Boudjellal exhorte les investisseurs à créer une banque privée

Pour le développement de la finance islamique, Mohamed Boudjellal exhorte les investisseurs à créer une banque privée, en Algérie.

Le Haut conseil islamique (HCI) rend hommage au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans le développement de la finance islamique. Dans le cadre de son symposium scientifique mensuel, une conférence sur le système financier islamique est organisée ce mardi lors de laquelle le professeur Mohamed Boudjellal, membre du conseil, expert international de la finance islamique, aborde divers aspects de cette expérience.

 Les 1e sukuk souverains à émettre avant la fin décembre 2025

Le conférencier rappelle, d’emblée, que le dossier a été une des priorités du prési­dent de la République dès son investiture. «Il a pro­mis et a tenu sa promesse en mettant le paquet pour le développe­ment de l’industrie financière isla­mique», affirme-t-il. «Le mérite du développement du système financier islamique revient au Président qui a répondu positivement à la demande populaire de créer des banques isla­miques. Depuis début 2020, la volonté politique a joué un rôle déterminant dans la promotion de l’industrie financière islamique», ajoute-t-il.

Le Haut conseil islamique joue «un rôle de premier plan dans l’accompagnement de l’expérience». Boudjellal relève que la finance islamique connaît une avan­cée appréciable et la majorité des textes y afférents ont été promulgués. Selon lui, le ministère des Finances a créé une cellule pour développer le cadre législatif et réglementaire des sukuk. Il souhaite que les premiers sukuk souverains soient émis, avant la fin décembre 2025.

Attendre la publication de la nouvelle loi commerciale

Quant aux institutions rele­vant du secteur privé, il indique qu’il faut attendre la publication de la nouvelle loi commerciale qui comprend des articles l’autorisant à émettre des obligations compatibles avec les dispositions de la charia islamique. Cependant, l’expert esti­me que l’objectif sera atteint si on confie la gestion du secteur à une agence indépendante qui sera placée sous la tutelle de la présidence de la République et dont les méthodes de gestion ne devraient pas différer pas de celles en cours dans le secteur privé.

Boudjellal révèle que l’expérience des guichets islamiques a été un grand succès au niveau des banques publiques et privées, préci­sant que les responsables ne peuvent plus recevoir les demandes d’ouverture de comptes courants ou d’épargne ou les demandes de finan­cement présentées par les opérateurs économiques. Il a plaidé, par la suite, sur la nécessité d’élaborer une stratégie claire pour l’avenir et de moderniser ces guichets pour deve­nir des banques indépendantes spé­cialisées exclusivement dans les produits financiers islamiques.

Réformer le cadre juridique

Le responsable a tenu à faire remarquer que le secteur financier islamique n’a pas finalisé sa structu­re organisationnelle et juridique au niveau professionnel. « Nous atten­dons toujours la création du Conseil de coordination professionnelle qui permettra d’élever l’expérience à un niveau plus large», proclame l’expert qui suggère de créer deux banques publiques spécialisées dans le secteur bancaire islamique, pour absorber la demande croissante en termes de dépôts et de financement. Boudjellal exhorte, enfin, les investisseurs à créer une banque islamique privée à partir de fonds locaux.

Pour président du Haut conseil islamique, Mebrouk Zidelkhir, «il est nécessaire pour les banques de coexister avec la nouvelle expérien­ce de la finance islamique qui a prouvé son efficacité dans le monde». Mohamed Mamoune El Kacimi, recteur de la Grande mos­quée d’Alger, souligne, enfin, que la finance islamique offre une alter­native crédible aux systèmes finan­ciers traditionnels. «Il faudrait, tou­tefois, réformer le cadre juridique pour qu’il soit mieux adapté aux spécificités de cette finance», recommande-t-il.

Aya Malak

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