Derrière la progression de la production, la moue du marché

Derrière la progression de la production de la pomme de terre, la moue du marché malgré le soutien de l’État aux agriculteurs.

 Produit du quotidien, la pomme de terre reste une denrée essentielle dans l’alimentation des Algériens avec une consommation moyenne estimée à 100 kg/an. Cette quantité place l’Algérie parmi les plus gros consommateurs de ce produit à l’échelle mondiale. En Algérie, le tubercule est cultivé partout et dans certaines régions, le long de l’année (primeur, arrière-saison et ‎saison).

L’Algérie, 2e producteur de pomme de terre en Afrique

La production est concentrée au Nord, notamment Bouira, Chlef et Aïn Defla, Mascara, Mostaganem et Tiaret. D’autres wilayas sont également d’importantes zones de production, en particulier El Oued. Ces wilayas ont hissé notre pays parmi les grands producteurs de pomme de terre. L’Algérie s’est affirmée comme le 2e producteur en Afrique, juste derrière l’Égypte. Le marché mondial de la pomme de terre est estimé à 115,74 milliards de dollars en 2024 et devrait atteindre 137,46 milliards de dollars d’ici à 2029, avec une croissance projetée de 3,5% sur la période de prévision (2024-2029).

Dans notre pays et grâce aux efforts conjugués des pouvoirs publics et agriculteurs, la production a beaucoup augmenté. Elle a progressé de 2,2 millions de tonnes en 2008 à 3 millions de tonnes en 2010, et de 4,2 millions de tonnes en 2012 à 4,9 millions de tonnes en 2013, à plus de 5 millions de tonnes en 2019 et 6 millions de tonnes en 2024. Des experts estiment qu’il est possible d’augmenter encore  les rendements à l’hectare à condition d’inscrire une telle démarche dans une stratégie de sécurité alimentaire par rapport à laquelle il y a lieu de mettre en œuvre des moyens colossaux.

Intégrer les technologies agricoles avancées

Des efforts supplémentaires, à tous les niveaux, doivent être faits pour améliorer davantage les pratiques agricoles. Il est aussi important d’intégrer les technologies agricoles avancées permettant l’utilisation optimale des ressources telles que l’eau, la main-d’œuvre, les engrais et les pesticides. Objectif: réduire les coûts et renforcer la viabilité à long terme d’une exploitation.

Il va sans dire qu’avec la nouvelle politique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accordant une importance capitale à l’agriculture, les perspectives s’annoncent prometteuses. Il s’agit non seulement de produire pour le marché nationale, mais aussi et se relancer, avec un rythme plus soutenu, dans l’exportation, notamment dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En 2016, l’Algérie avait exporté 2.600 tonnes vers 16 pays dont 849 tonnes vers les Émirats arabes unis (EAU), 605 tonnes vers le Qatar et 487 tonnes vers l’Espagne.

73.000 ha consacrés à la pomme de terre

Les superficies cultivées évoluent d’une année à l’autre. Cette saison 2024-2025, 73.000 ha seront consacrés à la pomme de terre dépassant de 10.000 ha la précédente saison. Les 10.000 ha sont «ajoutés conformément aux instructions du président de la République qui voudrait augmenter la production pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen». Plus de 54.000 ha sont destinés pour la production arrière-saison 2024 dont 35.000 à El Oued. L’année dernière les superficies étaient de 51.000.

Sur un autre volet, les prix moyen du tubercule est de 100 DA le kilo. Il avait atteint  même la barre de 140 DA. Les consommateurs sont indignés par la flambée des prix, et les commerçants s’en lavent les mains.  Les agriculteurs s’alarment, comme pour justifier cette hausse des prix exorbitants de la semence et la cherté des engrais. Dans ce sillage, l’État a accordé un soutien considérable aux agriculteurs en prenant en charge 50% du coût des engrais, ainsi que des aides directes et indirectes couvrant les semences.

Plusieurs gammes de produits agroalimentaires

Il existe actuellement 2 défis auxquels la filière doit faire face: augmenter les capacités de stockage et donner un coup d’accélérateur à la transformation d’autant que l’utilisation industrielle de la pomme de terre est très diversifiée et compte plusieurs gammes de produits agroalimentaires. Après la récolte, les pommes de terre peuvent être conditionnées pour la vente directe au consommateur ou transformées pour divers produits (frites surgelées, chips, purées, etc.).

La transformation apporte de la valeur ajoutée et répond à la demande croissante des consommateurs pour des produits pratiques. Pour conclure, il est bien vrai, qu’aujourd’hui, tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes pour les agriculteurs, néanmoins, ils peuvent déjà compter sur le soutien de l’État et les engagements clairs et sincères du président de la République, à savoir d’être toujours et pour toujours aux côtés des  travailleurs de la terre.

Amokrane Hamiche

 

 

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