La rue ne décolère pas au Maroc

Au Maroc, la rue ne décolère pas face à la politique du Makhzen.
Des organisations politiques, des droits de l’Homme et étudiantes sont montées une nouvelle fois au créneau pour dénoncer la tyrannie du régime makhzénien, la généralisation de la corruption au Maroc et l’entêtement dans la normalisation avec l’entité sioniste, en dépit du rejet populaire massif.
Faire échouer la normalisation
Ces organisations ont appelé toutes les forces vives du pays à unir leurs rangs pour faire échouer cette normalisation. Dans ce contexte, le mouvement Al-Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) a condamné la politique de «musellement des voix, de ciblage et de diffamation des opposants», appelant à «la libération immédiate de tous les détenus politiques, en particulier les détenus du Rif, les prisonniers d’opinion, les journalistes et les blogueurs ». Le mouvement a également dénoncé «l’expansion de la corruption et l’accaparement des richesses du pays», ce qui aggrave les problèmes de cherté de la vie, de pauvreté et de marginalisation, et prive les Marocains de leur droit à la justice sociale et à une vie digne.
Il a aussi fustigé «la poursuite par les autorités marocaines du processus de normalisation avec l’entité usurpatrice et son alignement total sur celle-ci dans tous les domaines politiques, économiques, culturels et éducatifs, en lui permettant d’accéder aux ressources stratégiques du pays, contre la volonté du peuple marocain et de ses forces vives». Enfin, Al-Adl Wal Ihsane a renouvelé son appel à tous les Marocains libres pour «coopérer, s’unir et s’engager de manière responsable dans la lutte contre les politiques d’autoritarisme, les plans de corruption, l’accaparement des ressources du pays et la mise en péril de l’avenir des générations et du destin des citoyens ».
Violations des conventions internationales
De son côté, l’Espace marocain des droits de l’Homme a dénoncé «l’intensification des campagnes de diffamation et des atteintes à la vie privée visant les militants d’opinion et leurs familles, en violation de toutes les lois nationales et conventions internationales, et ce, en raison de leur soutien aux causes justes de leur peuple et de leurs critiques pacifiques des politiques publiques du pays». L’organisation a également exhorté les autorités marocaines à « mettre fin à toute forme de normalisation avec l’entité sioniste et à fournir tout le soutien humanitaire nécessaire au peuple palestinien, en écho à la volonté du peuple marocain, hostile à la normalisation et défenseur de la cause palestinienne».
À la fin de son communiqué, l’Espace marocain des droits de l’Homme a appelé toutes les forces vives du pays ainsi que les organisations de défense des droits civiques à «s’unir pour faire face à la tyrannie des autorités et lutter pour un pays où règnent la dignité et la justice». Pour sa part, l’Union nationale des étudiants du Maroc – branche des étudiants progressistes a condamné «la poursuite de l’attaque féroce du Makhzen contre le mouvement étudiant, dans le but de détruire l’université marocaine».
Répression croissante contre les voix soutenant la cause palestinienne
L’union étudiante, affiliée au Parti de la Voie Démocratique, a également dénoncé «la série de procès fictifs et de verdicts répressifs visant plusieurs étudiants», affirmant que ces développements inquiétants s’inscrivent dans un contexte politique général marqué par «une répression politique croissante menée par le régime contre les voix soutenant la cause palestinienne et s’opposant à la normalisation avec l’entité sioniste».
Enfin, l’organisation estudiantine a appelé toutes les forces vives du pays à «se tenir aux côtés des étudiants dans leur combat pour repousser cette offensive répressive contre la liberté d’action syndicale et politique, et à exiger la libération de tous les prisonniers politiques ».