L’État maintient son bouclier protecteur en 2025

L’État maintient son bouclier protecteur en 2025. Des mesures permettront d’alléger le panier de la ménagère, des subventions ciblées et des augmentations pour la rationalisation de la consommation.
Les Algériens peuvent souffler en ce début d’année 2025. La nouvelle loi de finances, entrée en vigueur le 1e janvier dernier, apporte son lot de bonnes nouvelles, particulièrement sur le front des produits de première nécessité. L’État maintient en effet un bouclier protecteur considérable sur les denrées essentielles, avec des subventions massives atteignant 5.928,18 milliards DA.
Des mesures fiscales et parafiscales allégent le panier de la ménagère
Premier motif de satisfaction concerne les produits alimentaires de base. Les viandes blanches congelées bénéficient d’une exonération temporaire de TVA, tout comme les légumineuses, le riz, les fruits et légumes frais, les œufs et les volailles produites localement. Cette mesure vise directement à alléger le panier de la ménagère. Dans la même veine, l’huile brute, la graine de soja et le café profitent de réductions substantielles des droits de douane ou d’exonérations de TVA, une décision destinée à stabiliser les prix de ces produits stratégiques.
Le soutien des pouvoirs publics se matérialise également par des subventions importantes. Pas moins de 348,96 milliards DA sont consacrés pour les céréales, 100 milliards DA pour le lait, 88 milliards DA pour l’eau dessalée, et 23 milliards DA pour l’énergie. Un budget spécial de 100 milliards DA est par ailleurs sanctuarisé pour maintenir les prix du sucre et de l’huile à des niveaux accessibles.
La Banque mondiale salue la politique sociale en l’Algérie
La Banque Mondiale salue d’ailleurs cette politique sociale volontariste qui permet à l’Algérie de maintenir des prix plus abordables que la moyenne mondiale, malgré un contexte international inflationniste. Cette orientation se traduit par un déficit budgétaire assumé, l’État privilégiant la préservation du pouvoir d’achat des citoyens.
Les perspectives économiques pour 2025 s’annoncent plutôt favorables, avec une croissance projetée à 4,5%. Les recettes budgétaires devraient progresser de 3,5% pour atteindre 8.523,06 milliards DA, tandis que les dépenses budgétaires augmenteront de 9,9% à 16.794,61 milliards DA. Ces prévisions s’appuient sur un prix de référence du pétrole à 60 dollars le baril, avec un prix de marché estimé à 70 dollars.
Augmentation des factures via un droit fixe modulé selon la consommation
Cependant, certains postes de dépenses vont connaître des hausses notables. Les clients de la SONELGAZ verront leur facture d’électricité augmenter via un nouveau droit fixe, modulé selon la consommation, soit 25 DA supplémentaires pour une consommation entre 70 et 190 kilowattheures, 100 DA pour 190 à 390 kilowattheures, et 200 DA au-delà de 390 kilowattheures.
Les automobilistes devront également composer avec une augmentation de 30% des tarifs d’assurance, appliquée en 2 temps, à savoir 15% en janvier et 15% en juillet 2025. Les produits importés subiront quant à eux l’impact de la hausse de la taxe de solidarité, qui passe de 2% à 3%. Enfin, le secteur de la publicité verra la taxe sur son chiffre d’affaires doubler, passant de 1% à 2%.
Cette politique budgétaire 2025 illustre parfaitement la complexité de l’exercice d’équilibriste auquel se livre le gouvernement. D’un côté, les autorités doivent composer avec les réalités économiques internationales, notamment l’inflation mondiale et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, tout en préservant les finances publiques. De l’autre, elles doivent protéger et améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, comme l’a ordonné le président de la République Abdelmadjid Tebboune.
Hausses de taxes des produits non-essentiels et la consommation élevée
Cette recherche d’équilibre se manifeste à travers une approche différenciée: les augmentations de taxes et de tarifs ciblent principalement les produits non essentiels ou les consommations élevées (comme l’électricité au-delà de certains seuils), tandis que les produits de première nécessité bénéficient d’un bouclier protecteur renforcé. Une stratégie qui vise à générer des recettes supplémentaires, tout en minimisant l’impact sur les couches les plus vulnérables de la société.
La politique de subventions ciblées témoigne également de cette volonté d’optimisation des ressources publiques. En concentrant les aides sur les produits stratégiques (céréales, lait, huile, sucre), l’État cherche à maximiser l’efficacité de son intervention, tout en maintenant un filet de sécurité sociale indispensable. L’approche, saluée par les institutions internationales, permet à notre pays de maintenir le bien-être sociale tout en poursuivant ses efforts de modernisation économique.
Lyes Mechti