Développement du GPL/C et du GNC : Les recommandations du Cerefe

Le  Commissariat  aux énergies renouvelables  et à l’efficacité énergétique (Cerefe)  a publié un rapport sur le «Développement   du GPL /c et du GNC en tant que leviers de la transition énergétique dans le secteur du transport».

Composé de deux parties,  dont la première est dédiée à l’utilisation du gaz pétrole liquéfié (GPL), le  document  de 53 pages représente, lit-on, «le premier livrable de l’étude  sur l’opportunité de développement de la mobilité propre que le Cerefe est chargé d’élaborer dans le cadre des travaux du groupe de travail  mis en place à cet effet, constitué des représentants des ministères des Finances, de l’Energie et des Mines, de l’Industrie et des Transports et de l’ex-ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables». Selon le rapport, le GPL/C connaît  une évolution constante contrairement au GNC. Même si la démarche  de conversion, lancée en 1983, a mis du temps à se mettre en place,  les résultats sont  palpables. L’effort de Naftal a été mis en avant.

Le parc  national roulant au GPL/c qui comptait 850.000 véhicules au premier semestre 2023 a franchi le seuil d’un million à la fin de  l’année.  Pour le Cerefe, cette croissance «fulgurante» enregistrée depuis 2015 est «corrélée avec l’augmentation graduelle du prix à la pompe de l’essence et du gasoil, opérée progressivement à travers les lois des finances de 2016 à 2020 et aussi avec la subvention accordée pour la fourniture  et l’installation des kits GPL/c».

Le rapport  met aussi  en avant la demande croissante sur  ce carburant, considéré  comme la solution la plus  adaptée sur le plan économique, sanitaire  et environnemental. «La demande n’a  cessé de s’accroître depuis 2016 passant de 290 Ktep en 2015 à plus de 1800  en 2022. Cela s’est accompagné d’une baisse significative de la consommation de l’essence, passant de 4,4 millions de tonnes  en 2015 à 3,3 millions de tonnes en 2022»,  relève le  rapport.  Ce dernier recommande, en vue d’accélérer la cadence de   la conversion de véhicules, de  doter les centres d’emplissage  de moyens de distribution de GPL/C et de densifier le nombre de stations pour couvrir l’ensemble des wilayas.

  Le Cerefe préconise également  de renforcer la flotte de camion-citernes de transports GPL/c  pour garantir l’approvisionnement continue des stations, d’encourager  et de soutenir la construction de stations-services dédiées exclusivement à la distribution de ce  type de carburant.  Des mesures réglementaires, normatives  et techniques devront, enfin, être mises en place permettant aux véhicules équipés en kit GPL/c d’accéder aux parkings  sous-terrain.

Encourager les investisseurs

Le Commissariat   suggère d’introduire  «une clause spécifique  au niveau des cahiers des charges réglementant  les véhicules importés plutôt que ceux fabriqués localement, exigeant un quota  minimum de modèles équipés  de kits GPL/c avec l’homologation nécessaire, à la sortie d’usine et à la livraison».

L’intégration nationale de ce type d’intervention resterait envisageable  et pourrait faire l’objet d’une conversion avantageuse entre concessionnaires  et installateurs locaux  agréés  tout en assurant le maintien de la garantie des véhicules neufs dotés de kit GPL/c  au même titre que ceux d’origine. Enfin,  le Commissariat  propose  de mener des campagnes de sensibilisation  pour la rationalisation de la consommation de GPL/c  de  17% supérieure à celle de l’essence et dont le prix est cinq fois moins cher,  indique le  rapport.

«Les quantités de GPL économisées  pourrait  être valorisées dans l’industrie locale ou exportées  et  auront plus de  valeur ajoutée pour l’économie nationale», ajoute-t-il.  Contrairement au GPL/c, l’essor du gaz naturel compressé (GNC),  malgré les actions menées, n’a pas dépassé «le stade expérimental», souligne le rapport.

Pour relancer ce programme, il est essentiel d’instaurer  une stratégie devant accélérer   le  processus de création d’un écosystème  favorable à son développement, notamment dans le transport des voyageurs  et des marchandises, de mettre en place un cadre réglementaire pour   la généralisation de son utilisation et un dispositif de soutien financier aux investisseurs désirant investir dans des stations GNC  accompagnés d’un allégement fiscal.

L’ouverture de l’activité de conversion au  secteur privé est recommandée. Le Commissariat estime, par ailleurs, nécessaire de soutenir le prix du GNC à la pompe  par rapport à celui du gasoil, de  doter les centres de conversion de services après-vente garantissant la maintenance des véhicules, de rendre disponible  sur  le marché national  des véhicules neufs équipés  du moteur fonctionnant avec ce carburant  et  dont le tonnage dépasse 1,5 tonnes.

A noter, enfin, que le Conseil est invité à lancer des formations de mécaniciens  capables  d’assurer l’installation de kits de conversion.

Wassila Ould Hamouda

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