Cela fait plusieurs années que la question du transfert de la gestion du service public de l’eau potable assurée par les APC vers l’Agence ADE de Bejaia se pose sans que celui-ci ne trouve vraiment le chemin d’une réelle concrétisation.
Cette opération est revenue au devant de la scène, avec une déclaration du wali de Bejaia qui a fait état de la relance de cette opération. Il faut savoir que sur les 52 communes que compte la wilaya, l’ADE de Bejaia ne prend en charge que 17 municipalités, le reste relevant de la responsabilité des APC qui n’ont ni les compétences ni les moyens financiers à même d’apporter une quelconque amélioration de l’alimentation en eau potable pour leurs administrés. C’est pour cette raison que l’ADE a été sollicitée pour qu’elle se charge de cette gestion. Cette agence, a récemment expliqué son directeur, Abdenour Sahraoui, avait ainsi dans son plan d’intégrer 4 communes pour cette année 2023 qui s’achève (à savoir Tifra, Barbacha, Adekar et Taourirt Ighil) et deux autres en 2024 (Seddouk et Timezrit).
En fait, toute l’opération reste tributaire du soutien dont l’ADE Bejaia pourra bénéficier pour qu’elle puisse endosser cette responsabilité. En effet, l’agence, affirme son directeur, n’a elle-même pas les moyens d’amortir l’impact financier qui découle de cette opération de transfert, citant chiffre à l’appui de cette assertion. Ainsi, l’ADE de Bejaia a dépensé sur la période allant de janvier à octobre dernier 122 milliards, soit environ 12 milliards de centimes par mois, alors que ses revenus annuels sont de 100 milliards maximum. Gérer toutes les communes multiplierait par trois les charges de l’agence. Le chiffre d’affaire de l’ADE, soutient-il, ne représente que 50 % de la masse salariale, sachant de plus que ses dettes s’élèvent à 360 milliards et ses créances à 161 milliards, ses 640.500 abonnés ne s’acquittant pas toujours de leurs factures. Or, argumente le directeur de l’ADE de Bejaia, il faudrait recruter 309 agents pompistes pour la gestion des chaînes de distribution (13 chaînes comptant 87 stations de pompage) et 1841 agents dans les communes, contre 1135 employés actuellement.
C’est un gros défi financier, d’autant plus que l’enveloppe nécessaire rien que pour l’installation des compteurs est estimée à environ 62 milliards de centimes. L’enveloppe nécessaire pour l’intégration complète de toutes les communes avait été initialement évaluée à près de 500 milliards de centimes. Un chiffre qui donne le tournis. Une solution, selon le directeur de l’ADE Bejaia, réside dans l’accompagnement des APC et de la wilaya.
En premier lieu, déjà, les communes et les administrations pourraient payer leurs dettes vis à vis de l’entreprise, qui s’élèvent à 75 milliards de centimes, dont 50 milliards pour les premières, mais aussi à travers la prise en charge des salaires, la mise à niveau des chaînes de pompage, l’achat des compteurs, etc.
O. M.