ALGEX, les raisons d’une dissolution

La dissolution de l’Agence algérienne de promotion des exportations (ALGEX), annoncée par le président Tebboune lors de sa rencontre, dimanche, avec les opérateurs économiques et sa substitution par deux nouvelles instances reflètent clairement une volonté de modernisation et d’adaptation de l’économie nationale aux défis actuels.

Créée en 2004, l’ALGEX avait pour mission principale de promouvoir les exportations hors hydrocarbures tout en jouant un rôle dans la régulation des importations.

« Instance du jurassique »

Toutefois, cette structure, placée sous la tutelle du ministère du Commerce, s’est progressivement montrée inadaptée aux besoins d’une économie en pleine mutation. Critiquée pour son fonctionnement bureaucratique et son manque d’efficacité, elle est devenue un frein à la diversification économique que le gouvernement cherche à atteindre. Le président Tebboune a qualifié l’agence d’« instance du jurassique », soulignant qu’elle n’était plus en phase avec les ambitions économiques du pays. Il voulait signifier aux opérateurs nationaux qu’il savait parfaitement que cette agence fonctionnait selon des méthodes bureaucratiques et inefficaces, devenues obsolètes dans un contexte où l’économie algérienne exige des structures modernes et dynamiques pour accompagner ses ambitions de diversification et de compétitivité internationale.

Sa dissolution est aussi perçue comme une réponse aux critiques formulées par les acteurs économiques concernant les pratiques administratives jugées opaques et inefficaces. L’agence était notamment responsable de la délivrance des licences d’importation, un processus souvent dénoncé pour sa lourdeur et ses dérives potentielles. En remplaçant cette structure par deux organismes spécialisés dans l’encadrement des importations et des exportations, le Président espère instaurer un système plus agile et transparent.

Renforcer la transparence

Dans ce cadre, l’expert en économie, Boubaker Sellami, a affirmé à l’APS que ces deux instances constitueront des instruments utiles pour l’économie nationale, en assurant un meilleur encadrement du travail des importateurs et des exportateurs et en apportant transparence à leurs activités, à travers la numérisation des transactions et la simplification des procédures administratives. En fait, la décision de mettre fin à l’ALGEX s’inscrit dans une stratégie globale visant à simplifier les procédures administratives, numériser les transactions et renforcer la transparence. En créant deux entités distinctes, le chef de l’Etat entend mieux répondre aux besoins spécifiques des exportateurs et importateurs, tout en stimulant la production nationale et en réduisant la dépendance aux hydrocarbures.

L’une des nouvelles instances sera dédiée à l’encadrement des exportations, avec pour objectif d’accompagner les opérateurs économiques dans leur conquête des marchés internationaux et de diversifier les produits exportés. L’autre se concentrera sur la régulation des importations afin d’assurer qu’elles répondent aux besoins réels du marché national tout en favorisant la production locale. Cette réforme intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à atteindre un objectif ambitieux, celui de porter ses exportations hors hydrocarbures à 10 milliards de dollars courant 2025. Il faut dire qu’en mettant fin à l’ALGEX, le chef de l’Etat réaffirme son engagement à combattre la bureaucratie qui freine depuis trop longtemps le développement économique de pays.

Lyes Mechti

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