Le discours du président de la République à l’occasion du double anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et de la nationalisation des hydrocarbures traduit l’essence même de la vision présidentielle centrée sur l’importance cruciale du renforcement de la cohésion nationale.
Son appel résonne comme une réponse nécessaire aux tentatives ciblant le pays dans un contexte international complexe, où les défis se multiplient et la nécessité de rester unis et de faire front ensemble devient impérative. La sagesse du président Tebboune se manifeste à travers son engagement indéfectible en faveur de la préservation du militantisme et du sens nationaliste des travailleurs. Une approche holistique qui intègre des dimensions politiques, économiques et sécuritaires, et vient renforcer le tissu social de la nation. Le discours souligne son engagement profond envers la consécration du caractère social de l’Etat et la justice sociale.
Des mesures tangibles prises, telles que la révision à la hausse des transferts sociaux, la réforme fiscale axée sur l’équité et l’augmentation progressive des salaires, démontrent cette volonté concrète à garantir le bien-être des travailleurs et à améliorer les conditions sociales de la population. Ces réformes d’envergure démontrent, par ailleurs, une vision bien définie en faveur d’une économie forte et diversifiée basée sur la liberté d’entreprendre, la promotion de l’investissement et la consolidation des principes de transparence et d’équité parmi les acteurs économiques.
Cette vision, guidée par la détermination à progresser et à se développer, ouvre la voie à une transformation significative du pays à tous les niveaux, d’autant plus que les actions entreprises réaffirment l’engagement résolu envers la justice sociale et l’unité du pays.
Une démarche judicieuse
Selon Hassan Kacimi, politologue et expert en géopolitique, «l’Algérie est confrontée à d’intenses pressions au niveau régional, notamment au Sahel et le long de ses frontières est et ouest». Pour lui, «il existe de nombreux indicateurs laissant penser que l’insécurité s’installe de manière insidieuse, parfois de manière violente, avec l’émergence de groupes armés et de coups d’Etat dans le Sahel, se propageant comme une épidémie». Ce qui, selon lui, exige «un renforcement du front intérieur et la cohésion nationale».
Il rappelle que «cette instabilité a commencé en Guinée, puis s’est étendue au Burkina Faso, au Mali, au Niger, et a atteint le Sénégal». Kacimi met en évidence «les tentatives visant à affaiblir les Etats, à encourager les mouvements sécessionnistes, comme observés au Congo où le Nord échappe à l’autorité de l’Etat». Pour lui, «ces enjeux axés sur l’appropriation, le contrôle et l’exploitation des richesses affaiblissent les Etats dans le Sahel et menacent la sécurité régionale».
Consciente de ces défis, Kacimi souligne que «l’Algérie, en tant qu’Etat centralisé et fort », déploie une stratégie de développement sur l’ensemble du territoire national avec en prime la création de nouvelles wilayas. Il met dans ce sillage en garde contre «le danger des groupes informels prenant le contrôle de territoires en l’absence de l’Etat», citant «le nord du Mali et du Niger comme exemples où des groupes armés contrôlent le commerce». Et d’ajouter : «L’Algérie fait également face à des situations instables aux frontières sud et est avec la Libye, où l’Etat s’est effondré, impliquant des enjeux liés au contrôle de l’énergie et d’autres matières premières. Et en tant que grand producteur de gaz en Afrique, l’Algérie est confrontée à des enjeux internationaux visant à contrôler les routes maritimes et les sources d’énergie du continent, suscitant des actions de subversion pour déstabiliser les Etats.»
L’expert rappelle, dans ce cadre, «la stratégie panafricaniste adoptée par l’Algérie pour protéger ses richesses nationales, renforcer la souveraineté nationale et lutter contre toute intervention étrangère». Il insiste, toutefois, «sur l’importance d’une bonne gouvernance pour assurer le développement, la croissance économique et la sécurité». Ainsi, dit-il, «pour contrer les turbulences régionales, il est crucial de renforcer la gouvernance et de moraliser l’action politique pour éviter que celle-ci ne serve des intérêts étrangers.»
Kacimi souligne enfin «le rôle des formations politiques dans ce contexte instable» et plaide pour «la consolidation de l’action politique, la moralisation du champ politique et la promotion d’un débat politique démocratique responsable pour faire face aux enjeux régionaux».
Assia Boucetta