Commercialisation de la production agricole : La contractualisation, un moyen de garantir la productivité

 L’Etat a pris de nombreuses mesures  susceptibles d’améliorer la production agricole en incitant les agriculteurs à augmenter la productivité de leurs exploitations. Parmi les décisions prises, il y a la création d’un office chargé de l’achat auprès des agriculteurs de leur production.

En plus d’encourager la production et protéger les producteurs, les pouvoirs publics  veulent assoir une véritable stratégie  pour  mieux  gérer  la  volatilité des prix, hantise des agriculteurs, qui empêche  une  vision à long terme. Toutefois, des experts et des professionnels semblent partagés sur le système  dit contractuel. Pour certains, il s’agit d’un pilier de l’agriculture durable, alors que d’autres se sont montrés  moins enthousiastes.

Le secrétaire national à l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Slimane Draibine, a soutenu que la contractualisation est un excellent moyen pour encourager les producteurs à produire plus et mieux. C’est aussi un moyen d’assurer une rémunération juste et régulière aux producteurs. Selon lui, elle permet à ces derniers de se focaliser uniquement sur la production  et ne pas se soucier  de la commercialisation, devenue un véritable casse-tête. Il demande, d’ailleurs, la généralisation progressive de la contractualisation à tous les produits de large consommation après l’expérience réussie dans les filières pomme de terre et tomate industrielle. Mais  avant cette généralisation,   il a estimé primordial  la mise à jour des agriculteurs concernant les procédures inhérentes à l’agriculture contractuelle. Pour lui, il faut introduire des clauses claires dans le contrat qui lie les acheteurs, qu’ils soient des organismes d’Etat ou des opérateurs privés, aux agriculteurs. «Les parties contractantes doivent s’entendre sur le prix d’achat, la qualité, la quantité et surtout la régularité de la production », précise-t-il.  In fine, il note qu’avec la contractualisation, l’acheteur disposera  d’un approvisionnement sûr en matières premières, et le producteur d’une vente et d’une rémunération stable et régulière.

Selon l’expert en agriculture et environnement, Mohammed Sadek Bounebab, le principe de l’agriculture contractuelle veut que l’acheteur et le producteur signent un accord dans lequel celui-ci s’engage à livrer une production conforme à certaines normes de qualité et dans des délais contractuels. En retour, l’acheteur s’engage à en  acquérir  à un certain prix. Pour lui, cela donnera de la visibilité à l’agriculteur et aussi à l’Etat en matière de  disponibilité des produits agricoles et de régulation du marché. « La contractualisation est l’un des piliers de l’agriculture durable », soutient-il. Toutefois, pour que celle-ci soit  couronnée de succès, il a soutenu la nécessité pour les parties contractantes d’honorer leurs engagements respectifs et que les conditions de la vente soient  prédéfinies.   Et pour ce faire, les clauses contractuelles doivent être claires et précises, indique-t-il.  Il a expliqué que les accords permettent de situer les responsabilités de chaque partie,  définir des prérequis de qualité et s’entendre sur la disponibilité des produits.

L’agronome Akli Moussouni se veut plus prudent. De son pont de vue, il faut plutôt  promouvoir l’agriculture de chaînes de valeur, car l’agriculture contractuelle ne fait que multiplier les interlocuteurs et les problèmes, plaidant pour la mise en place d’une stratégie de  sauvegarde du potentiel productif. «Il faut absolument qu’on prenne conscience que la sécurité alimentaire du pays dépend des importations qui elles-mêmes dépendent d’un système mondiale de l’alimentation déstabilisé par un contexte conflictuel», rappelle-t-il.

Amokrane H.

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