Hommage à Mouloud Achour

Feu Mouloud Achour a reçu un bel hommage, samedi matin au niveau de l’espace Mohia de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou
L’hommage à cet homme de lettres et de culture, emporté par la Covid 19 le 20 décembre 2020 à l’âge de 76 ans (né le 19 mars 1944), a eu lieu en présence des siens et de ses amis, à l’occasion de la tenue de la 13ème édition du salon Djurdjura du livre qui lui est dédiée.
Des témoignages poignants
Modéré par Hacène Halouane, enseignant universitaire et chercheur, cet hommage a été marqué par des haltes de mémoire et des témoignages tout aussi émouvants et puissants les uns que les autres parmi les journalistes et hommes de culture qui avaient connu et avaient partagé des choses et souvenirs avec le défunt. Comme le dira le modérateur « le prénom Mouloud semble prédestiné à l’écriture et à la littérature » en citant Mammeri, Féraoun et Gaid. Mouloud Achour aimait lire et écrire.
Une passion de l’écriture et de la littérature qui changea même le cours de sa vie lui qui était destiné à faire du droit après l’obtention de son BAC en 1962 en tronquant ses études de droit pour celles de l’enseignement en rejoignant la prestigieuse école normale supérieure d’où il est sorti professeur de langue française. «Mouloud Achour est avant tout un digne fils de l’Algérie profonde. Il était un véritable pédagogue tant avec ses élèves en tant que professeur qu’avec tous les journalistes qu’il a eu à former ou les auteurs qu’il orientait », dira un des intervenants qui a aussi rappelé que « quelque part, il était le mentor de Yasmina Khadra qu’il avait comme élève du temps où le défunt enseignait dans les années 1970 au sein de l’École des cadets de Koléa ».
La passion de l’écriture changea le cours de sa vie
Abrous Outoudert, ex directeur de « Liberté », est revenu sur les premiers instants où il avait rencontré le défunt à la Fac d’Alger dont il ne s’était jamais séparé jusqu’à le faire venir au journal Liberté. Il témoignera de la simplicité de l’homme et surtout de sa passion et son amour pour sa famille « Mouloud avait deux passions: l’écriture et sa famille qui passait avant tout autre chose ». Et de conclure :« il avait le verbe et la verve ». Mohamed Haouchine, de la chaîne 3, avait rappelé les qualités humaines et professionnelles du défunt. Idem pour Samir Leslous, neveu de Mouloud Achour, journaliste à « Algérie d’Aujourd’hui » qui dira « il m’avait inoculé la passion du journalisme ».
Mériem Guemache, écrivaine, pour sa part, se rappelle comment il l’avait orientée dans l’écriture de sa première nouvelle « La demoiselle du métro ». Quant à la directrice des éditions Casbah, elle a eu du mal à retenir ses larmes en évoquant les moments vécus avec le défunt du temps où ce dernier collaborait avec cette maison d’édition. Enfin, Nabila Gouméziane, la directrice locale de la culture et des arts, a tenu à remercier « toutes et tous ceux qui ont participé à cet hommage et surtout à tout son personnel qui a travaillé sans relâche pour sa réussite et celle du salon Djurdjura du Livre. Pour conclure, il a été suggéré à la même directrice d’accorder une place particulière à Mouloud Achour en baptisant une bibliothèque au nom de Mouloud Achour avant qu’un portrait du défunt réalisé par un élève de l’école des beaux arts d’Azazga ne soit remis à sa famille.
Rachid Hammoutène