Réouverture des marchés aux bestiaux : Vers une baisse des prix des viandes rouges

Les prix des viandes rouges devraient connaître, à l’approche du mois de Ramadhan, une baisse suite à la réouverture des marchés aux bestiaux, annoncée récemment par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

C’est du moins ce qu’affirment les professionnels de la filière qui soulignent l’importance de la régulation du marché à travers des mesures qui, en même temps, encouragent la production locale et assurent une offre diversifiée au consommateur. A ce propos, le vice-président de la Fédération nationale des éleveurs, Belkacem Mezroua, affiche sa satisfaction suite à la décision de la tutelle. «Nous saluons la réouverture des marchés aux bestiaux, car au-delà d’un mois, les éleveurs ne peuvent supporter les charges de la fermeture, notamment des grands marchés hebdomadaires, sachant que durant cette période, l’éleveur continue à dépenser pour assurer au cheptel l’aliment nécessaire», explique-t-il. En ce sens, il rappelle que la mesure préventive de fermeture provisoire de ces espaces visait à protéger le bétail, tous types confondus, de l’épidémie de  la fièvre aphteuse.

«Nos éleveurs ont tiré la leçon de l’expérience de 2018, où la fièvre aphteuse a causé des dégâts dans le cheptel. Cette année, nous avons constaté que la plupart d’entre eux ont respecté les mesures de confinement sanitaire», précise-t-il, ajoutant que les services vétérinaires du ministère de l’Agriculture ont joué dûment leur rôle.  Mezroua tient à clarifier que les zones renfermant des foyers de cette épidémie restent sous contrôle vétérinaire jusqu’à circonscrire définitivement la pathologie.

Sur la disponibilité des viandes rouges, le vice-président de la Fédération explique que la production locale ne peut, en ce moment, couvrir tous les besoins nationaux, d’où la nécessité de recourir à l’importation. «Il est vrai que l’abattage anarchique de la brebis est incriminé par un texte de loi, mais il est judicieux aussi de la protéger à travers  l’importation des viandes rouges. Cependant, cette importation devrait être bien étudiée à même de concilier entre la disponibilité de la viandes rouges et la protection de la production locale », suggère-t-il.

Agir sur l’aliment de bétail 

À ce propos, Mezroua voit que l’Etat doit agir sur l’aliment, notamment le son de blé, dont l’approvisionnement est assuré par les minoteries. «Le prix du son au niveau des 560 minoteries existantes à l’échelle nationale, est plafonné à 1280 dinars le quintal, alors qu’en dehors des minoteries il frôle les 4000 dinars », constate-t-il, ajoutant que l’on produit 30 millions de quintaux de son par an.   Selon lui, il y a deux sortes d’aliment. Le produit local constitué essentiellement de son de blé qu’on peut consolider avec du maïs ensilage local, subventionné par l’Etat.

«On aimerait bien que l’éleveur de caprin ait accès au maïs ensilage subventionné par l’Etat, au même titre que l’éleveur de bovin», lance-t-il.  Toujours sur la question des prix, Mezroua souligne le contrôle de la mise en œuvre des décisions prises par l’Etat en faveur des éleveurs, citant l’exemple de la suppression de la TVA (9%) sur l’aliment, qui profitent le plus souvent aux commerçants et non aux éleveurs.

Pour sa part, président de la Fédération nationale des viandes rouges et ses dérivés, Merouane Khiar, exprime son soulagement quant à la réouverture des marchés aux bestiaux. «Après la décrue de la situation épidémiologique, il est important de rouvrir ces marchés. D’autant plus que durant la période de fermeture, les viandes rouges ont connu une perturbation des prix. Pour l’ovin, on a enregistré une hausse de 100 DA par kg, portant ainsi le prix de la viande à 2.500 DA/kg dans le marché de gros et à 2800-3000 DA/kg chez le détaillant. Tandis que le bovin a vu une hausse de 150 DA/kg», rappelle-t-il. Dans le même ordre d’idées, Khiar salue la décision du président de la République concernant le dégel de l’importation des veaux vivants ainsi que l’importation des viandes rouges crues (conservation sous-vide), dont le prix est plafonné à 1.200 DA/kg.

Une offre variée

Cependant, Khiar préconise de revoir le plafonnement, au même seuil, du prix des viandes rouges (carcasse) importées, en proposant de laisser la concurrence libre dans ce type de viandes. Et ce, afin de mettre à la disposition du consommateur un choix varié en fonction de son budget. «Le marché connaîtra une offre très variée comprenant le produit local et celui importépar les opérateurs privés et l’Algérienne des viandes rouges (Alviar), en plus du produit introduit via le troc dans le sud du pays. Ce qui entraînera une baisse des prix», appuie-t-il. Dans la foulée, Khiar évoque l’importation des veaux vivants destinés à l’abattage qui contribuera davantage à une réduction des prix. «Cela en attendant le dégel de l’importation des veaux destinés à l’engraissement, censée assurer l’approvisionnement du marché», poursuit-il.

Et d’ajouter : «Nous avons demandé, sous la houlette de l’UGCAA, à la tutelle, l’ouverture des autorisations d’importation des moutons vivants destinés à l’abattage. Ce qui pourrait être  avantageux pour la main-d’œuvre locale directe et indirecte et assurer une offre plus variée en viandes rouges. Mais également une solution pour éviter la cherté des prix des moutons lors de l’Aïd El-Adha.»

Pour le président de la Fédération nationale des viandes rouges, l’importation devrait toutefois être planifiée selon des objectifs, où l’on devrait travailler sur la production nationale avec la perspective de développer le patrimoine animalier à travers l’accompagnement des éleveurs.

A. Mehdid

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