Comment améliorer la qualité du produit agricole?

Comment améliorer la qualité du produit agricole à travers la greffe des plantes? Une pratique ancestrale qui continue de se perpétuer, malgré les progrès techniques.

Actuellement, la période de greffage de plantes bat son plein notamment au niveau des pépinière où le personnel agricole s’y affaire à longueur de journée à produire de nouveaux plants qui peuvent s’adapter aux nouvelles  conditions climatiques qui caractérisent notre monde d’aujourd’hui. En effet, l’action de greffe des plantes est une opération horticole ancestrale qui consiste à unir deux plantes distinctes, le porte-greffe et le greffon, pour combiner leurs qualités et pour que celui-ci continue à croître en faisant corps avec la première.

Multiplier les variétés d’arbres fruitiers

La greffe est très utilisée pour multiplier les variétés d’arbres fruitiers, notamment les pommiers, poiriers, les agrumes, ainsi que la vigne, les rosiers, certains légumes tels que les solanacées (aubergines,
tomates, etc.) et les cucurbitacées (pastèques, melons…),ainsi que d’autres espèces de plantes ornementales.

Cette technique, largement répandue en Algérie, offre de nombreux avantages pour l’agriculture, la préservation de la biodiversité et l’amélioration des jardins. L’Algérie, avec sa diversité de climats et de terroirs, offre un terrain hautement fertile pour la pratique de la greffe. Cette technique permet notamment d’améliorer la résistance des plantes, adapter les plantes aux conditions locales, conserver et multiplier les variétés locales et améliorer la qualité des récoltes.

Melle Hana H., ingénieure agronome spécialisée dans la production de plantes d’olivier dans une ferme située à Zéralda et annexée à la pépinière Garden de Chéraga, explique que «pendant la saison hivernale, particulièrement entre le début de janvier et la mi-février, après la récolte des olives et leur passage au pressoir et avant le début de la phase de floraison, surtout pour les variétés précoces, nous procédons à la taille des arbres de manière à réduire la densité des branches situées au cœur de l’arbre et au bas du tronc».

Comment soigner ses plantes greffées

Melle Hana H ajoutera: «Nous diminuons également la longueur des branches élevées. Cela se fait en utilisant des outils de taille désinfectés, et il est impératif de les désinfecter à chaque fois que l’on passe d’un arbre à un autre pour éviter la transmission des maladies». «Après l’opération de taillage, il est nécessaire d’appliquer un mastic sur les zones coupées pour éviter les maladies ainsi que le dessèchent des bourgeons et des branches de l’arbre», ajoute-t-elle.

Selon elle, l’intérêt de la taille est de maintenir l’arbre fruitier en bonne santé et par la même améliorer ses capacités de production ainsi que la qualité du fruit. «Elle permet aussi d’améliorer l’équilibre entre les côtés végétatifs et fruitiers de l’arbre, améliorant ainsi la quantité et la qualité du produit de l’arbre pour l’année suivante», poursuit-elle. «Après la taille, il faut pulvériser certains traitements contre les bestiaux nuisibles ainsi que contre les mauvaises herbes, notamment lors de la hivernale ainsi que durant les phases de l’éclosion des bourgeons», précise-t-elle.

Partager les pratiques et appliquer les bonnes méthodes

Concernant l’opération de greffage, l’ingénieur agricole indique que «c’est une méthode pour multiplier les variétés et des cultures  d’arbres fruitiers ayant de bonnes caractéristiques et une haute productivité et qui ne peuvent pas être multipliés par bouturage ou marcottage, ou d’autres méthodes de multiplication végétative». Selon elle, il existe de nombreuses variétés de greffage, mais le plus couramment utilisées sont le greffage par œil, par bouture ou par fente.

Concernant l’olivier, le porte-greffe est souvent issu de la plantation d’un noyau d’olive appelé zaboudja et on y greffe une branche ou un œil d’un autre olivier d’une variété différentes, comme chemlali, la sigoise, etc.», a précisé notre interlocutrice. Selon elle, le greffage de l’olivier se fait à l’aide d’outils de greffage bien désinfectés tels que les ciseaux, le couteau, la lame à greffer ou bien le film de greffage. «Le greffage de l’olivier se fait en période allant du mois de janvier jusqu’au mois de mars, chaque année en même période que la taille», ajoute-t-elle.

1 million d’oliviers produits par an

Abordant l’exploitation agricole où cette dernière y travaille, elle indique qu’ils produisent près d’1 million de plants d’oliviers par an, de différentes variétés, selon la demande des agriculteurs –investisseurs dans le domaine de l’olivier à travers tout le pays, en particulier dans le Sud. «Au cours des dernières années, la culture de l’olivier a connu un grand développement, car ce type d’arbre fruitier est rustique et capable de s’adapter à tous les types de sols à travers le territoire algérien», fait-elle savoir.

Par ailleurs, de nombreux agriculteurs partagent leurs méthodes et techniques de greffe de différentes plantes à travers les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram, Tiktok ou encore You Tube pour ceux qui ne savent pas réaliser ces techniques ou qui n’ont pas la possibilité de faire des formations ou bien de ce déplacer.

Les réseaux sociaux pour diffuser la greffe des plantes

C’est le cas d’Abdessamad El Hadj, un agriculteur de la wilaya d’Aïn Defla: «Je poste des vidéos sur Facebook et même sur You Tube pour aider ceux qui n’ont pas l’occasion de suivre des formations, d’assister à des ateliers ou d’apprendre directement sur le terrain». «La greffe est une technique qui reste complexe et nécessite des compétences et un apprentissage. Mais tout le monde peut apprendre, même à distance», ajoute Abdessamad El Hadj. Selon lui, la greffe est une pratique essentielle dans l’agriculture, particulièrement pour améliorer la résistance des plantes, augmenter leur productivité ou encore multiplier certaines variétés.

De son côté, Mohammed A., un autre agriculteur, explique que «beaucoup de gens ne savent même pas comment greffer un arbre. Grâce aux vidéos, on arrive à leur inculquer les rudiments de cette technique agricole. Les vidéos permettent aussi de toucher un large public. Cela veut dire que même les agriculteurs d’autres régions ou d’autres pays peuvent bénéficier des conseils et méthodes partagés», conclut-il.

Hamai Kenza

 

 

 

 

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