Violence dans le foot: Grève des arbitres en Grèce à partir de samedi

Les arbitres du championnat grec de football, gangréné par la violence, ont annoncé mardi leur intention de mener une grève « à partir de la 14e journée », qui débute samedi, « jusqu’à ce que les conditions deviennent normales pour (leur) intégrité physique ».
« Il est désormais clair que les conditions ne sont pas réunies pour que les arbitres et arbitres assistants grecs de première division puissent continuer à exercer leurs fonctions en toute sécurité », ont estimé ces arbitres dans un communiqué.
« Les arbitres grecs et étrangers sont devenus une cible permanente, un punching-ball et un bouc émissaire », ont-ils ajouté, deux jours après de nouveaux incidents.
Dimanche soir, la rencontre de championnat entre l’Olympiakos et Volos avait été interrompue près d’une heure à la suite de violences entre hooligans et forces de police. Les joueurs avaient dû quitter le terrain
dans un nuage de gaz lacrymogènes.
S’estimant lésé par l’arbitrage, l’Olympiakos avait accusé le football grec d’être « dirigé par une organisation criminelle », tout en visant nommément l’arbitre de la rencontre Tasos Papapetrou.
« Honte à tous et surtout aux responsables de cet État profond corrompu », avait ajouté le club du Pirée dans un communiqué.
Selon le communiqué des arbitres grecs, Tasos Papapetrou et sa famille ont par la suite reçu des menaces. En novembre, c’est la maison d’un autre arbitre, Andreas Gamaris, qui avait été ciblée par des explosifs.
Deux événements qualifiés de « goutte d’eau qui fait déborder le vase » par les arbitres du pays.
La violence est un problème endémique dans le football grec et les attaques contre les arbitres fréquentes. En 2012, la boulangerie de l’arbitre Petros Konstantelias avait été visée par une explosion.
En 2018, l’arbitre Thanassis Tzilos avait été passé à tabac par plusieurs individus.
Les pressions subies par les officiels ces dernières années ont conduit les instances à nommer des arbitres étrangers pour les matchs à risque, sans faire retomber la tension.
« Annonces restées sans suites, brimades, intimidations, menaces, attaques
verbales et physiques, méconnaissance des règles de base du jeu et du fonctionnement de la VAR ne sont que quelques-unes des choses qui engendrent le climat toxique dans le football », poursuivent les arbitres dans le communiqué.
Ils ont demandé une réunion d’urgence avec le président de la Fédération, le Premier ministre, le ministre de la Protection civile et le ministre des Sports.