Meziane trace les grandes lignes de l’avenir médiatique national

Meziane trace les grandes lignes de l’avenir médiatique national lors de la 4e rencontre régionale des journalistes et des professionnels des médias, lundi à Alger.
Le ministre de la Communication, Mohamed Meziane donne le coup d’envoi des travaux de la 4e rencontre régionale des journalistes et professionnels des médias. 4 ateliers sont au programme de cet événement: le nouveau cadre juridique du secteur de la communication et l’éthique professionnelle, l’état de la presse audiovisuelle, écrite et électronique face aux défis de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies de 5e génération, la communication institutionnelle et son rôle dans la promotion de l’image de l’Algérie, ainsi que la formation spécialisée et continue et les métiers de demain.
Cette rencontre réunit des responsables de nombreuses institutions médiatiques, des représentants d’associations et de syndicats nationaux, ainsi que des journalistes venus de 13 wilayas du centre du pays.
LES DÉFIS LIÉS 0 L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Meziane insiste, dans son discours d’ouverture, sur «les nouveaux défis liés à l’irruption de l’intelligence artificielle
et aux évolutions technologiques rapides», estimant que «la presse nationale doit s’adapter pour continuer à jouer pleinement son rôle d’information et de sensibilisation», avant de mettre l’accent sur «la nécessité d’une formation spécialisée et continue pour les journalistes».
Dans un autre registre, le ministre a dénoncé «les tentatives de désinformation visant à affaiblir la presse nationale», assurant que «le président de la République accorde une grande importance à la presse, qu’il considère comme un pilier de la démocratie et un levier fondamental du développement national». Dans ce contexte, il appelle «à la création d’un front médiatique national pour défendre les intérêts de l’Algérie et faire face aux campagnes hostiles», expliquant que «cette initiative s’inscrit dans l’esprit de la construction du front intérieur prôné par le président de la République».
Selon le ministre, la presse nationale est aujourd’hui ciblée pour «des raisons objectives que beaucoup ignorent». «Certains exploitent la critique pour prétendre que la liberté de la presse est inexistante en Algérie, alors que jamais l’Exécutif n’est intervenu pour orienter la ligne éditoriale de la presse nationale», soutient-il.
POUR LA CRÉATION D’UN FRONT MÉDIATIQUE NATIONAL
Sur les attaques que subit l’Algérie, il affirme que «les campagnes hostiles, souvent discrètes et sournoises», visent «à ralentir le processus de développement, à semer le doute dans les esprits et à entraver la dynamique
de progrès», appelant «à la constitution d’un front médiatique national capable de répondre, avec professionnalisme et responsabilité, à ces campagnes de déstabilisation». «Notre riposte doit s’inscrire dans une démarche civilisée, fidèle aux nobles valeurs de la profession», exhorte-t-il.
Meziane souligne aussi la nécessité pour «la presse de se méfier des sources douteuses, notamment sur les réseaux sociaux». Il plaide ainsi pour «un journalisme fondé sur l’information fiable». «Le message médiatique, lorsqu’il est basé sur des fausses informations, peut ébranler les fondements mêmes d’une nation», avertit-il. Pour lui, «la critique constructive est essentielle au développement de la société», tout en appelant à «faire la distinction entre critique et diffamation». Meziane insiste aussi sur «l’importance de séparer les faits des opinions dans le travail journalistique», estimant que «le fait est sacré, tandis que l’opinion est libre».
«LA PRODUCTION DE CONTENUS MÉDIATIQUES DENSES ET DE QUALITÉ»
C’est pourquoi, explique le ministre, «nous nous sommes efforcés, armés de toutes nos connaissances, de nous confronter à la réalité de la profession, d’en interroger les dimensions avec calme et réflexion, dans le but de lever les obstacles existants et de résoudre les complexités accumulées». Il précise que cet effort a été fait «en élaborant,
étape par étape, un document qui prenne la forme d’une feuille de route claire, capable de faire progresser notre paysage médiatique du simple «quantitatif» vers le «qualitatif»».
Dans un monde où les canaux de diffusion se diversifient et où les technologies de consommation de l’information évoluent constamment, il devient aujourd’hui, selon le ministre, «plus nécessaire que jamais d’accompagner la transformation numérique avec conscience et sérieux». Il souligne que cela «doit se faire à travers la production de contenus médiatiques denses et de qualité, garantissant une présence continue dans l’espace numérique et sur les plateformes de réseaux sociaux». Et d’ajouter: «L’efficacité des réseaux sociaux a été
détournée par des groupes spécialisés dans la déstabilisation des États, un phénomène que l’Algérie a récemment connu, particulièrement depuis le début de la campagne de déstabilisation lancée en août 2024».
MÉDIAS DE PROXIMITÉ, FORMATION ET INNOVATION
À ce titre, il affirme que «nous sommes fortement appelés à relever le défi de la numérisation du secteur de l’information, afin de réduire la fracture numérique et d’accompagner les efforts constants de l’État dans le
renouvellement des infrastructures de base liées à ce domaine». Il insiste ainsi sur l’importance de cette transition numérique et de la nécessité de revoir le modèle médiatique actuel pour le hisser à un niveau supérieur. «La formation spécialisée et l’inspiration tirée des expériences innovantes dans d’autres pays deviennent aujourd’hui une exigence urgente», soutient-il avant de revenir sur les initiatives qui sont en train d’être mises en œuvre.
Il cite «l’organisation de cycles de formation pour les journalistes dans plusieurs domaines liés aux médias. La requalification des journalistes selon les nouvelles évolutions technologiques et les nouvelles techniques rédactionnelles, notamment ce qu’on appelle l’écriture web», ajoute-t-il. Abordant l’impact de l’intelligence artificielle, le ministre déclare que «la révolution de l’intelligence artificielle a rendu la maîtrise des nouvelles
technologies plus que nécessaire». C’est pourquoi, estime-t-il, «nous devons nous diriger volontairement et de manière réfléchie vers cette nouvelle donne dans le secteur des médias».
Évoquant, enfin, les médias de proximité, il explique qu’«aujourd’hui, l’information de proximité est devenue une véritable stratégie, car elle permet de produire des contenus proches des préoccupations des citoyens». Il insiste sur le fait que cela «les met à l’abri des fausses informations et des contenus déformant l’image du pays et influençant négativement le comportement de l’individu et de la société». Il précise que «l‘information de proximité que nous cherchons à encourager doit être une tribune qui reflète la vie dans les quartiers, villages et villes, traduisant les préoccupations, les attentes et les espoirs des citoyens».
Assia Boucetta