Selma Malika Haddadi élue vice-présidente de la Commission de l’UA
Éclatante victoire de la diplomatie algérienne

L’ambassadeure d’Algérie à Addis-Abeba et sa représentante permanente auprès de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi, a été élue, samedi, vice-présidente de la Commission de l’UA.
Haddadi remplace la Rwandaise Monique Nsanzabaganwa, dont le mandat est arrivé à terme, après avoir vaincu la candidate marocaine, éliminée au sixième et avant-dernier tour, et après le retrait des candidates libyenne, au premier tour, et égyptienne au troisième.
Une victoire pour la diplomatie algérienne
Également représentante permanente de l’Algérie auprès de l’UA, Mme Haddadi qui a prêté serment après son élection, a ainsi gagné la confiance de nombreux pays à l’occasion du renouvellement des instances dirigeantes de l’organisation panafricaine dont celui de la vice-présidence de la Commission revient cette fois-ci à la région de l’Afrique du Nord. Dans ce registre, il ne fait point de doute que c’est une victoire pour la diplomatie algérienne qui tenait à gagner ce poste important dans l’architecture et le fonctionnement de la Commission de l’UA. D’autant plus que l’Algérie, par la voix du président Tebboune et du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, insistait à doter les instances et structures de l’UA de véritables leaders et compétence en mesure de défendre les intérêts du continent.
C’est désormais fait avec l’accession de Mme Haddadi à la vice-présidence de la Commission de l’UA en succédant à la Rwandaise Monique Nsanzabaganwa, dont le mandat est arrivé à terme. L’élection de la diplomate algérienne est d’autant plus méritoire qu’elle ne souffrait d’aucune contestation en ne laissant aucune chance à concurrente marocaine battue à plate couture avec un total de 33 voix. Présentée comme concurrente de l’Algérienne, la candidate du Maroc n’a pas fait le poids en se faisant éliminée au sixième et avant-dernier tour, et après le retrait des candidates libyenne, au premier tour, et égyptienne au troisième. Ces détails attestent manifestement de la victoire éclatante de la diplomate algérienne. Ils confirment aussi de la qualité et de l’épaisseur de la candidature de Mme Haddadi dont la carrière et le profil professionnel a été unanimement salué par ses pairs.
Victoire écrasante
Cette élection à un poste aussi stratégique dans un contexte crucial pour l’organisation panafricaine marque incontestablement la reconnaissance envers la diplomate de 47 ans, qui a cumulé plus de deux décennies d’expérience en faveur de la paix et de l’unité du continent. Mme Haddadi a occupé, de mars 2023 à avril 2024, le poste de directrice générale Afrique au ministère des Affaires étrangères. Elle a été, entre 2019 et 2023, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire au Kenya et au Soudan du Sud. De 2015 à 2019, elle a occupé le poste de ministre conseillère et cheffe de mission adjointe à l’ambassade d’Algérie en Ethiopie et auprès de l’Union africaine. De 2013 à 2015, elle a été sous-directrice du développement social au niveau de la direction générale des affaires politiques et de la sécurité internationale du ministère des Affaires étrangères. Sa principale mission à ce poste était de préparer et de coordonner la participation de l’Algérie aux discussions mondiales sur les questions liées à la famille, aux femmes, aux enfants, à la santé, à la jeunesse, aux personnes handicapées, au sport et aux personnes âgées et aux Objectifs de développement durable (ODD).
C’est elle qui a dirigé avec doigté le bureau algérien pour les réfugiés et les apatrides à la direction générale des affaires juridiques et consulaires du ministère des Affaires étrangères de 2012 à 2013. Avant cette mission, elle a occupé le poste de conseillère et cheffe de la section politique au sein de la mission permanente de l’Algérie auprès des Nations unies à Genève. Son talent de diplomate, Haddadi l’a démontré tout au long de sa carrière notamment à travers ses capacités en matière de négociation avec les Etats membres, les organisations régionales et internationales et les partenaires. Ses pairs lui reconnaissent également sa grande capacité à bâtir le consensus, à encourager l’innovation et à obtenir des résultats probants, dans des contextes multiculturels et multilingues, elle qui maîtrise parfaitement les trois principales langues de travail au sein de l’UA, à savoir l’arabe, l’anglais et le français.
Dévouement à l’Afrique
Forte de cette riche expérience, Haddadi a présenté à ses pairs une vision naturellement algérienne dévouée à l’Afrique dont l’essence est tirée des valeurs de la diplomatie algérienne née dans le feu de la guerre de libération. Mme Haddadi a donc proposé une vision nouvelle enracinée dans son « dévouement à l’Afrique » ainsi que dans sa « loyauté » et son « engagement » envers l’UA qui a besoin de compétence de cette trempe. L’engagement de Mme Haddad est de recentrer l’action de l’UA en adéquation avec les objectifs des pères fondateurs de l’organisation continentale. Dans sa vision, Mme a mis en exergue le renforcement de la gestion administrative et financière de la Commission de l’UA afin d’instaurer la culture d’efficacité, de transparence et de redevabilité à tous les niveaux, tout en s’engageant à promouvoir les principes du panafricanisme et de l’unité africaine.
Objectif : consolider la confiance et la synergie entre la commission et les Etats membres de l’UA. La finalité stratégique est de permettre à l’UA de se lancer dans un action en phase avec les aspirations définies par les Pères fondateurs et énoncées dans l’agenda 2063. Pendant sa campagne, elle a indiqué qu’elle favorise la priorisation, la revitalisation et le renforcement des partenariats avec les entités et institutions africaines de développement, telles que la BAD, l’Afreximbank et l’AUDA-NEPAD, en tant que principaux fournisseurs de projets et de fonds de développement.
Amirouche Yazid