«Au-dessus d’Alger, seulement les étoiles» d’Adib Benazzi

«Au-dessus d’Alger, seulement les étoiles» d’Adib Benazzi, est présenté, récemment, à la librairie l’Arbre à dire de Hydra (Alger). L’œuvre est qualifiée d’«une odyssée des temps modernes».

La librairie l’Arbre à dire de Hydra (Alger) organise, régulièrement, des rencontres qui mettent à l’honneur des écrivains. Samedi dernier, ce fut au tour d’Adib Benazzi de présenter devant un public, curieux et attentif, son deuxième ouvrage, publié en novembre dernier par les éditions Barzakh.

Un thriller algérien haletant

2 heures durant, Selma Hellal, éditrice et cofondatrice de Barzakh, a modéré la rencontre en posant des questions à l’auteur qui est revenu, petit à petit, sur la construction et l’intrigue de son roman. Son récit, décrit comme une «odyssée des temps modernes», est, en fait, un thriller haletant qui mène le lecteur dans les pérégrinations de Djalal. Ce héros pilote de ligne mal dans sa peau, tourmenté par la vie et en recherche de lui-même, décide de mener sa propre enquête suite au meurtre survenu, en janvier 2016, à la cité Malki (Alger). ́

La décision l’entraînera dans un tourbillon d’intrigues, où chaque piste semble plus trompeuse que la précédente. Entre rebondissements et suspense, le récit maintient le lecteur dans un état de tension constante. «La narration est si immersive que l’on a l’impression d’être suspendu au bord d’une falaise», a souligné l’éditrice. Dans les 300 pages de son 2e roman, Benazzi entreprend un voyage dans le temps et l’espace. Il transporte le lecteur d’abord, en 1785, à l’époque de la régence d’Alger, où il évoque le dey Mohammed Ben Othman puis avance dans les années 1970 avant de s’arrêter en 2016.

«L’Histoire façonne l’être humain»

Le voyage dans le temps est parallèlement accompagné d’un périple topographique. «Pour moi, l’Histoire façonne l’être humain. Le voyage dans le temps et géographique s’impose naturellement dans ce récit. Il reflète la richesse et la complexité des interactions entre les cultures, car ces mélanges au-delà des frontières sont imbriqués de manière inexplicable», a expliqué le romancier.

L’auteur emmène le lecteur en Algérie, au Kazakhstan, en Inde, au Royaume Uni, en Afrique du Sud, en Allemagne et jusqu’aux États Unis. Chacune de ces destinations, telles des étapes d’un fil conducteur, dévoile une partie de l’intrigue et guide le lecteur dans une exploration profonde de la psyché du héros. Ce dernier, confronté à ses propres traumatismes, entraîne le lecteur dans une réflexion sur le poids du passé et les cicatrices laissées par les blessures non résolues de son enfance. Dans un style soigneusement travaillé accompagné d’une écriture poétique, l’auteur dépeint les événements avec un sens du détail prononcé.

La photographie et la musique universelle, des touches subtiles

Également photographe, Benazzi estime que la photographie lui permet d’aller dans le détail et s’attarder sur des éléments souvent négligés. «J’ai besoin de visualiser pour écrire, souvent ce sont mes photographies qui m’aident à m’approfondir dans le détail», a-t-il expliqué.

Un autre élément artistique est également omniprésent: la musique universelle nappe les événements en apportant une dimension sonore et émotionnelle aux situations décrites. Subtilement intégrée dans l’intrigue, elle vient renforcer le ton et l’intensité des moments clés. Le thriller algérien semble avoir trouvé la voie et une voix.

Souha Bahamid

 

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