Présidence algérienne du CS, un engagement sur tous les fronts

La présidence algérienne du CS a été un engagement sur tous les fronts du 2 janvier jusqu’à vendredi lorsque son mandat s’achève pour laisser place à la Chine.
La Chine lui succède. L’heure est donc, pour la mission diplomatique algérienne, au bilan. Certes tout un chacun est libre d’établir ou d’apprécier l’apport du team Bendjama au travail accompli par l’organe onusien durant ce mois passé, toutefois, force est de relever, en toute objectivité, que cette présidence a été pleine comme promis par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, et du représentant de l’Algérie aux Nations unies, Amar Bendjama lorsqu’ils se sont présentés devant les médias pour décliner les priorités de l’Algérie.
«L’Algérie ne renoncera jamais à la Palestine»
L’ambassadeur Bendjama avait ainsi annoncé, lors d’une conférence de presse au siège des Nations unies, que la situation en Palestine, la lutte antiterroriste en Afrique et la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes seront les thématiques phares de la présidence de l’Algérie du Conseil de sécurité.
Faisant sienne la déclaration du président Tebboune: «l’Algérie ne renoncera jamais à la Palestine», la mission diplomatique algérienne a tenu cet engagement en programmant, dès le 3 janvier, une réunion sur les attaques de l’entité sioniste contre les établissements de santé à Ghaza. Plus de 2 semaines plus tard, le 20 janvier, le Conseil de sécurité, sous la présidence algérienne, a tenu sa réunion trimestrielle sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.
Réunion pour laquelle Ahmed Attaf a fait le déplacement au siège de l’ONU à New York. Et parce que la situation à Ghaza est, depuis le 1e janvier 2024, date du début du mandat de l’Algérie au Conseil de sécurité comme membre non permanent, une priorité absolue, le 28 janvier dernier, elle a convoqué une autre séance sur l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de la Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Au cours de cette séance, l’ambassadeur Bendjama a réaffirmé la nécessité de préserver la présence de cette agence menacée d’une suspension de ses activités dans les territoires occupés suite à une mesure prise par l’occupant.
Le monde arabe en avant
L’Algérie a tenu également, au cours de sa présidence, à mettre la lumière sur la Syrie et la situation qui prévaut dans ce pays. Après une 1e réunion ordinaire tenue le 8 janvier sur les développements politiques et humanitaires, l’Algérie a convoqué ce 30 janvier une autre seconde réunion de consultations à huis clos.
Concernant la situation au Liban, l’Algérie a réaffirmé la nécessité d’une concertation entre la Ligue des États arabes et les Nations unies afin de mettre ce pays frère à l’abri des troubles dont il a souffert ces dernières an
nées. Sur la situation en Libye, objet d’une adoption le 15 janvier, le représentant permanent de l’Algérie s’est dit préoccupé par la durée de la crise, situation qu’il a imputée à des interférences étrangères «qui doivent cesser».
Il a plaidé pour une complémentarité des efforts régionaux et internationaux de stabilisation, avant de souligner l’importance d’un processus politique dirigé et contrôlé par les Libyens. Bendjama a aussi déclaré que le régime des sanctions en Libye ne doit pas être un outil punitif mais participer à la promotion de la paix.
L’Algérie a réussi à arracher un accord historique permettant à l’Autorité libyenne d’investissement de réinvestir les avoirs libyens gelés dans les institutions financières internationales. Les efforts algériens ont également donné lieu à une autre décision obligeant le Comité des sanctions sur la Libye à informer les autorités de ce pays, à l’avenir, de toutes les correspondances relatives aux avoirs gelés, permettant ainsi à la Libye de suivre avec précision et clarté le sort de ses fonds.
Pour le Yémen, l’Algérie, dans le cadre du Groupe A3+, a appelé à la cessation des interventions militaires qui compromettent les efforts de paix et de sécurité, exprimant son soutien à un processus politique conduit par les Yéménites sous l’égide des Nations unies pour parvenir à une paix et une stabilité durables dans ce pays.
Ces succès reflètent l’engagement pris par l’Algérie de se faire le porte-voix dans la défense des droits et intérêts des pays frères et en faveur de leur juste cause, illustrant une nouvelle fois la capacité de la diplomatie algérienne à réaliser des acquis tangibles sur des dossiers sensibles. Pour couronner cette volonté de mettre les intérêts du monde arabe en avant, la coopération entre l’ONU et la Ligue des États arabes a été au menu de la réunion du 23 janvier.
La lutte contre le terrorisme, l’autre bataille
L’histoire retiendra aussi que la présidence algérienne a été marquée par l’adoption par le Comité de lutte contre le terrorisme du Conseil de sécurité d’un ensemble de lignes directrices désormais connues sous le nom de «Principes directeurs de l’Algérie» et dans le sillage du débat public, également présidé par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, sur la lutte contre le terrorisme en Afrique qui a eu lieu le 21 janvier.
Résultat d’un processus de négociations intenses d’une année entière, sous la présidence algérienne du Comité contre le terrorisme, cette réalisation diplomatique majeure «établit un nouveau cadre international pour faire face aux défis posés par l’évolution rapide des technologies» dans le financement du terrorisme.
Il constitue par ailleurs «un héritage tangible» du mandat de l’Algérie, «marquant ainsi une contribution
historique à la paix et à la sécurité internationales». «Nous avons vécu le pire terrorisme qui soit», avait tenu à rappeler l’ambassadeur Bendjama. L’Algérie, l’un des rares pays à avoir vaincu le terrorisme, n’a ainsi d’autre
prétention que celle partager son «amère» expérience avec ses «pays frères africains» afin de les aider à vaincre le terrorisme dans le respect de leurs spécificités, a tenu à préciser le représentant de l’Algérie à l’ONU.
«les Principes directeurs de l’Algérie»
Lors du débat, Ahmed Attaf a affirmé dans son allocution que «les Principes directeurs de l’Algérie» visent principalement à mettre en lumière la problématique mise en avant et qui consiste à mettre en garde contre la mutation enregistrée dans le mode opératoire des groupes terroristes. Et au chef de la diplomatie algérienne de souligner la dangerosité du phénomène.
«Nous parlons de groupes terroristes qui ont développé les méthodes de financement de leurs activités, en ce sens qu’ils ne comptent plus seulement sur le crime organisé, la migration clandestine, la traite d’êtres humains et les enlèvements pour demander des rançons, mais ont désormais recours aux nouvelles technologies et aux innovations financières, qui rendent difficile la détection de leurs activités».
Ce bilan de la présidence algérienne du Conseil de sécurité durant ce mois de janvier qui s’est achevé vendredi est loin d’être exhaustif. Il confirme néanmoins le retour remarqué de la diplomatie algérienne sur la scène internationale sous la conduite du président de la République, déterminé, depuis son élection à la tête du pays en 2019, à redonner à l’Algérie sa place de choix dans le concert des Nations tout en défendant les causes justes dans le monde et en portant la voix des peuples rendus inaudibles.
Nadia Kerraz