Entrepreneuriat féminin, une progression continue

L’Entrepreneuriat féminin est en progression continue dans la sphère économique. Plus de 71% des projets enregistrés en Algérie sont féminins.

Ce n’est pas un slogan. Les femmes sont de plus en plus impliquées dans la vie économique car le nombre d’entrepreneures ne cesse d’augmenter. Selon des chiffres publiés par l’Office national des statistiques (ONS), le nombre de celles qui sont inscrites au registre du commerce en 2023 a atteint 41%, 52% dans le commerce et 50% dans l’hébergement et la restauration.

Les Algériennes, vecteur du développement et de croissance

Les femmes sont aussi présentes dans le tissu industriel, la microentreprise et les start up. Les Algériennes, considérées comme un important vecteur du développement et de la croissance économiques, intègrent, à la faveur des politiques publiques, le monde de l’entrepreneuriat. En la matière, les perspectives sont de plus en plus encourageantes.

Le Centre national d’études d’information et de documentation sur la famille, la femme et l’enfance (CNEIDFFE), sous la tutelle du ministère de la Solidarité nationale, en collaboration avec le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), et l’Université d’Alger 2 «Abou El Kacem Saâd Allah», explore, depuis l’automne dernier, de nouveaux mécanismes permettant de renforcer la contribution de la femme à l’investissement et de définir les nouveaux enjeux, en vue de lui permettre d’accéder au monde de l’entrepreneuriat.

Les différents dispositifs d’aide à l’entrepreneuriat féminin

La nouvelle ministre de la Solidarité, Mme Mouloudji, entend bien mettre en place les outils permettant de renforcer le rôle économique de la femme. Il s’agit, entre autres, de «l’encouragement des femmes au foyer et des femmes rurales à adhérer au processus de production nationale via les différents mécanismes, en bénéficiant des divers services offerts par les organes de l’État en matière de soutien et d’accompagnement des petites entreprises et de l’entrepreneuriat féminin, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune».

Beaucoup d’efforts ont été consentis par l’État en matière d’emploi de la femme et de son autonomisation économique. D’abord à travers une politique d’emploi qui repose sur la parité et l’égalité des chances pour tous et, par la suite, celle des salaires.

Aussi bien que les hommes, les femmes bénéficient des mêmes chances d’accès aux programmes et de mécanismes nationaux relatifs au financement des start up et des microentreprises, par le biais, notamment, de l’Agence nationale de l’auto-entrepreneur (ANAE) et les incubateurs universitaires. L’entrepreneuriat leur ouvre aussi les portes à travers l’ANADE, ANGEM et autres mécanismes d’encouragement, de soutien et d’accompagnement à la création d’entreprises.

Plus de 72% sont concentrées sur 3 secteurs d’activité

La présence remarquable de la femme dans tous les domaines sociaux et économiques, à travers les œuvres de recherche, l’entrepreneuriat et la participation à la création de la richesse, a été saluée par le directeur du CREAD, Ahmed Zekane, lors de la dernière conférence consacrée à l’entrepreneuriat féminin. En réalité, les Algériennes sont présentes dans tous les domaines, dans l’agriculture où elles ont développé des entreprises, ou dans l’artisanat où elles ont créé des microentreprises à partir de métiers traditionnels.

Selon une étude publiée en 2024 sur «les déterminants de la décision entrepreneuriale des femmes, cas des secteurs de l’artisanat et des services, «les données de l’ANADE (ex-ANSEJ) et celles de la CNAC montrent que l’entrepreneuriat féminin en Algérie est concentré essentiellement sur quelques secteurs uniquement». En effet, souligne la même source, «sur le total des aides octroyées aux femmes par ces 2 dispositifs, plus de 72% sont concentrées sur 3 secteurs d’activité (services, artisanat et industrie)».

Plus de 71% des projets enregistrés sont féminins

La concentration sectorielle de l’activité féminine est valable aussi pour les projets financés dans le cadre du dispositif ANGEM. Ainsi, selon les statistiques de cet organisme, 63,43% des prêts octroyés reviennent exclusivement aux femmes, dont 39,58% sont dans la petite industrie et 19,78% qui relèvent des services.

D’autres études envisagent une importante progression de l’entrepreneuriat féminin, en raison des encouragements dont il bénéficie et, surtout, de l’évolution socio-économique de la femme due, essentiellement, à l’accès à la scolarité et la réussite de la gente féminine dans les différents cursus universitaires. Les statistiques annoncées par l’incubateur de l’Université d’Oran 1 illustrent le développement de l’entrepreneuriat féminin. Les projets initiés par les femmes représentent, dans notre pays, plus de 71% des projets enregistrés.

Said Rabia

 

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