Une journée d’étude algéro-italienne à Alger

Une journée d’étude algéro-italienne à Alger. L’événement a rassemblé au Palais de la Culture «Moufdi Zakaria» des experts, des chercheurs et des responsables des 2 pays.
Le ministre de la Culture et des Arts, Zouhir Ballalou, a inauguré, en compagnie de son homologue italien Alessandro Giuli, jeudi dernier, une journée d’étude consacrée à la valorisation du patrimoine culturel.
L’événement a rassemblé au Palais de la Culture « Moufdi Zakaria » à Alger des experts, des chercheurs et des responsables des 2 pays. Il a permis de mettre en lumière les multiples opportunités qu’offre la coopération algéro-italienne dans ce domaine, tout en abordant des projets concrets visant la préservation, la restauration et la promotion des richesses historiques et culturelles partagées.
Dans une allocution, Ballalou a salué la profondeur des relations culturelles entre l’Algérie et l’Italie, décrivant ces liens comme un exemple de coopération bilatérale fructueuse. Le ministre a rappelé que ces relations, qui s’appuient sur un riche héritage historique commun, se renforcent continuellement grâce à des projets concrets et ambitieux. Il a souligné que cette journée d’étude constitue une plateforme précieuse pour échanger des idées, partager des expériences et élaborer des stratégies innovantes afin de préserver un patrimoine culturel souvent menacé par le temps, les conflits et les défis environnementaux. «Ce type de rencontre permet de consolider les acquis et d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration, en particulier dans les domaines de la conservation, de la recherche archéologique et de la restauration des monuments historiques», a-t-il déclaré.
Histoire commune et passion partagée

Alessandro Giuli a insisté sur l’importance de la journée, qui marque une nouvelle étape dans le partenariat culturel. Il a exprimé la volonté de l’Italie de soutenir activement les efforts de l’Algérie pour préserver et valoriser son patrimoine, qu’il a qualifié de « trésor inestimable». Le ministre a également souligné que la coopération ne se limite pas à des échanges techniques ou scientifiques, mais constitue un véritable pont entre les peuples, permettant de renforcer la compréhension mutuelle et de célébrer les valeurs partagées. «L’Italie et l’Algérie sont liées par une histoire commune et une passion partagée pour l’art et le patrimoine. La journée montre à quel point nos deux pays peuvent travailler ensemble pour protéger et promouvoir cet héritage exceptionnel», a-t-il affirmé.
Les travaux de la journée ont été marqués par une série de présentations animées par des experts algériens et italiens, qui ont mis en avant des exemples concrets de coopération. Parmi les interventions les plus remarquées figuraient celles portant sur la protection du patrimoine romain, un domaine dans lequel l’Italie dispose d’une expertise reconnue mondialement, et sur l’expérience algérienne en matière de valorisation des sites historiques. Les participants ont également discuté de projets communs, tels que la carte archéologique de l’est algérien, réalisée en partenariat entre le Centre national de recherche en archéologie et l’Université de Trente, ainsi que sur les initiatives de conservation menées dans la région de Tadrart à Djanet, en collaboration avec l’Université Sapienza de Rome.
Des projets de numérisation et de scénographie
L’autre point fort a été la présentation des résultats de la collaboration entre l’École supérieure de conservation et de restauration des biens culturels d’Algérie et l’Institut central de restauration de Rome. Ce partenariat, qui met l’accent sur la formation des professionnels du patrimoine, a permis de développer des compétences locales en matière de restauration et de gestion des sites historiques. Les participants ont mis l’accent sur des projets de numérisation et de scénographie muséale, qui offrent des opportunités innovantes pour préserver et valoriser le patrimoine dans un monde de plus en plus numérique.
En marge des discussions, les 2 ministres ont réaffirmé leur engagement à inscrire cette coopération culturelle dans une perspective durable. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités locales, notamment à travers des programmes de formation et des échanges d’expertise, tout en développant des partenariats stratégiques avec les institutions culturelles des deux pays. Pour Zouhir Ballalou : «L’Algérie est déterminée à tirer parti de ce partenariat pour protéger son patrimoine, qui constitue une partie intégrante de son identité nationale. La collaboration avec l’Italie, riche de son expérience et de son savoir-faire, est une opportunité unique de réaliser ces objectifs».
La journée d’étude a également été l’occasion de réfléchir aux défis auxquels sont confrontées les deux nations dans la préservation de leur patrimoine culturel. Les participants ont discuté des menaces liées aux changements climatiques, à l’urbanisation rapide et au manque de ressources, tout en proposant des solutions innovantes pour y faire face. Les discussions ont mis en avant la nécessité d’une approche multidisciplinaire, combinant les sciences humaines, les technologies modernes et les politiques publiques pour garantir une gestion efficace et durable du patrimoine.
Les ministres ont exprimé leur satisfaction quant aux résultats de la journée, qui, selon eux, a permis «de renforcer les bases de la coopération entre l’Algérie et l’Italie». Ils ont convenu de poursuivre les efforts pour développer de nouveaux projets dans les domaines du patrimoine, de la musique, du théâtre et des arts visuels, tout en mettant l’accent sur l’échange d’expertise et le transfert de connaissances. «L’art et le patrimoine sont des outils puissants pour rapprocher les peuples et promouvoir la paix», a lancé, en conclusion, le ministre italien.
Walid Souahi