Parc archéologique Sainte Salsa de Tipasa
Où l'histoire murmure entre les vestiges antiques

Parc archéologique Sainte Salsa de Tipasa, où l’histoire murmure entre les vestiges antiques.
L’immense esplanade et les commerces qui entourent le port de la ville accueillent, en cette fin de matinée, de nombreux visiteurs, venus en famille ou entre amis redécouvrir un joli site de renommée mondiale, en l’occurrence les parcs archéologiques Ouest et Est de la ville de Tipasa, portés par l’Unesco sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité.
La surprise antique de Tipasa, entre mer et histoire
La tentation de faire un saut dans l’antiquité, en franchissant tout bonnement les portes de l’un des deux parcs, est grande. Si la majorité des touristes, même ceux qui viennent de l’étranger, optent pour le parc archéologique Ouest, communément appelé les Ruines romaines, le parc archéologique Est ou Sainte Salsa, réserve à ses hôtes de belles surprises : un parcours époustouflant, une nature enchanteresse dans laquelle résistent des vestiges de l’époque romaine, une vue imprenable sur la grande bleue. Pour y accéder, 2 choix s’offrent. Soit depuis le côté est du port, soit à partir de la RN11 juste à l’entrée de la ville où est aménagé un parking en face de la cour de justice.
Cette fois-ci, le parcours choisi débute du port. Scène qu’on ne peut rater, l’on remarque, juste à côté de la porte d’entrée du parc, un petit figuier qui étend ses branches en forme d’une toile d’ombrage. «Ici, c’est dame nature qui se charge d’accueillir les visiteurs avant même que le préposé au guichet de la billetterie vous salue», lance un jeune étudiant à l’adresse de ses amis. Le ticket d’entrée est de 110 DA pour les adultes et de 55 DA pour les seniors et les mineurs. «Ces tarifs, très accessibles, permettent de découvrir ce lieu merveilleux chargé d’histoire», fait remarquer un autre étudiant. Dès qu’on met en le pied dans le parc, on est vite happé par une ambiance. En plus du calme qui règne en maître, une large étendue, en forme de petite prairie, verdoyante par endroits et en forme d’un plateau dégarni par d’autres, s’élance vers les vestiges d’un mur antique, dont de larges portions de pierres résistent au temps. Cheminer sur ce plateau de faible pente nécessite plus de temps que l’on imagine. On ne sait plus où donner du regard tant les curiosités vous surprennent. D’abord, l’amoncellement des pierres taillées et autres vestiges qui s’étendent, telles les pièces d’un puzzle, sur quasiment l’intégralité de l’espace, interpelle le contemplatif et incite son imaginaire à reconstituer la splendeur architecturale de l’antique Tipasa. Ce jeu de devinettes attise la curiosité.
D’un vestige à l’autre
On gravit le promontoire jusqu’à la falaise qui accueille la mer. Depuis cette hauteur où des fleurs coiffent cette partie du site, on découvre les îlots qu’on n’aperçoit plus du port, depuis son extension et la construction de la jetée. C’est l’endroit idéal pour se retirer des tracasseries de la vie. Assis confortablement à même le sol, deux retraités lisent le journal. «C’est un rituel quotidien. Il n’y a pas meilleur endroit à Tipasa, voire au monde, exception faite de la mosquée, pour se sentir proche de soi», confie l’un d’eux. «Il ne s’agit pas de fuir la société, mais de s’abriter dans un endroit où l’on se sent en paix, et c’est la meilleure des manières de meubler son temps», ajoute son ami. Les visiteurs ne sont pas nombreux, mais les agents de sécurité sont aux aguets. Cette présence rassure, d’autant plus que les parcours à venir slaloment entre les arbres et renforcent le sentiment de solitude qui offre toute latitude pour communiquer paisiblement avec la nature joliment invasive. Celui qui visite pour la première fois les lieux remarquera plusieurs longues pierres dont l’intérieur est méticuleusement creusé. Renseignement pris, il s’agit de sarcophages qui constituent une grande nécropole datant de l’époque romaine, l’une des plus grandes en Afrique du Nord. Si quelques-unes de ces dizaines de tombes, si ce n’est plus, n’ont pas résisté à l’usure du temps, la majorité, en revanche, est en état de conservation étonnant. Une partie est recouverte de dalles, dont certaines joliment ouvragées. Près des vestiges d’un édifice, le nombre de tombes devient plus important jusqu’à entourer celui-ci de toutes parts. C’est la basilique de Sainte Salsa. «J’ai lu l’histoire de Sainte Salsa exécutée au début du IVe siècle parce qu’elle n’a pas renié le paganisme en restant une monothéiste Pour cela, j’ai voulu découvrir cet endroit», explique Hamid, venu de Baba Hassen près d’Alger.
Amirouche Lebbal