Musique andalouse, une reconnaissance de l’excellence

Dans la musique andalouse, le prestigieux prix Abdelkrim Dali est une reconnaissance de l’excellence en Algérie.
Créé en 2016 sous l’égide de la Fondation Cheikh Abdelkrim Dali, le Prix National Abdelkrim Dali s’est imposé comme l’une des distinctions prestigieuses dédiées à la musique andalouse en Algérie. Initié dans le but d’encourager la jeune génération d’interprètes et de musiciens à s’approprier et à préserver cet héritage séculaire, le prix vise à récompenser l’excellence dans l’interprétation lyrique et musicale du répertoire andalou.
Perpétuer la tradition et le patrimoine
Depuis son lancement explique Wahiba Dali, présidente de la fondation Cheikh Abdelkrim Dali, le prix s’est structuré autour de plusieurs catégories, reflétant la diversité et la richesse de la musique andalouse. «Il distingue les chanteurs, les instrumentistes, tout en mettant en avant les orchestres et ensembles qui perpétuent la tradition. Chaque édition rassemble des candidats venus de différentes régions représentant les grandes écoles musicales telles que El Gharnatia, la Sanaa et le Malouf et des sous-genres comme le Hawzi, l’Aroubi et le Madih», ajoute notre interlocutrice.
Au-delà de la simple compétition, le Prix se veut un espace d’échange et d’apprentissage. Les participants bénéficient d’ateliers et de master classes animés par des maîtres de la musique andalouse. Cette approche permet aux jeunes talents d’affiner leur art, tout en s’imprégnant de la rigueur et des exigences des «anciens».
Les lauréats gagnent une distinction honorifique et une reconnaissance au sein du milieu artistique. Plusieurs d’entre eux ont poursuivi des carrières remarquables, intégrant des orchestres prestigieux ou devenant à leur tour des passeurs de cet art traditionnel. La fondation accompagne aussi les lauréats en leur offrant des opportunités de se produire lors de festivals nationaux et internationaux.
Inciter les nouvelles générations à s’approprier un legs culturel
Le dernier prix lors de la 4e édition en 2024, a été attribué à Asma Aït Chaâbane. Le prix dépasse le cadre d’une simple compétition musicale et s’inscrit dans une démarche plus large de préservation du patrimoine immatériel algérien, en incitant les nouvelles générations à s’approprier ce legs culturel et à le faire vivre à travers leurs propres sensibilités artistiques.
Il contribue enfin à renforcer la recherche et l’enseignement de la musique andalouse en valorisant les travaux de transcription, d’interprétation et de documentation menés par des passionnés et des spécialistes du genre.
Walid Souahi