L’habitat rural dans la wilaya de Tizi Ouzou

L’habitat rural dans la wilaya de Tizi Ouzou est un segment privilégié grâce à l’aide de l’État pour permettre aux villageois de construire leurs propres demeures et réduire ainsi la demande de logement social.

L’aide à l’habitat rural constitue une bouffée d’oxygène pour de nombreux ménages à travers le pays et particulièrement au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou.

99.855 ménages bénéficiaires de l’aide depuis 2006 à Tizi Ouzou

Lors de sa récente visite à la wilaya le 11 juillet dernier, en tant que Chef d’État, Abdelmadjid Tebboune avait pris la décision de relever le plafond de cette aide de 700.000 DA  à 1 million DA. Une annonce qui a été très bien accueillie à Tizi-Ouzou lorsque l’on sait que ce segment d’habitat est très privilégié dans la wilaya. Cette décision renforcera davantage le vœu de nombreux citoyens à vouloir en bénéficier car elle tient compte de la hausse des prix des matériaux de construction. Il faut dire que les demandes sur ce genre d’aide ont sensiblement augmenté dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Une formule dont ont bénéficié 99.855 ménages depuis son lancement en 2006 dont plus de 92% des projets de construction de logements ont été déjà achevés. D’ailleurs, le logement rural,  qui représente à lui seul 75% tous segments et formules confondus, réalisés dans la wilaya, continue de susciter «la convoitise». C’est dire tout l’intérêt porté par les citoyens en milieu rural qui refusent tout exil forcé en milieu urbain, contribuant ainsi à la stabilité et la sédentarité des populations rurales auxquelles le secteur des transports, très performant dans la wilaya de Tizi Ouzou pour les déplacements vers toutes les contrées, participe de manière efficace.

3.000 aides pour l’habita rural attribuées

Ainsi, la décision  du président de la République devrait être suivie d’effet par les services concernés pour apporter les solutions et satisfaire la demande déjà très forte. Et pour cause, les services du logement de la wilaya de Tizi Ouzou comptaient, déjà bien avant cette décision, plus de 20.000 demandes non satisfaites. Un nombre qui sera bien évidemment revu à la hausse. Les 7.000 aides notifiées à la wilaya de Tizi Ouzou, depuis le début de cette année 2024, dont 3.000 ont été déjà attribuées, constituent une première bouffée d’oxygène qui reste insuffisante eu égard aux besoins.

Cependant, de nombreux observateurs soutiennent que les décideurs devraient aussi tenir compte d’autres paramètres  pour plus d’équité dans la distribution de ces financements au niveau des communes. Ils citent la disponibilité du foncier pour concrétiser des projets de logements, le ratio habitants ainsi que la grandeur des foyers.

Pour ce dernier critère, il est suggéré de revoir les conditions d’éligibilité  à l’aide, notamment le gabarit de l’habitat en accordant des aides à tous les membres d’une famille ayant fondé un foyer, ne possédant pas de grandes surfaces constructibles, pour réaliser des logements en étages avec des gabarits en R+2 ou 3, voire même 4 par la révision du POS dans le cadre de cette aide. Ce qui permettra aux villageois de construire sur la terre de leurs ancêtres sans recourir à l’exode rural.

Réduire les demandes de logement social

Par ailleurs, les habitants de la haute ville de Tizi Ouzou, dont les logements remontent, pour certains, à des périodes anciennes, souhaitent aussi bénéficier de la même aide bien qu’ils se trouvent en milieu urbain. «Pour rien au monde je ne voudrais quitter mon quartier pour aller habiter une cité mais au vu de l’état de la maison de mes ancêtres, je me verrai contraint de le faire à moins que l’on m’accorde cette aide pour la retaper et continuer à y habiter».

Le P/APC de Tizi Ouzou soutient lui aussi que «si la haute ville est déclassée de l’espace cadastré, cela nous offrira plus de manœuvres dans la distribution du logement social puisque cela réduira de manière drastique la demande émanant de cette partie de la ville». À défaut, il suggère un fonds spécial destiné à la haute ville pour sa restauration et son confortement».

Rachid Hammoutène 

 

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