Le terrain est balisé pour réaliser notre intégration effective au marché africain. C’est ce qu’a souligné, dimanche, l’expert spécialisé dans le domaine de l’exportation, Ali Bey Nasri lors d’une intervention sur les ondes de la radio nationale.
Pour Nasri, des pas de géant ont été entrepris pour faciliter l’acte d’exportation, notamment vers l’Afrique qu’il a qualifiée de «destination naturelle pour promouvoir la production algérienne». Selon lui, les retombées des politiques engagées sont perceptibles sur le terrain et se déclinent par une montée en cadence des exportations hors hydrocarbures durant les trois dernières années. Il a fait savoir que celles-ci ont augmenté de8% l’an dernier. Toutefois, l’expert estime que les entreprises nationales doivent enclencher une démarche offensive pour être compétitives sur le marché africain caractérisé, fait-il remarquer, par une forte concurrence. «Les compagnies nationales doivent accompagner l’effort des pouvoirs publics en mettant en place des politiques dédiées à l’exportation», a-t-il recommandé. Dans ce sillage, il a estimé que l’Université a un rôle indéniable dans la formation dans les domaines en relation avec l’exportation. « C’est ce qui permettra d’avoir des compétences au sein des entreprises nationales qui maîtrisent les notions et les concepts du commerce extérieur, de manière générale, et la défense des intérêts des entreprises en cas de conflits », juge-t-il.
Concernant les potentialités existantes, Ali Bey Nasri cite, entre autres, les secteurs du BTPH et de l’industrie pharmaceutique et de la céramique qui disposent de fortes chances pour se placer sur le marché africain. «L’assiette que nous offrons à l’exportation au niveau africain reste peu diversifiée, mais nous sommes qu’au début du processus», a-t-il poursuivi. L’internationalisation des entreprises n’est pas un choix, mais un processus qui s’impose de lui-même d’autant plus que la création des réseaux de distribution s’avère impérative pour ces dernières.
«Les entreprises qui disposent de moyens financiers et de maîtrise technique sont capables de développer leur réseau. Si nos entreprises ne s’installent pas en Afrique, nous ne pourrons pas développer nos exportations. Ce sont des marchés à construire. Il est temps de lever la principale contrainte, celle du règlement 14-04 inhérent à la réglementation des changes qui empêche nos entreprises de s’installer à l’étranger et assurer un service après-vente», a-t-il relevé. Il préconise d’ouvrir la voie notamment aux entreprises qui sont financièrement forte. La révision de la réglementation des changes est une condition sine qua non, a-t-il insisté, pour mieux pénétrer le marché africain avant de plaider pour le renforcement du partenariat public-privé. «Ils se complètent et ce partenariat permet d’avoir des parts de marché plus significatives», a-t-il dit, ajoutant que l’idéal est d’investir en Afrique. «C’est une demande exprimée par plusieurs pays africains», a-t-il renchéri, proposant d’aller vers la création d’un fonds pour protéger les investissements.
Nasri a enfin fait observer que l’amélioration de la logistique et du transport reste un levier pour renforcer la compétitivité de notre pays sur le continent.
Wassila Ould Hamouda