Hausse substantielle de la production d’agrumes
Orange, citron, mandarine…les agrumes envahissent le marché à des prix variés, au grand bonheur des consommateurs.
La production d’agrumes va crescendo au fil des années et es perspectives s’annoncent prometteuses d’autant que la hausse a avoisiné le 1 million de quintal.
18 millions de quintaux cette saison
«La production d’agrumes avoisinerait cette saison les 18 millions de quintaux», annonce le président du Conseil interprofessionnel des agrumes (CNIF/Agrumes), Mohamed Nadji. Selon lui, cette hausse du volume est due à de nombreux facteurs. Il s’agit notamment de l’évolution graduelle de la superficie agrumicole, de la prise en charge des maladies qui attaquent les agrumes et le recours au système d’irrigation goutte à goutte qui permet à 80% des agriculteurs d’obtenir de meilleurs rendements tout en économisant l’eau, les engrais et l’énergie.
Le responsable n’a pas omis de mettre en avant le soutien des pouvoirs publics dans la réalisation des forages hydrauliques, le soutien des prix des engrais et autres équipements d’irrigation. Il a aussi mis en avant la contribution du Conseil en organisant des séminaires et sessions de formation au profit des agriculteurs pour découvrir de nouvelles techniques innovantes, rappelant dans ce sens l’organisation, les 3 et 4 décembre 2024 d’un colloque international dans la wilaya de Chlef . Il a ajouté que le Conseil est en contact permanent avec les instituts de recherche agricole pour faire circuler les connaissances et œuvrer en faveur d’un développement cohérent et durable de la filière.
Ecoulement difficile de la production
Concernant les préoccupations des producteurs quant à l’écoulement difficile de la production, Mohamed Nadji a fait savoir qu’il a tiré la sonnette d’alarme dés 2011 sur les conséquences de la surproduction. Selon lui, pour faire face aux problèmes de surproduction, il est nécessaire de maîtriser le circuit de commercialisation. «Les agriculteurs ont bénéficié de nombreuses mesures d’incitation à la production décidées par l’Etat. Ils ont répondu aux attentes avec une production abondante et des prix raisonnables. Notre mission s’arrête là, la commercialisation n’est pas de notre ressort», tranche-t-il.
Le produit algérien fortement demandé à l’échelle mondiale
Mohamed Nadji a insisté à ce que cela ne se fasse pas au détriment des agriculteurs. Autrement dit, « ces derniers ne doivent pas vendre à perte». «Nous ne cherchons pas à faire porter le chapeau au ministère du Commerce, mais ce dernier doit nous accompagner dans la commercialisation», a-t-il plaidé. Selon lui, l’une des solutions préconisées, en plus de la transformation, est l’exportation notamment vers les pays africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a assuré que le produit algérien est fortement demandé à l’échelle mondiale pour notamment son goût.
Si aujourd’hui l’objectif consiste pour tout producteur à obtenir une récolte à rendement élevé et de qualité, quels sont les facteurs agronomiques susceptibles d’influencer ces paramètres ? Président de l’Association professionnelle agricole des agrumiculteurs de la wilaya d’Alger (APAAWA) et membre du CNIFA/Agrumes, Ali Salem a insisté sur l’importance d’aider les producteurs dans le respect de l’itinéraire technique de la culture pour améliorer les rendements. Il a également ajouté que la filière a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée. Il a aussi mis en avant l’importance d’améliorer la fertilisation des sols. Selon lui, les engrais permettent de stimuler la croissance afin que le rendement de la culture soit optimal, signalant que les périodes prolongées de stress hydrique constituent une menace pour les vergers d’agrumes qui ont besoin d’importantes quantités d’eau.
Amokrane H.