RAFIK BENMANSOUR, DIRECTEUR DES SERVICES AGRICOLES À TIMIMOUN
«Nous continuons d’accueillir des investisseurs»

Rafik Benmansour, directeur des services agricoles de la wilaya de Timimoun, insistera: «nous continuons d’accueillir des investisseurs».
Dans cet entretien, Rafik Benmansour affirme que le secteur agricole est en pleine expansion. Pour preuve, l’intérêt manifesté par de nombreux investisseurs pour une wilaya qui attire grâce aux facilitations accordées par l’État. Notre interlocuteur présente en chiffres toute cette ambition.
Entretien réalisé par Samira Belabed
Quelle est la réalité du secteur agricole dans la wilaya?
Timimoun est un pôle agricole par excellence. La superficie agricole totale s’étend sur 285.000 hectares et nous disposons de plusieurs portefeuilles fonciers. L’investisseur peut se rapprocher de l’Office de développement de l’agriculture saharienne pour bénéficier de plus de 250 hectares via une plateforme numérique. Au niveau de l’Office national des terres agricoles, les acquéreurs de terrain doivent s’y inscrire au préalable.
Dans le cadre de l’accession à la propriété foncière agricole, selon la loi 83/18, le dossier doit être déposé au niveau de la daïra. Nous avons également, en vertu du décret exécutif 24-55 du 23 janvier 2024 qui définit les conditions et modalités d’attribution des terres relevant du domaine privé de l’État, la mise en valeur, dans le cadre de la concession.
Un partenariat a été signé avec l’entreprise italienne BF (Bonifiche Ferraresi ndlr), portant sur une superficie de 36.000 hectares située à environ 200 km du chef-lieu de la wilaya. Nous avons consacré 70.000 hectares au sein du «couloir vert» à un projet ambitieux pour créer 16 périmètres agricoles, conformément au décret. Les investisseurs disposant de 10.000 hectares et plus peuvent valoriser des terres fertiles. Je tiens à rappeler que la campagne moisson-battage maïs-grain, lancée il y a quelques jours, par le wali, s’annonce prometteuse. Nous avons, pour la première fois, atteint le pic chez un agriculteur avec 114 quintaux/hectare, un rendement record pour notre wilaya et qui est du même niveau à l’international.
À quand son entrée en exploitation?
Le projet avance à grands pas. L’entrée en exploitation est prévue pour la saison 2024-2025. Elle sera consacrée à la culture des céréales et des légumineuses, à partir de mars et avril prochains, sur 6.700 hectares. Ce mégaprojet permettra de créer de nouveaux postes d’emploi, directs et indirects. L’offre est déjà lancée au niveau de l’Agence nationale de l’emploi pour 60 postes, dans une première phase.
Y a-t-il d’autres mégaprojets?
Nous avons un autre investissement, «Sanabil kheirat Timimoun», d’un investisseur de la wilaya de Constantine qui a bénéficié de 12.000 hectares consacrés aux cultures stratégiques et à la production de semences.
Nous continuons d’accueillir de nouveaux investisseurs. Depuis quelques années, nous enregistrons une nouvelle dynamique, notamment pour les cultures stratégiques, la céréaliculture, les cultures de maïs-grain et d’oléagineux. Cette année, nous avons semé 576 hectares d’oléagineux. La superficie cultivée en maïs-grain a enregistré une augmentation de 41%. S’agissant de la céréaliculture, la superficie augmente d’année en année, avec un taux de 25 à 27%.
Peut-on dire qu’avec cette nouvelle dynamique, l’Algérie assurera, d’ici peu, sa sécurité alimentaire?
Nous avons tous les moyens pour y parvenir. Comme l’a affirmé le président de la République, l’Algérie n’importera pas de blé dur pour la saison 2024-2025. Nous sommes à l’ère des réalisations et non de slogans. L’État ne ménage aucun effort pour accompagner les investisseurs sur le plan technique ou en allégeant les procédures administratives. Il ne faut pas oublier que l’État subventionne à hauteur de 50% les engrais, l’irrigation et l’énergie. De plus, presque 1.600 exploitations ont été raccordées à l’électricité. L’État offre également des aides pour l’acquisition de matériel agricole importé de moins de sept ans et soutient la production de matériel agricole local.
Qu’en est-il de l’introduction de l’intelligence artificielle?
Durant ces deux dernières années, nous avons constaté un développement extraordinaire des technologies, notamment dans les systèmes d’irrigation. Nous avons des pivots que l’on peut actionner à distance via un téléphone. Il est possible de régler à distance la vitesse, le débit et plusieurs autres paramètres que l’agriculteur peut ajuster selon ses besoins.
Par ailleurs, en collaboration avec l’Institut de technologie spécialisé en formation en agriculture saharienne de Timimoun, des formations sont assurées au profit des agriculteurs et cadres du secteur agricole afin renforcer leurs compétences. Les premiers bénéficent aussi de formations sur les caractéristiques physico-chimiques du sol et les différents engrais et les techniques de rationalisation de ces produits, dans le but d’économiser les coûts et de protéger la santé des consommateurs. J’invite, enfin, les investisseurs à s’intéresser aux chambres froides car notre wilaya enregistre un manque dans ce domaine.
S. B.