Une résistance populaire acharnée contre la colonisation française du Sahara

L’occupation du Sahara ou Grand Sud par les troupes françaises s’est effectuée progressivement, entre le milieu du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Le contrôle du Sahara a pris plus de temps en raison des vastes étendues désertiques, de la résistance des populations et des difficultés logistiques pour l’armée française.

Relier toutes les colonies françaises

Mohamed Lahcène Zeghidi, historien et coordinateur dans la commission de l’histoire et de la mémoire, invité mercredi du forum d’El Moudjahid, a rappelé que «la France, sous le second empire, a été humiliée après sa débâcle en 1870 face à la Prusse et son amputation de l’Alsace-Lorraine». «Elle chercha dès lors un moyen de réaffirmer et de renforcer sa puissance parmi les empires européens en cette période de conquêtes coloniales», a-t-il soutenu.

Après l’invasion du nord de l’Algérie à partir de 1830, l’année 1885 marqua le début de la progression des troupes coloniales en Afrique en passant par le Sahara. Ce qui a permis de relier toutes les colonies françaises», a-t-il expliqué.

Un enjeu économique pour la France

Concernant les intérêts de la France dans cette immense étendue de sable, Mohamed Lahcène Zeghidi a insisté sur son aspect stratégique. «La France veut créer une voie pour rejoindre ses colonies en Afrique de l’Ouest en contrôlant le Grand Sud algérien. Après la prise des grandes villes du Nord : Alger en 1830, Constantine en 1837, la France chercha à asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire. Après des batailles à In Salah, Tamanrasset, Tassili N’ajjer, Tidikilt, la conquête du Sud vise à éliminer les foyers de résistance, notamment les tribus touareg et des Ouled Sidi Cheikch», a-t-il poursuivi.

Selon lui, la conquête du Sahara représente un enjeu économique pour la France, qui traversait  alors une crise majeure. «Le Sahara est une zone-clé pour le commerce caravanier reliant l’Afrique subsaharienne à la Méditerranée. La France chercha aussi à contrôler les routes menant aux colonies françaises d’Afrique de l’Ouest», a soutenu Zeghidi. En 1899-1902, plusieurs expéditions militaires furent lancées contre les Touareg, notamment dans  l’Ahaggar.

La bataille de Tit en 1902 scella la domination française sur la région

La bataille de Tit en 1902 scella la domination française sur la région en dépit de la résistance. Une résistance opiniâtre, avec des armes rudimentaires et qui fut incarnée par de valeureux résistants touaregs qui se sont sacrifiés. «L’un d’eux, Hadj Ahmed Badjouda, est tombé héroïquement au champ d’honneur dans la région du Tidikelt. Deux autres figures historiques ont incarné cette révolte. Il s’agit des Cheikhs Amoud ben El Mokhtar et Ibrahim Ben Bakda, qui ont mené de grandes batailles victorieuses», a affirmé Mohamed Lahcène Zeghidi.

Le deuxième a continué, selon lui, le combat durant la Révolution du 1er Novembre 1954. Il a rencontré le président Ahmed Ben Bella, à qui il exprima sa disponibilité à participer à la guerre de Libération. Il devient responsable du FLN dans la région du Tassili N’Ajjer, a fait savoir Zeghidi, qui a évoqué la mémoire de Hadj Moussa Akhamokh, qui a organisé la lutte dans l’Ahaggar et fait avorter les tentatives de division du territoire algérien.

Karima Dehiles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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