Assurances, des avancées remarquables dans l’e-paiement

Le secteur des assurances a connu des avancées remarquables dans l’e-paiement. C’est ce qui ressort de la 3e édition d’ Algeria Fintech & e-commerce qui s’achève samedi à Alger.
Après 3 jours d’échanges intenses sur les évolutions et défis du commerce électronique et du paiement digital en Algérie, cette édition d’Algeria Fintech & e-commerce a permis aux experts, professionnels et représentants des institutions financières de débattre du rôle des finances technologiques (fintechs) et des assurances technologiques (insurtechs) dans l’accélération de la transformation numérique.
«L’écosystème de paiement en général est mature»
Samedi, la parole a été donnée à des experts dans le domaine des assurances, un secteur qui se trouve, en vertu des dispositions de la loi des finances de 2025, dans l’obligation de régler ses opérations par des moyens autres que le cash. Comment les assurances peuvent-elles s’adapter à l’obligation de paiement en ligne? Un panel d’experts s’est attelé sur cette question. Unanimement, ils soutiennent que le secteur s’est déjà préparé pour répondre à cette obligation. Il est en phase de faire sa mue, notamment avec la future loi sur les assurances, qui vise essentiellement à moderniser les prestations de service en introduisant davantage les processus digitaux.
Selon le directeur communication, innovation et transformation digitale à la Société nationale des assurances (SAA), Adlane Ahriz, le secteur s’est préparé préalablement à l’application d’une telle mesure, précisant que les acteurs des assurances ont été consultés dans ce sens à travers l’Union nationale des assurance et réassurances (UAR) . «L’écosystème de paiement en général est mature et les acteurs assurantiels se sont préparés pour proposer des solutions innovantes. Il n’y a pas que les solutions classiques telles que les terminaux de paiement électronique qui sont mises en œuvre mais aussi un arsenal qui arrive à faciliter toutes les transactions qui ne sont pas scripturales», souligne-t-il.
Traitement de plus de 300 millions DA de transactions via les TPE
Présentant l’expérience de la SAA, Ahriz souligne que la compagnie a initié la distribution de terminaux de paiement électronique (TPE) à ses clients et l’installation au niveau de ses agences dès 2018. La compagnie d’assurance a également commencé à travailler en 2022 avec des partenaires tels que Algérie Poste pour proposer de nouvelles solutions de paiement. Ces démarches ont permis à la SAA de traiter plus de 300 millions DA de transactions via les TPE.
En outre, la société a développé un système de paiement électronique pour le règlement des sinistres, permettant aux clients de recevoir des paiements via mandat électronique et d’effectuer des transactions directement auprès des points de retrait d’Algérie Poste. La SAA est également sur le point de lancer une nouvelle application mobile qui permettra à ses clients de réaliser des paiements directement à l’intérieur de l’application, sans redirection vers des sites externes de paiement.
Des contrats fractionnés
Cette initiative représente une avancée majeure pour le secteur, notamment en anticipant les évolutions législatives futures et en visant à simplifier le processus de paiement, y compris pour des contrats d’assurance fractionnés. « Notre objectif est d’arriver à un paiement fractionné par abonnement complètement automatisé pour faciliter et permettre au client de ne plus ressentir le poids du contrat d’assurance », a expliqué le responsable, informant que cette solution devra être prête d’ici l’été prochain.
Pour sa part, Fouad Boughida, fondateur de B-link Solution, une start up spécialisée dans les solutions innovantes pour les assurances, souligne, quant à lui, que le secteur a déjà fait un pas en avant en matière de digitalisation, précisant que le premier contrat digital a été établie en 2017. Il fait savoir qu’il existe des compagnies dans le segment «assurance de personne» qui proposent désormais jusqu’à 8 % de leurs activités par internet.
Invité à intervenir sur l’aspect sécurité des données, Abou Bakr Belloul, Chef de division au groupement d’intérêt économique (GIE) monétique indique que le paiement électronique constitue le moyen le plus sécurisé pour faire des transactions. Il fait savoir que le GIE monétique est le garant de sécurité interbancaire et travaille sur des référentiels répondant aux normes internationales. Selon lui, des mesures de lutte contre la fraude numérique ont été introduites depuis 2020.
Wassila Ould Hamouda