Gestion des déchets, un enjeu économique et environnemental

La gestion des déchets est un enjeu économique et environnemental à la fois en Algérie. Pour y arriver, l’implication des pouvoirs publics, du secteur privé et des citoyens est nécessaire.
La gestion des déchets est un enjeu majeur pour le développement durable et la préservation de l’environnement à l’heure des phénomènes météorologiques intenses et récurrents. Cette problématique implique l’intervention des pouvoirs publics à travers une vision globale qui prenne en compte différents aspects et une législation spécifique.
Plan national de gestion intégrée des déchets date de 2001
Dans ce sens, une politique publique en matière de gestion des déchets a été mise en œuvre, notamment à travers le Plan national de gestion intégrée des déchets (PNAGID), lancé en 2001, qui vise à moderniser la gestion des déchets et à développer des infrastructures adaptées. La politique nationale favorise, à ce titre, une approche dite les 3R, à savoir réduction, réutilisation et recyclage pour diminuer l’impact environnemental. Il s’agit également de mener des programmes de sensibilisation et d’éducation environnementale pour promouvoir de meilleures pratiques auprès des citoyens, surtout les jeunes.
Durant des années, les pouvoirs publics ont construit des centres d’enfouissement technique (CET) pour éradiquer les décharges sauvages, qui représentent des points noirs. Plus tard, la stratégie suivie en matière de gestion des déchets est le tri et le recyclage en encourageant des opérateurs économiques à investir dans l’économie circulaire. Malgré les efforts déployés, plusieurs contraintes freinent l’efficacité de la gestion des déchets. Parmi ces entraves, le fait que les CET sont souvent saturés ou mal gérés et le tri des déchets reste peu développé, sauf dans certains quartiers.
La nécessité de la participation des citoyens au tri
Une autre contrainte et pas des moindres est la faible participation des citoyens au tri sélectif en raison du manque de sensibilisation et d’information mais aussi le manque de moyens pour moderniser les équipements et développer de nouvelles infrastructures. Dans ce sillage, un cadre législatif adapté est primordial en matière de gestion des déchets. À cet effet, un projet de loi modifiant la loi relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets est présenté au Parlement pour son adoption.
La ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, Mme Nadjiba Djilali, a affirmé récemment, lors de son exposé du projet à l’Assemblée populaire nationale (APN), que les amendements et compléments proposés dans le cadre de la loi 01-19 mettront notre pays sur la bonne voie, vers la gestion intégrée des déchets. «La nouvelle loi encouragera le secteur privé à investir dans ce domaine pour créer des emplois. Une vision globale et ambitieuse qui permet de construire une économie verte et de doter les prochaines générations d’outils efficaces leur permettant de préserver la santé publique et l’environnement», a-t-elle souligné.
Implication obligée des pouvoirs publics, le secteur privé et le citoyen
Selon Mme Djilali, les textes juridiques en vigueur ne sont pas adaptés ni suffisants pour accompagner la transition vers une économie circulaire, en phase avec les évolutions survenues au cours des deux dernières décennies. «Les principaux amendements proposés concernent l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion intégrée des déchets et la mise en place d’un système numérique pour leur gestion. De nouvelles définitions inspirées des principes fondamentaux de l’économie circulaire définis par les Nations unies seront intégrées au nouveau texte. Ces amendements vont aussi compléter certains volets dans la gestion des déchets», a-t-elle expliqué.
En résumé, la gestion des déchets est un défi complexe nécessitant des efforts concertés entre les autorités publiques, le secteur privé et les citoyens. Une approche intégrée et durable pourrait permettre au pays de mieux gérer ses déchets et de préserver son environnement.
Karima Dehiles
