L’État prend les devants

L’État prend les devants. L’importance des stocks de sécurité et l’élargissement des capacités de stockage des vivres ne sont plus à démontrer.
Opérateurs, experts et consommateurs sont tous unanimes à mettre en évidence l’intérêt stratégique de cette approche intéressante à plus d’un titre. Il s’agit d’une part de faire face aux périodes de soudure et, d’autre part, de se donner des opportunités de marchés dans les zones excédentaires. Le gouvernement a pris les devants en lançant un certain nombre d’initiatives visant la construction d’entrepôts susceptibles d’accueillir la production pour en faire des stocks de sécurité.
Un programme national de renforcement des capacités de stockage des céréales pour atteindre 9 millions de tonnes avant fin 2025 est lancée l’année dernière. Celui-ci s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant le développement du secteur de l’agriculture. Le programme consiste en la réalisation de 350 centres de proximité de stockage de céréales à l’échelle nationale, d’une capacité de 50.000 à 70.000 q, de 36 silos de stockage de céréales d’une capacité de 250.000 q par unité de stockage, en sus de la relance de 16 silos, gelés depuis 2016.
Sarpa, Onilev, Onab et autres…
Placée sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, la Société algérienne de régulation des produits agricoles (SARPA) fut créée en vue de réguler la production pour «approvisionner le marché en produits agricoles de large consommation dont les légumes et les fruits stockables, tout en orientant l’excédent vers l’exportation en coordination avec le ministère du Commerce». Et déjà à son actif plusieurs opérations de stockage et déstockage. L’entreprise avait procédé récemment au déstockage de quantités importantes de pomme de terre pour stabiliser le marché. Elle en avait constitué un stock de 35.000 tonnes. Il en est de même pour les viandes blanches.
La même société avait décidé, en août dernier, de l’opération de déstockage de 8.000 tonnes de viande congelée importée. L’Office national de l’aliment de bétail (ONAB) a, de son côté, mus sur le marché une quantité de 3.200 tonnes. «SARPA est constamment à l’écoute du marché et reste mobilisée en cas de constatation de surproduction ou de carence, en utilisant les mécanismes de régulation des produits de large consommation mis en place par le ministère de l’Agriculture», nous a indiqué, l’année dernière, son directeur général, Abderrahmane Boumahdi. Et de citer la constitution des stocks en cas de surproduction pour les injecter ensuite dans le marché durant les périodes de soudure ainsi que la régulation du marché par la mise en place d’un programme d’importation pour combler le déficit enregistré sur certains produits.
Disponibilité et régulation du marché
SARPA n’est pas seule sur le terrain. L’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (ONILEV) avait procédé, en avril dernier, au déstockage de 15.000 tonnes de pomme de terre destinées à la consommation, en vue de garantir la disponibilité de ce produit de base et d’en réguler les prix. L’Office avait a procédé, en mars 2024, au déstockage de 7.000 tonnes d’oignon sec et 1.400 tonnes d’ail sec. Le même organisme avait également lancé, la même année, une nouvelle opération de déstockage de 6.500 tonnes d’oignon sec.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Youcef Cherfa, a présidé, lundi dernier, la cérémonie de signature d’une convention cadre pour renforcer l’approvisionnement du marché en viandes blanches et garantir la disponibilité du produit durant le mois de Ramadhan. La convention a été signée entre le Groupe des industries agroalimentaires et logistiques (AGROLOG), la Fédération nationale des aviculteurs (FNAV) et la Caisse nationale de mutualité agricole (CNMA).
Constituer les stocks de sécurité
En plus de garantir l’approvisionnement du marché en produits agricoles de large consommation, la convention vise à «constituer un stock de viandes blanches en coordination avec les parties concernées, en l’occurrence les aviculteurs (particuliers ou organisés en coopératives), les entreprises relevant du Groupe AGROLOG, l’Office national des aliments de bétail (ONAB) (à travers ses filiales), outre la Société algérienne de régulation des produits agricoles (SARPA) et la Société entrepôts frigorifiques de la Méditerranée Frigomedit».
La stratégie de l’État visant le renforcement des capacités des stockages et la constitution des stocks de sécurité a été payante à bien des égards avec une stabilité des prix et une disponibilité relative des produits agricoles durant les périodes creuses ou durant le mois de Ramadhan où la consommation alimentaire des foyers augmente pendant cette période. D’aucuns se demandent quelle serait la situation du marché, si ces programmes de stockage et de déstockage n’existaient pas?
Amokrane H.