Vers la généralisation des universités 4.0

Vers la généralisation des universités 4.0, progressivement en Algérie, selon le directeur général des enseignements au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifiques, Ali Choukri.

Il s’agit d’universités numérisées, branchées, connectées et entrepreneuriales, explique Choukri. «Elles offrent des conditions plus propices pour la création de richesses, de start up et d’entreprises. Nous en avons sélectionné 23 pour l’instant, mais ce nombre sera appelé à être augmenté. Nous avons reçu des demandes de plusieurs universités pour s’intégrer dans cette vision», souligne-t-il sur les ondes de la chaine III, avant d’ajouter toujours à ce propos: «À partir de cette année, la transition vers les universités 4.0 sera assurée dans toutes les spécialités. Il est attendu de ces universités qu’elles numérisent leurs espaces pédagogiques avec la fixation de normes pour les salles des travaux dirigés, entre autres».

Le transfert des étudiants en ligne sera finalisée le 28 septembre

En outre, l’étudiant pourra suivre son parcours pédagogique à chaque étape grâce à la reconnaissance facile. Il sera question aussi, souligne-t-il, de développer des tableaux de bord grâce auxquels les étudiants peuvent suivre des cours en ligne tout en étant connectés avec leurs camarades dans les universités étrangères. Rappelant que cela fait 2 ans que le secteur s’est inscrit dans la démarche numérique, avec la mise en place notamment du schéma directeur de la numérisation et la création de 50 plateformes où toutes les actions et les activités universitaires sont numérisées, il assure que toutes les étapes des inscriptions pour cette nouvelle année ont été un succès.

«Reste l’étape de transfert des étudiants en ligne qui sera finalisée le 28 septembre», signale-t-il avant d’évoquer les nouveautés du secteur pour cette année. Le double diplôme qui permet aux étudiants de suivre deux disciplines. «Un étudiant en médecine, par exemple, peut suivre son cursus tout en obtenant un diplôme dans d’autres spécialités en rapport avec cette filière, fixées par la tutelle. Dans l’économie de la santé, par exemple, la médecine big-Data ou la médecine-intelligence artificielle, et ce, dans le but de nous inscrire dans la médecine de demain», détaille-t-il.

Double compétence

L’autre nouveauté sur laquelle Choukri insiste est la double compétence. L’étudiant obtiendra un seul diplôme tout en s’inscrivant dans deux compétences. «C’est-à-dire que l’étudiant peut suivre, à titre d’exemple, l’application des mathématiques informatiques dans les sciences économiques et de gestion ainsi que dans les sciences sociales et humaines. Nous avons dans ce cadre et pour cette année, établit une liste de plusieurs formations que les étudiants pourront suivre dans différents domaines», affirme-t-il.

Interpellé sur l’École nationale supérieure de la cybersécurité, il fait part de l’inscription de 223 étudiants dont la moyenne dépasse les 18/20. Ils seront formés par une vingtaine d’enseignants triés sur le volet. «Pour l’instant, les étudiants bénéficieront d’une formation de base. Les spécialités ne seront fixées que dans deux ans. Cette École, dotée d’équipements très spécifiques et qui sera ouverte aux travaux de recherche dans ce domaine, est une démarche stratégique pour le pays sur le plan sécuritaire afin de faire face aux nouvelles formes d’attaques», rappelle-t-il.

Plus de 58.000 enseignants ont été formés en anglais à ce jour

Choukri annonce, par ailleurs, de nouvelles dispositions pour impliquer davantage l’université dans la sphère économique. «À ce jour, 200.000 étudiants ont été formés dans l’entrepreneuriat et les universités sont libres de collaborer avec les entreprises et contribuer ainsi à la création de recherches. La diaspora est également encouragée pour être partie prenante dans l’effort économique national», fait-il savoir, rapportant que la tutelle a entrepris, dans ce sens, la révision de certains textes réglementaires pour soutenir dans cet effort la communauté algérienne établie à l’étranger.

Choukri revient, dans ce contexte, sur la signature d’une convention entre la tutelle, le ministère de la Santé et la fondation caritative «Zerhouni» installée aux USA pour la création d’une plateforme de cours en ligne au profit des étudiants algériens dans le domaine paramédical et médical. Elle sera opérationnelle à partir de cette année.

Pour ce qui est de la généralisation de l’anglais dans l’enseignement supérieur, il soutient que les efforts se poursuivent pour la formation des enseignants. Plus de 58.000 enseignants ont été formés jusqu’à présent, par le biais de la plateforme EDX et à travers l’université de la formation continue et les centres d’enseignement intensif des langues. «Une fois formés, les enseignants auront à enseigner certaines matières techniques et scientifiques en anglais à 100%», conclut-il.

Farida Belkhiri

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