Conflit en RD Congo, Alger propose sa médiation

Dans le conflit en RD Congo, Alger propose sa médiation. L’Algérie appelle à «un dialogue sincère et de bonne foi entre toutes les parties impliquées dans ce conflit».

Le président Tebboune instruit Ahmed Attaf de prendre attache avec l’ensemble des MAE des pays impliqués dans le conflit, ainsi qu’avec les MAE des pays engagés dans des efforts de médiation afin de leur faire part de la disponibilité de l’Algérie à aider dans les efforts de médiation en cours et à mettre tout ce qui est en son pouvoir au service du rétablissement de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs.

«Instauration des conditions d’une reprise responsable du dialogue» 

La détérioration de la situation en RD Congo ne pouvait laisser indifférente l’Algérie qui a réagi samedi par le biais du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.
Aussi, elle a indiqué suivre avec une «profonde préoccupation» la reprise du conflit et «son escalade en RD
Congo, appelant à la retenue et à la désescalade dans la perspective de l’instauration des conditions d’une reprise responsable du dialogue et de la négociation en vue du rétablissement de la paix dans la région», lit-on dans
le communiqué.

Dans cet esprit, «l’Algérie fait siennes les conclusions des Sommets extraordinaires de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement d’Afrique australe, appelant à un dialogue sincère et de bonne foi entre toutes les parties impliquées dans ce conflit», ajoute le texte. Le dernier en date s’est tenu vendredi dernier à Harare, sous la présidence du chef de l’État zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa.

«Si l’Est du Congo n’a pas la paix, la région n’a pas la paix»

À cette occasion, les dirigeants d’Afrique australe, 6 chefs d’État et de gouvernement ainsi que plusieurs ministres représentant leurs pays, se sont penchés sur la détérioration de la situation sécuritaire en RD Congo. Ils ont égale ment fait part de leur «vive préoccupation» face aux derniers développements enregistrés sur le terrain tout en réaffirmant leur soutien aux processus de paix de Luanda, mené par le président angolais João Lourenço, et de Nairobi, conduit par l’ancien président kényan, Uhuru Kenyatta.

De la même manière, l’Algérie exprime, «malgré une lourde adversité, ses encouragements et son soutien au président de la République d’Angola, João Lourenço, et au président de la République du Kenya, William Ruto
dans, dans leurs efforts de médiation patients et soutenus entre toutes les parties au conflit». Au moins 700 per
sonnes ont été tuées et 2.800 blessées lors des combats pour le contrôle de la ville de Goma dans l’est de la RDC entre dimanche et jeudi, a indiqué vendredi un porte-parole de l’ONU.

De son côté, le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a dit samedi redouter que le conflit puisse déclencher une guerre régionale, dans des propos publiés sur sa chaîne YouTube officielle. «Si l’Est du Congo n’a pas la paix, la région n’a pas la paix», a estimé le président burundais.

«Au service du rétablissement de la paix» en RD Congo et dans la région des Grands Lacs

Ainsi, face à l’urgence et aux menaces que fait peser la situation sur l’ensemble des pays de l’Afrique australe, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a instruit le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères,
de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, de prendre attache avec l’ensemble des ministres des Affaires étrangères des pays impliqués dans ce conflit, ainsi qu’avec les ministres
des Affaires étrangères des pays engagés dans des efforts de médiation.

«Cette démarche a pour objectif de leur faire part de la disponibilité de l’Algérie à aider dans les efforts de médiation en cours et à mettre tout ce qui est en son pouvoir au service du rétablissement de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs», conclut le texte. Ainsi, l’Algérie veut contribuer par son expérience et son expertise au retour à la normalité dans ce pays après la violation du
cessez-le-feu conclu dans le cadre du processus de Luanda le 30 juillet 2024.

La résolution 2765 du Conseil de sécurité de l’ONU

Le 26 janvier dernier, Amar Bendjama, lors de la présidence par l’Algérie du Conseil de sécurité de l’ONU, avait, dans une déclaration à la presse, fait part de la condamnation par les membres du Conseil du «mépris flagrant actuellement manifesté à l’égard de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, notamment la présence non autorisée de forces extérieures dans l’est du pays, comme l’a signalé le Groupe d’experts, et ont exigé que ces forces se retirent immédiatement». Les membres du Conseil avaient également réaffirmé leur ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RD Congo et de tous les États de la région.

Ils ont rappelé la résolution 2765 (2024) et exprimé leur plein soutien à la Monusco et au Bureau de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs. Un prochain sommet conjoint entre la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) est aussi annoncé. Ce
qui est certain, c’est que l’engagement de la diplomatie algérienne à travers une médiation ne sera pas de trop
pour tenter de mettre un terme à ce conflit.

Selma Meziane 

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