Lutte contre la criminalité financière : Appel à une stratégie intégrée et à une action concertée

Lors d’une réunion ordinaire présidée par le ministre des Finances, Laâziz Faïd, la Commission nationale d’évaluation des risques de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération des armes de destruction massive s’est penchée sur les mesures prioritaires à prendre pour traiter les problèmes soulevés dans ce domaine et lutter efficacement contre ces menaces internationales.

La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme nécessite une approche proactive et coordonnée, impliquant une collaboration étroite entre les différents acteurs du gouvernement ainsi que des partenaires internationaux. Un aspect crucial de cette réunion a été la discussion sur la levée des réserves du Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, une démarche cruciale pour accroître la crédibilité et la conformité de notre pays aux normes internationales en matière de lutte contre ces activités illicites.

La Commission a affirmé sa détermination à mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour répondre aux exigences du Groupe d’action financière, renforçant ainsi la position de notre pays dans la lutte mondiale contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Dans un environnement où les réseaux criminels et terroristes opèrent de manière de plus en plus sophistiquée et transnationale, il est impératif de renforcer nos capacités et nos efforts en matière de prévention et de répression. Et ce à travers l’évaluation des risques au niveau national, une mesure prioritaire dans la mise en œuvre du système national d’évaluation des risques de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération des armes de destruction massive, conforme aux normes internationales du Groupe d’action financière. Cette démarche devrait permettre d’obtenir des résultats précis sur les risques associés à ces activités et mettre en place des politiques appropriées pour les atténuer.

Selon Farid Kourtel, expert international en économie et affaires administratives, «la création de cette commission spécialisée revêt une importance cruciale, notamment en raison de son implication dans des domaines sensibles tels que le blanchiment d’argent et le trafic d’armes, directement liés à la sécurité nationale». Il estime «primordial, voire urgent, de réactiver cette commission afin qu’elle puisse remplir son objectif initial, à savoir avoir un impact concret sur le terrain».

Coordination et prévision

Les principales missions de cette commission comprennent, poursuit-il, «la préparation d’un rapport national sur l’évaluation des risques liés au blanchiment d’argent, au financement du terrorisme et à la prolifération des armes de destruction massive, ainsi que la mise en place de mesures de surveillance renforcée et la levée des réserves du Groupe d’action financière». Farid Kourtel a souligné «le défi consistant à finaliser l’évaluation nationale des risques, y compris les évaluations sectorielles, conformément à la méthodologie du GAFI», et a appelé à «une coopération étroite entre la commission et les organismes concernés au niveau national». Et d’insister sur «la nécessité d’évaluer les progrès réalisés avant de poursuivre les actions, en identifiant les risques et en établissant des priorités, car toutes les tâches assignées au comité sont essentielles».

Pour l’expert, «le blanchiment d’argent reste un défi majeur pour tous les pays, menaçant tant leur stabilité économique que leur sécurité nationale, et appelle à des solutions concrètes et efficaces de la part de la commission, impliquant une coordination étroite avec les services de sécurité et les organisations internationales».

Farid Kourtel met également en avant l’«impact dévastateur de la contrebande et de la drogue sur l’économie et la société», et fait remarquer que «la lutte nécessite une participation globale de tous les acteurs, y compris les organes de sécurité, les citoyens et la société civile». Il a insisté, dès lors, sur «la nécessité d’une coordination complète pour atteindre les objectifs de la commission». Il reconnaît les progrès réalisés par l’Algérie dans l’application des normes internationales et appelle «à renforcer davantage cette conformité».

Farid Kourtel estime que l’«Algérie a besoin d’experts à tous les niveaux pour comprendre, anticiper les risques et garantir une meilleure coordination entre les institutions et organisations concernées». Il souligne dans ce sens
l’«importance de prévenir les risques pour mieux les affronter», citant le ministre des Finances qui a insisté lors de sa réunion avec ladite Commission sur «l’importance des données précises pour prendre des décisions éclairées». Il préconise, dans ce sillage, «la mise en place de mécanismes de coordination entre les différentes organisations pour atteindre les objectifs fixés» et insiste sur  l’«élaboration d’une feuille de route précise en termes d’objectifs et de coordination avec tous les acteurs impliqués dans cette dynamique».

Assia Boucetta

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