Réunion du CS de l’ONU vendredi pour sauver l’UNRWA

Une réunion du CS de l’ONU aura lieu vendredi pour sauver l’UNRWA. C’est le combat de l’Algérie.
L’action de l’agence onusienne est «irremplaçable», a considéré l’Algérie qui met en garde contre les conséquences de l’interdiction des activités de l’UNRWA en Palestine occupée. Suite à l’appel de l’Algérie, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra vendredi une réunion décisive quant à l’avenir de l’action de l’UNRWA menacée d’interdiction par l’entité sioniste qui mise manifestement sur le blocage des aides humanitaires dans les territoires occupés.
Le travail de l’UNRWA est «irremplaçable»
Cette réunion vise à «sauver» l’Office de secours et des travaux des Nations unies (UNRWA) pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) dont le travail est considéré d’«irremplaçable» par l’Algérie. D’où son appel, la semaine passée, au Conseil de sécurité qu’elle préside, à tenir des consultations à huis clos sur la situation dangereuse à laquelle fait face l’agence onusienne.
D’un autre côté, l’Algérie a demandé au commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, d’informer les membres du Conseil de la situation qu’endure son organisation face à l’agression sioniste génocidaire dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Ghaza, depuis octobre 2023, et aux menaces d’interdiction.«Nous espérons parvenir à un consensus qui permettra à l’UNRWA de poursuivre son travail au nom de l’Assemblée générale de l’ONU et pour le peuple palestinien», avait assuré, début janvier, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, en annonçant la tenue, ce mois-ci, d’une réunion sur l’UNRWA.
2 lois sionistes génocidaires contre l’UNRWA
Affirmant que l’UNRWA doit continuer à fournir l’aide nécessaire aux Palestiniens, une aide dont la population de Ghaza a besoin prioritairement, l’Algérie, en sa qualité de membre non permanent du Conseil de sécurité, a multiplié les gestes dans ce sens, après avoir déjà condamné «avec la plus grande fermeté» l’adoption, le 28 octobre 2024, de 2 lois par le Parlement sioniste interdisant les activités de l’UNRWA, en violation flagrante des principes fondamentaux du droit international.
Le 1e texte interdit les activités de l’UNRWA en Palestine occupée. Et le second interdit aux responsables sionistes de travailler avec l’agence humanitaire et ses employés, ce qui devrait considérablement perturber les activités de l’Office. Ces lois devraient entrer en vigueur à compter du 29 janvier alors que de nombreux appels sont lancés pour faire pression sur l’entité sioniste, afin que cette décision soit annulée et que l’occupant respecte ses obligations, conformément au droit international, sur fond de mises en garde quant aux graves conséquences qu’engendrerait la mise en œuvre de cette mesure.
«Les familles à Ghaza sont exposées chaque jour à des souffrances indicibles»
L’UNRWA a prévenu, cette semaine, que son fonctionnement pourrait être paralysé, en raison de la menace sioniste qui pèse sur lui. «Le compte à rebours a commencé, avant l’éventuelle interdiction de l’Office qui l’empêcherait de fournir des services à des millions de réfugiés palestiniens». Et de souligner que le Parlement sioniste «doit revenir sur sa décision de l’interdire», a indiqué l’UNRWA dans un communiqué.
Si cette décision est mise en œuvre, elle aura un «impact désastreux» sur les personnes que l’UNRWA soutient, notamment à Ghaza, avait mis en garde le premier responsable de l’agence onusienne. Selon Louise Wateridge, responsable de l’UNRWA,«l’entrée en vigueur de la loi du Parlement sioniste porterait atteinte à la coordination nécessaire pour acheminer l’aide» aux territoires occupés.
Dans la foulée de la menace sioniste, le chef de l’UNRWA s’est indigné récemment de voir l’agression génocidaire transformer Ghaza en un cimetière pour des dizaines de milliers de Palestiniens et a détruit les infrastructures de base à un niveau catastrophique. «Les familles à Ghaza sont exposées chaque jour à des souffrances indicibles», car le déplacement forcé, la maladie, la faim et la mort sont devenus la «norme quotidienne pour deux millions de personnes piégées dans une enclave dévastée», a décrit Philippe Lazzarini la situation dans l’enclave.
«Plus de 96% des enfants ne reçoivent pas une alimentation adéquate»
En ce qui concerne les niveaux de malnutrition aiguë dans le territoire, Lazzarini a déclaré qu’ils étaient 10 fois plus élevés qu’avant l’agression sioniste, ajoutant qu’à Ghaza, «80% des familles ont au moins un enfant qui ne reçoit pas de nourriture, et plus de 96% des enfants ne reçoivent pas une alimentation adéquate».
Il a indiqué que l’entité sioniste avait ciblé et détruit 70% des écoles de l’UNRWA qui abritaient des familles palestiniennes déplacées de force (plus de 130.000), laissant plus de 600.000 enfants souffrant de profonds traumatismes psychologiques, vivant sous les décombres, et qui sont toujours privés d’éducation et d’apprentissage, puisque la moitié d’entre eux étudiaient dans les écoles de l’UNRWA.
L’UNRWA est une agence d’aide humanitaire et de développement créée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1949, pour soutenir, protéger et défendre les quelque 5,6 millions de réfugiés palestiniens enregistrés en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Cisjordanie occupée et dans la bande de Ghaza, jusqu’à ce que leurs souffrances prennent fin. Elle dépend des contributions volontaires des États membres de l’ONU.
Amirouche Yazid