisés par l’Etat, en particulier avec la demande croissante en eau et à la lumière des conditions climatiques qui ont prévalu ces dernières années», a constaté le ministre.

Evoquant la stratégie du secteur dans l’exploitation des eaux usées épurées présentée devant le Conseil des ministres tenu le 14 novembre dernier, il a rappelé que le président Tebboune a ordonné d’augmenter la capacité d’épuration et de récupération des eaux usées, tout en fixant l’objectif d’exploiter 60% de la quantité. «Cela nous oblige à exploiter toutes les capacités afin d’atteindre cet objectif qui intéresse au plus haut point les plus hautes autorités du pays et qui s’inscrit dans le plan d’action du gouvernement», a affirmé le ministre de l’Hydraulique.  Amokrane H

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