«L’entrepreneuriat féminin est promis à un bel avenir»

«L’entrepreneuriat féminin est promis à un bel avenir», affirme Chahrazad Saâdi, présidente de l’association SEVE.
L’Association des femmes algériennes chefs d’entreprise (SEVE) œuvre à la propulsion du secteur de l’entrepreneuriat en assurant un accompagnement multiforme au profit des femmes entrepreneures et des jeunes porteuses de projet.
60% des universitaires sont issues de filières économiques
La présidente de SEVE, Chahrazad Saâdi, revient en détail sur les actions de l’association et se dit très optimiste quant à l’avenir de l’entrepreneuriat féminin. «L’entrepreneuriat féminin est en évolution exponentielle en Algérie au fait que 60% des universitaires sont des femmes issues de filières économiques. Ce qui a contribué significativement à l’essor du secteur de l’entrepreneuriat féminin. Aussi, parmi les raisons de cet essor, les dispositifs mis en place par l’État, tels que l’ANGEM (Agence nationale de gestion du microcrédit) qui répond, entre autres, aux demandes et aux aspirations des femmes rurales artisanes et femmes entrepreneures», précise l’interlocutrice.
En ce sens, Mme Saâdi revient sur les contraintes rencontrées par certaines femmes entrepreneures. «La principale contrainte que pourrait rencontrer une femme en exerçant une activité dans le domaine de l’entrepreneuriat étant les normes sociales et culturelles, à savoir la mentalité défavorisant le travail de la femme et par ricochet la prospérité de l’entrepreneuriat féminin, il est vrai que depuis quelques années l’on sent un changement, et les mentalités ont évolué au sein de la société algérienne, notamment dans certaines régions conservatrices, mais certains milieux familiaux restent hostiles au travail de la femme», fait-elle constater.
Parer au manque d’éducation financière
L’autre contrainte à laquelle une femme entrepreneure pourrait faire face est l’accès au financement. «Dans la plupart des cas rencontrés, la problématique du financement s’explique par un manque d’éducation financière constaté chez les porteuses de projet et même chez les entrepreneures», précise Mme Saâdi. Et pour parer à ces insuffisances, l’association SEVE propose à ses membres des sessions de formation en rapport avec le financement à l’effet de leur permettre, au terme de leur formation, de se construire, de mieux maîtriser leur projet et, ainsi, de pouvoir convaincre le banquier de leur projet», explique la présidente de l’association.
Dans ce sillage, l’interlocutrice met l’accent sur l’aspect lié à la communication. «Dans nos formations, nous jugeons que c’est essentiel de mener un travail sur son profil à même de pouvoir communiquer et convaincre l’autre de son projet», appuie-t-elle.
Dans le même ordre d’idée, la même responsable cite la garantie qui pourrait constituer un frein pour certaines entrepreneures. «Beaucoup de femmes buttent contre le problème de garantie, car elles n’ont pas de biens à hypothéquer. Dans ce cas-là, on les oriente vers le Fonds de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises (FGAR). Et en vertu d’une convention conclue en 2019 avec ce dispositif, nos entrepreneures bénéficient de ces garanties qui répondent à leurs problématiques après étude de leur projet à mettre sur pied», fait-elle savoir. Selon Mme Saâdi, le travail d’accompagnement assuré par l’organisation patronale tend à rendre ces contraintes de moins en moins pesantes sur l’activité entrepreneuriale.
Savoir argumenter son projet
«Au bout de nos ateliers de formation organisés, les entrepreneures savent argumenter leur projet devant les bailleurs de fonds et surtout apprennent à cerner leur marché», relève-t-elle. Concernant les nouveaux membres de SEVE, l’association, affirme-t-elle, met à leur disposition des mentors qui les accompagnent jusqu’à la maturation et au montage du projet. «L’on veille surtout à les initier à l’environnement des affaires et à les faire bénéficier des réseaux de connaissances de nos mentors», dit-elle, ajoutant que le manque de réseautage est susceptible d’entraver l’entrepreneure dans la réalisation de son projet.
Dans ce sillage, la présidente de SEVE souligne l’importance de l’implication de la famille (conjoint ou parents) aux côtés de la femme entrepreneure. Selon elle, les programmes de l’association sont conçus suivant une approche sectorielle et sont adaptés aux différentes catégories d’entrepreneures et à la stratégie économique du pays. «Notre objectif est de contribuer à l’inclusion du maximum de femmes dans l’économie nationale et de contribuer au développement local, en mettant en avant les modèles de réussite des femmes cheffes d’entreprise. Pour ce qui est des secteurs concernés, nos programmes renferment l’agriculture, l’agroalimentaire, la pêche, le tourisme et les nouvelles technologies et s’étalent sur toute la chaîne de valeurs», soutient-elle.
7e édition du programme « She Made It » prochainement
L’interlocutrice estime que le statut de l’autoentrepreneur tend à absorber au fil des années l’informel en offrant des opportunités d’insertion professionnelle à diverses catégories de demandeurs d’emploi, en plus des dispositifs de financement mis en place dans ce cadre, tels le Fonds algérien des start-up et la NESDA (Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat).
Dans le cadre de son activité, l’association SEVE prévoit l’organisation très prochainement de la 7e édition de son programme intitulé « She Made It ». Cette initiative, précise Mme Saâdi, tend à capitaliser toute la ressource humaine dans le cadre de l’équité des chances pour toutes les femmes algériennes.
A. Mehdid