L’arboriculture à Tizi Ouzou, une olive gorgée d’huile

L’arboriculture à Tizi Ouzou a donné cette saison une olive gorgée d’huile, selon les services de la DSA dans cette wilaya de l’Algérie.
La saison arboricole dite hivernale a été très bonne cette année dans la wilaya de Tizi Ouzou. Que ce soit d’olives ou d’agrumes, la production fut excellente selon les indicateurs de la direction des services agricoles (DSA) de la wilaya. En effet, selon Nadir Boussa, chef de service de la filière arboricole, les objectifs prévus devraient être atteints dans la filière oléicole et même dépassées dans celle des agrumes. Pour ce responsable, et s’agissant de l’oléiculture, la production d’huile a été remarquable.
Collecte de plus de 5 millions de litres d’huile d’olive
«Bien que ce soit une année de décharge, la 3e de suite, avec peu de récolte, le fruit a été cette année juteux ce qui nous a donné une collecte de 5.131.000 litres fournis par la trituration de 234.567 quintaux (qx) soit une production moyenne de 22 litres par quintal alors que nos initiales prévisions tablaient sur 16 à 17 litre par quintal. Un ratio qui présage d’une bonne récolte», se réjouit Boussa.
Notre interlocuteur explique aussi cette bonne production par l’intensité des dernières le pluies qui ont arrosé les vergers et permis au grain de se régénérer et de se gorger d’eau. Quant aux surfaces réservées à cet effet, elles sont de l’ordre de 38.000 hectares pour 30.346 ha effectifs dont 28.631 récoltés en attendant la fin de la campagne de récolte qui a atteint le taux de 94%.
Toujours selon Nadir Boussa, les 353 huileries dont 114 modernes et 29 semi-automatiques, le reste étant traditionnelles, tournent à plein régime. Des huileries qui se sont aussi mises au diapason des normes internationales en produisant une huile de bonne qualité afin de pouvoir pénétrer davantage le marché mondial de l’huile d’olive où le label Algérie est en train de se frayer un chemin.
Toutefois, ce dernier regrette que certains fellahs continuent d’utiliser des anciennes pratiques dans la culture des vergers oléicoles et la collecte, le stockage et la trituration de l’olive rapide pour éviter que le fruit ne se dégrade et donne une huile de mauvaise qualité avec un taux d’acidité élevé non conforme à la norme internationale.
Une production abondante d’agrumes
La filière agrumicole a été cette année très productive pour ne pas dire très juteuse. Alors qu’elle n’est qu’à 62%, la campagne de cette année a permis aux citoyens de faire un plein de vitamine C avec cette profusion d’oranges et de citrons sur les étals. Ainsi, sur une superficie globale de 1.812 ha dont 1.537 sont rentrés en production, il a été récolté 343.666 qx soit une moyenne de 361 qx à l’hectare.
Dans le détail, la «Thomson navel», l’orange la plus prisée, il a été récolté jusque-là 163.549 qx pour une superficie de 431 ha sur une superficie réservée de 527 ha, soit une moyenne de 380 q à l’hectare. C’est à peu près le même taux produit pour l’autre variété d’orange, celle de la «Washington Navel» qui a donné une production de 167.160 qx pour une superficie récoltée de 282 sur les 480 ha prévus soit une production estimée à 392 qx/ha. Idem pour la mandarine et le citron qui ont atteint les 15 et 17.000 q alors que la saison n’est pas encore achevée même si la Clémentine a tiré sa révérence.
L’usage des bonnes pratiques agricoles
Cette production permettra ainsi aux ménages de consommer des agrumes durant ce mois de Ramadhan. Une surproduction qui a fait que les agrumiculteurs se sont quelque peu plaints de cette surabondance qui a affecté quelque peu leur trésorerie.
Il reste qu’au niveau des services agricoles on ne manque pas d’afficher une grande satisfaction comme nous le dira Nadir Boussa: «C’est là le résultat de longue haleine mené par nos services et nos techniciens qui ont investi les vergers en prodiguant des conseils aux agrumiculteurs notamment dans la pratique des engrais en fonction de la saison et du processus de plantation et de production de l’arbre mais aussi dans la taille et le défrichage des vergers au point où actuellement tous les producteurs utilisent les bonnes pratiques et bonnes méthodes pour réussir de telles performances».
Nadir Boussa ne manquera pas aussi de mettre en exergue le soutien des pouvoirs publics à travers toutes les opérations de financement et d’aides en intrants et engrais pour la préservation des plantes et leur développement.
Rachid Hammoutène