DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE LAIT DE GRANDS PAS VERS L’AUTOSUFFISANCE
Cap sur les mégaprojets agricoles intégrés

Cap sur les mégaprojets agricoles intégrés dans le secteur privé activant dans la filière lait. Celui-ci constitue un acteur majeur dans le développement de cette filière à travers sa pleine adhésion à la politique tracée par l’État dans le cadre de la sécurité alimentaire du pays.
La laiterie Soummam, implantée à Bejaïa, s’érige en premier collecteur et producteur de lait cru grâce à un réseau composé de huit fermes de vaches laitières implantées sur différentes régions du pays et un cheptel dépassant les 3.000 têtes.
2 nouvelles fermes de la laiterie Soummam
Selon le responsable de la communication à la laiterie Soummam, Djamel Alilat, on prévoit l’extension de l’activité avec la mise en exploitation, à partir du 2e semestre de l’année en cours, de 2 nouvelles fermes entièrement équipées. «Ce réseau sera étoffé avec l’arrivée prochaine des génisses», fait-il savoir.
La laiterie Soummam est présente à travers toute la filière lait, soit de la production du fourrage et du concentré d’aliment de bétail au niveau des unités destinées à cet effet, à la production de lait cru et sa transformation. «Nous avons acquis des terres à Ouargla sur une superficie de plus de 2.000 ha, où nous avons entamé la production du fourrage et des céréales qui vont servir à approvisionner nos éleveurs et notre usine de fabrication de concentré d’aliment implantée à Bordj Bou Arreridj», détaille-t-il.
7.000 éleveurs conventionnés avec Soummam
En plus de ses propres fermes d’élevage, cette entité est conventionnée avec 7.000 éleveurs et un effectif de bovin laitier dépassant les 72.500 vaches laitières. Ce qui a permis la mise en place d’un réseau national de 40 centres de collecte et de transport de lait cru (une flotte de camions citernes réfrigérés). «Aujourd’hui, la laiterie collecte une moyenne quotidienne de 860.000 litres de lait cru, ce qui fait d’elle le premier collecteur et producteur de lait à l’échelle nationale», appuie-t-il.
Ces quantités sont acheminées vers ses propres sites pour être transformées en produits frais, tels que les yaourts, les fromages frais…poursuit-il. Selon ses précisions, le lait collecté se substitue à la poudre de lait de 50% dans la fabrication de toute la gamme de produits. Aussi, l’entreprise veille à la modernisation de ses activités en introduisant les dernières technologies en termes d’alimentation et de gestion du cheptel. Elle veille également à la formation de son personnel en se frottant à des experts étrangers.
2.000 emplois directs chez Soummam
À travers ses 30 ans d’existence, la laiterie Soummam a pu créer plus de 2.000 emplois directs et plus de 10.000 emplois indirects. Elle arrive à placer ses produits sur le marché étranger tels que le Canada, la Libye la Mauritanie, le Qatar et le Bahreïn.
«La laiterie Soummam est plus qu’une simple laiterie. Elle est un acteur majeur du secteur agroalimentaire avec une production quotidienne qui tourne autour de 2.200 tonnes. Elle contribue ainsi à l’effort national d’assurer une production laitière de qualité, de diversifier les exportations et, surtout, de concrétiser la sécurité alimentaire», soutient-il.
Avions cargo pour accompagner les exportateurs
L’interlocuteur souligne que l’opérateur économique adhère à la politique de l’État visant à être indépendant en matière de ce produit de large consommation. «Nous travaillons sur cet objectif et nous sommes les mieux placés pour l’atteindre. Pour ce faire, la laiterie œuvre au développement de la filière agro-élevage, qui prend de plus de plus de l’importance», souligne-t-il.
Et pour booster ses exportations, la laiterie Soummam lance un appel afin que l’État les accompagne en matière de transport aérien. «Les produits laitiers, très sensibles, sont transportés par voie maritime dans des conteneurs réfrigérés, ce qui nous incommode par rapport aux délais de validité des produits. Nous appelons les autorités publiques à nous aider à travers la mise à disposition d’avions cargo permettant le transport et l’exportation de ce type de produits dans des conditions plus optimales», lance-t-il.
150.000 litres de lait cru collectés quotidiennement par Hodna
La laiterie Hodna Lait implantée à M’sila n’est pas en reste de cette dynamique. Selon Chouib Socha, directeur de l’agro-élevage à la laiterie, l’entreprise a connu, ces dernières années, une évolution remarquable à travers la réalisation de grands investissements dans le domaine agricole. «Nous collectons une moyenne quotidienne de 150.000 litres de lait cru, et nous sommes conventionnés avec 1.500 éleveurs répartis sur 10 wilayas environnantes», indique Socha.
L’interlocuteur explique que la réalisation de ces investissements n’a pas été une sinécure, s’agissant d’une région pastorale très confrontée à des conditions climatiques de moins au moins favorables. «Nous avons commencé notre investissement dans l’élevage bovin laitier tout en encourageant d’autres investisseurs à se lancer dans cette filière. Nous avons, donc, procédé à la distribution d’environ 15.000 vaches laitières au profit de 490 éleveurs-agriculteurs et cela sur une période s’étalant de 2011 jusqu’à 2023», précise-t-il.
Pour un produit 100% algérien
Selon lui, Hodna Lait poursuit l’encouragement de l’élevage bovin laitier dans le but de développer la production nationale de cette matière première des laiteries. «Nous avons atteint un taux d’intégration de lait cru estimé à 40%. Nous visons à augmenter ce taux et à réduire la quantité de la poudre de lait importée. Et pourquoi pas les produits de Hodna Lait seront fabriqués à 100% à partir d’un lait cru», promet-il.
Le même responsable affirme le lancement d’un nouveau projet intitulé «Fermes Hodna». Il sera réalisé sur une superficie de 1.700 hectares et renferme quatre grandes fermes, avec une capacité d’accueil globale de 4.200 vaches laitières. Ce projet inclut également la culture céréalière (600 ha) et fourragère (luzerne 200 ha), détaille-t-il. «Ce projet est intégré, où les unités des pivots d’irrigation sont raccordées à trois bassins destinés à l’aquaculture, dont la capacité de stockage varie entre 100.000 et 150.000m3. Parmi les objectifs de ce projet, il y a aussi la production de la viande rouge», ajoute-t-il.
Hodna Lait accorde une grande importance, dit-il, à la formation des éleveurs et des agriculteurs afin d’améliorer ses rendements agricoles et d’arriver à un produit laitier 100% algérien. C’est dire que ces opérateurs voient grand en mettant le cap sur des mégaprojets intégrés.
Aziza Mehdid